L’affaire Nooran Rezayi désigne les procédures judiciaires et enquêtes en cours à la suite de la mort de Nooran Rezayi, un adolescent de 15 ans abattu le lors d’une intervention du Service de police de l'agglomération de Longueuil à Saint-Hubert, en lien avec une affaire de complot pour enlèvement.

Selon les éléments rendus publics, les policiers intervenaient à la suite d’un appel signalant des individus armés. Le Bureau des enquêtes indépendantes a toutefois confirmé qu’aucune arme à feu n’a été retrouvée sur l’adolescent, qui aurait plutôt esquissé le geste de sortir une arme de son sac à dos, provoquant la réaction policière. Des cagoules, un bâton de base-ball, du poivre de Cayenne et un bâton télescopique ont toutefois été saisis sur les lieux de l’intervention policière.

Procédures judiciaires Deux poursuites civiles sont intentées. En , la famille de la victime réclame 2,2 millions de dollars, invoquant un usage « déraisonnable et disproportionné » de la force. En , cinq adolescents témoins et leurs mères déposent une poursuite de 1,9 million de dollars, alléguant négligence, absence de désescalade et préjudices psychologiques. Ces allégations n’ont toujours pas été démontrées devant les tribunaux.

La Ville de Longueuil est également visée, notamment en raison de sa responsabilité alléguée dans les actes de ses policiers et pour des allégations de profilage racial, également non-démontrées. Les policiers présents sur les lieux « ont déjà reçu des menaces sur les réseaux sociaux et […] un contrat pour assassiner le policier [impliqué] a été rendu public sur le réseau Instagram trois jours après l'opération policière. Les menaces publiées en ligne ont été si nombreuses et si violentes que le SPAL a déployé un plan de protection extraordinaire du policier […] et de sa famille, » selon les documentsjuridiques déjà déposés par la Ville de Longueuil. L’agent et sa famille auraient dû être placés en résidence sécurisée.

Enquêtes Plusieurs enquêtes sont en cours. Le Bureau des enquêtes indépendantes a remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui doit décider d’éventuelles accusations. Le Service de police de la Ville de Montréal enquête sur les éléments ayant précédé l’intervention. Le ministère de la Sécurité publique du Québec mène une enquête administrative sur les délais encourus entre les événements et l’arrivée sur les lieux du BEI.

Le 30 juin 2026, le Service de police de la Ville de Montréal a annoncé que 11 adolescents âgés de 13 à 17 ans au moment des faits faisaient face à des accusations en lien avec les événements ayant précédé l’intervention policière. Cinq d’entre eux ont été arrêtés, tandis que les autres ont été accusés par voie de sommation. Les accusations incluent notamment le complot d’enlèvement, le complot de séquestration, le port d’armes dans un dessein dangereux, l’attroupement illégal et la dissimulation d’identité. Selon les informations rapportées notamment par La Presse, les suspects auraient envisagé d’enlever et d’agresser un jeune dans un contexte de conflit entre groupes. Les autorités ont précisé que ces accusations concernent les événements antérieurs à l’intervention policière et ne portent pas sur la décision de tirer sur l’adolescent, laquelle relève de l’enquête du Bureau des enquêtes indépendantes.

Le 19 août 2026, le DPCP décrète un arrêt des procédures (« nolle prosequi »), invoquant la mise au jour d’une « question juridique complexe », inédite, apparue au cours de la poursuite criminelle. La divulgation de la preuve à Me Fernando Belton, qui agit à la fois comme procureur des familles dans la poursuite civile, et comme avocat de cinq des jeunes prévenus dans le procès criminel, aurait pu provoquer cet arrêt des procédures. Me Fernando Belton se retrouverait ainsi en possession de la preuve criminelle, preuve qu’il pourrait ensuite utiliser au civil, entravant ainsi la tenue d’un procès juste et équitable, à la fois pour les prévenus, et pour les policiers impliqués. La proximité entre Me Fernando Belton et le ministre de la justice Simon Jolin-Barrette, le juge en chef de la Cour suprême Richard Wagner, le ministre de la justice du Canada Sean Fraser, et quinze juges de la Cour supérieure, dont la juge en chef Marie-Anne Paquette, pourrait également être en cause.

En date du , deux rapports indépendants sont toujours attendus dans l’enquête sur l’intervention policière ayant mené au décès du jeune Nooran Rezayi.

Références

Annexes Articles connexes Affaire Bennis Affaire Fredy Villanueva Profilage racial en droit québécois Violence policière Entrave à l'exercice de la justice Liens externes

Catégorie:Affaire québécoise Catégorie:Mort abattu par la police québécoise Catégorie:2025 au Québec Catégorie:Longueuil