Locamand ou Loc Amand est une ancienne paroisse de l’évêché de Cornouaille, dans l'actuel département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle fut démembrée vers 1791-1792 lors de la création des communes en remplacement des paroisses.

Étymologie Loc Amand est constitué du mot breton lok qui indique qu'il s'agit d'un endroit consacré .

Le nom était parfois écrit Logaman, ce qui traduit la liaison (la mutation adoucissante en breton.

Histoire Le prieuré et la paroisse de Locamand vignette|gauche|Théophile Deyrolle : Le manoir de Locamand (musée des beaux-arts de Quimper). En 1069, le duc de Bretagne Hoël II, également comte de Cornouaille, donne à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé le prieuré de Locamand, cité dans le cartulaire de l'archevêché de Tours sous le nom de Prioratus de Loco AmandiLouis de Grandmaison, " Mémoires de la Société archéologique de Touraine", tome 2, 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57542052/f426.image.r=Locamand.langFR. Le prieuré est placé sous le double vocable de Soit Amand de Maastricht, soit Amand de Rennes. et de Saint Colomban.

La famille Artur de Keralio, qui vivait au manoir du Stang, est reconnue d'ancienne extraction noble en 1773 par jugement du Parlement de Bretagne après avoir prouvé onze générations, car une famille du même nom figure aux réformations et montres de la noblesse des paroisses de Fouesnant et Locamand entre 1426 et 1562. Le membre le plus ancien connu de cette famille est Jean Artur, sieur du Stang, époux de Yolande de Quelen ; leur fils aîné Guillaume, figure parmi les défenseurs du Mont-Saint-Michel en 1429Gustave Chaix d'Est-Ange, "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du ", tome 1, 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1119943/f378.image.r=Locamand.langFR.

Pendant le Moyen Âge, le prieur de Locamand possédait, tout près de Locmaria-an-Hent (ancienne trève de la paroisse d'Elliant faisant désormais partie de la commune de Saint-Yvi) une fontaine, encore appelée au et au « Fontaine des Sept Saints », dont il tirait un certain revenuDes offrandes de pèlerins sont attestées en 1622 et 1650, voir Julien Trévédy, " Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage", 1898, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5777046s/f41.image.r=Locamand.langFR car elle était très fréquentée par les pèlerins parce que située sur le tronçon de l'itinéraire du Tro Breiz allant de Vannes à QuimperAlbert le Grand, " Les vies des saints de la Bretagne Armorique : ensemble un ample catalogue chronologique et historique des evesques d'icelle... et le catalogue de la plupart des abbés, blazons de leurs armes et autres curieuses recherches..", , revue et corrige par Guy Autret, 1901, J. Salaün, Quimper, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038760/f728.image.r=Locamand.langFR.

En 1618, l'archevêque de Lyon Denis-Simon de Marquemont, futur cardinal, devient prieur de Locamand. Le , une bulle du pape Grégoire XV donne le prieuré au collège des Jésuites de Quimper. En 1646, en 1651 et à nouveau en 1677, le prédicateur Julien Maunoir vint prêcher à LocamandEdm.-M.P. du V., "Le R. P. Julien Maunoir, de la Compagnie de Jésus, apôtre de la Bretagne au siècle", 1869, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63707557/f189.image.r=Locamand.langFR. Un arrêt du Parlement de Bretagne du oblige le sieur Sallon, qui occupait les lieux, à déguerpir afin que « les Jésuites du collège de Quimpercorentin rentr[ent] en la possession et jouissance des terres et domaines dépendans du prieuré de Locament, que le sieur Rinquier, prieur commendataire dudit lieu, avoient afféagés sans les formes requises aux aliénations ecclésiastiques »Pierre-Jacques Brillon, "Dictionnaire de jurisprudence et des arrêts, ou Nouvelle édition du Dictionnaire de Brillon", tome 3, 1781-1788, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111347n/f294.image.r=Locamand.langFR. Parmi les 38 prieurs connus, le dernier fut Claude Le Coz entre 1778 et 1791, qui devint par la suite député de l'Assemblée législative, prêtre constitutionnel, évêque de Rennes puis archevêque de Besançon.

En 1759, la paroisse de Locamand [le nom est écrit Logaman] devait chaque année fournir 8 hommes pour servir de garde-côtes..

En 1782, ce dernier afferme pour 9 ans à Joseph Toussaint Yves Marie de Kernilis, demeurant en son manoir de Lesbourg en la trève de La Forêt, les dîmes de la paroisse de Locamand et de QuilligadecEn Locmaria-an-Hent, ancienne trève d'Elliant « en faveur de la somme de 750 livres par an, payable en deux paiements de 375 livres chaque, l'un le (...), l'autre aux fêtes de Noël » de chaque annéeFouesnant : la dîme sur Fouesnant à la veille de la Révolution, consultable http://fr.slideshare.net/fouesnant/au-detourdesparoissesfouesnantphp-p5jxsb. vignette|Ce qui reste du prieuré de Locamand. Le prieuré, qui disposait du droit de haute justice (les fourches patibulaires se dressaient encore au sur « la montagne de Lanarchou »), moyenne et basse justice (la justice était rendue tantôt au bourg de La Forêt, tantôt au pied d'une grande croix située dans le cimetière de LocamandClaude Renault, "La Forêt-Fouesnant, trève, succursale, paroisse", consultable http://fr.slideshare.net/fouesnant/au-detourdesparoissesfouesnantphpf-jr1qz), fut vendu comme bien national pendant la Révolution française et tomba progressivement en ruine dans le courant du après avoir changé plusieurs fois de propriétaire..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi la paroisse de Locamand en 1778 :

Jean Kernéis, dans son Histoire de Fouesnant, publiée en 1908, décrit ainsi Locamand : « Les ruines de la porte d'entrée de ce prieuré, son vieux puits et ses vieux murs tiennent encore debout. (...) L'ancien presbytère [date] de 1752. Ce bâtiment est en très mauvais état, mais il est habité par des journaliers. Suivant l'inscription (...) sur la porte d'entrée de la façade principale, il a été construit par (...) Gilles de Tréouret »Jean Kernéis, "Histoire de Fouesnant", 1908, réédition 1992, Le livre d'histoire []., probablement apparenté à la famille de Tréouret de Kerstrat qui possédait alors le château de Chef-du-BoisPar exemple Thérèse-Donatienne-Claire-Josèphe Tréouret de Kerstrat est ondoyée le au château de Chef-du-Bois ; c'est la fille de Jean-Marie de Tréouret de Kerstrat, chevalier de Kerstrat, Trohanet, Chef-du-Bois et autres lieux, et de Julie-Marie-Charlotte-Thérèse du Bot du Grego.

De nos jours, il ne subsiste que le grand mur d'enceinte et un très beau portail sculpté. Une stèle protohistorique, datant de l'Âge du fer, montée sur un socle cylindrique, et portant une croix à son sommet, se trouve à proximité.. Longtemps abandonnée, cette stèle fut redressée vers 1903 et est inscrite Monument historique depuis 1967..

Une étude détaillée du prieuré de Locamand et des terres lui appartenant, ainsi que de la paroisse de Locamand, a été publiée par Jean Le FollJean Le Foll, "Locamand", consultable http://fr.slideshare.net/fouesnant/chateau-seigneriefouesnantphpug-tuen.

Disparition

Lors du démembrement de la commune de Locamand vers 1791-1792, Beuzec-Conq fut agrandie des sept villages situés au nord du ru de Saint-Laurent. La commune de Beuzec-Conq ayant elle-même fusionné avec Concarneau en 1945, ces villages se trouvent désormais dans cette dernière commune.

La commune de La Forêt-Fouesnant annexa une partie de la paroisse de Locamand, dont le prieuré.

Notes et références

Liens

 Les archives de Locamand aux archives départementales du Finistère

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