Eve Cambreleng, aussi connue sous le pseudonyme AboutEvie est une dessinatrice française de bande dessinée.

Biographie Débuts sur Instagram Cambreleng commence par publier des bandes dessinées engagées sur le réseau social Instagram sous le pseudonyme aboutevie. En 2020, durant la période de confinement liée à la pandémie de Covid-19, elle acquiert une visibilité accrue en illustrant les injonctions esthétiques pesant sur les femmes. À travers une série de huit planches, l'illustratrice explore le concept de et dénonce les mécanismes de culpabilisation liés au poids (grossophobie), à la pilosité ou à la pratique sportive obligatoire. Ses publications promeuvent la bienveillance envers soi-même et la liberté pour chaque personne de disposer de son corps sans subir de pressions sociales ou médiatiques.

En , elle publie Les féministes extrémistes, une bande dessinée sur Instagram visant à déconstruire la notion de . Elle y soutient que la radicalité reprochée aux militantes est une réaction légitime et historique face aux violences systémiques, rappelant que des mouvements aujourd'hui consensuels, comme les suffragettes, étaient jugés violents en leur temps. L'illustratrice oppose ainsi la symbolique des modes d'action féministes (femen, écriture inclusive, collages) à la réalité matérielle des féminicides, affirmant que la dénonciation de l'oppression ne peut se soumettre aux injonctions de calme ou de politesse.

À corps et à cris En , Eve Cambreleng publie son premier roman graphique intitulé À corps et à cris. Cet ouvrage, structuré en chapitres thématiques, explore les injonctions sociétales pesant sur les femmes cisgenres et les personnes dotées d'un utérus. L'autrice y aborde des sujets liés à la santé et à l'intimité, tels que les menstruations, la contraception, l'avortement et la sexualité, tout en consacrant une part importante aux diktats de l'apparence physique. En s'appuyant sur le slogan , elle dénonce l'impact psychologique et économique des standards de beauté (épilation, minceur, maquillage) qu'elle analyse comme des outils de domination et de profit financier.

La critique accueille l'album comme un outil de vulgarisation pédagogique et accessible, privilégiant un graphisme coloré et des textes synthétiques pour transmettre des concepts féministes complexes. Bien que jugé parfois élémentaire pour un public déjà expert, l'ouvrage est salué pour sa capacité à servir de porte d'entrée aux jeunes adultes et adolescents. L'autrice y défend une approche de réappropriation du corps et de par la déconstruction des complexes, complétant son propos par une bibliographie de référence incluant des travaux de Mona Chollet ou Lauren Bastide.

Nos Mutineries En , Cambreleng coécrit avec l'illustratrice Blanche Sabbah l'ouvrage Nos Mutineries : Réponses imparables aux idées reçues sur le féminisme. Ce projet, né d'une volonté de vulgariser les arguments de défense face aux rhétoriques antiféministes, se présente comme un hybride entre la bande dessinée et l'essai pédagogique. Les deux autrices y déconstruisent une douzaine de remarques anti-féministes et d'idées reçues sur le féminisme tels que l'opposition entre féminisme et humanisme, la « haine des hommes », ou encore les critiques liées à l'écriture inclusive et à la présomption d'innocence.

L'ouvrage adopte une démarche rigoureuse et sourcée, incluant une médiagraphie finale pour permettre aux lecteurs d'approfondir les sujets abordés, comme les mécanismes de construction sociale ou les violences systémiques. Sur le plan technique, Cambreleng adapte son style graphique habituel pour assurer une cohérence visuelle avec celui de Sabbah, utilisant notamment des textures proches de l'aquarelle. Le livre est décrit comme un outil d'émancipation intellectuelle destiné aussi bien aux militants qu'à un public non initié cherchant à comprendre les enjeux des luttes pour l'égalité.

Après l’éclipse En , elle publie son premier ouvrage de fiction, Après l’éclipse. À travers le personnage de Mia et de son entourage, le récit explore sous forme de saynètes le quotidien d'une jeune femme confrontée au sexisme ordinaire et aux micro-agressions dans divers espaces (travail, rue, milieu familial ou sportif). L'album traite spécifiquement du concept de burnout militant et de l'épuisement psychologique lié à l'omniprésence des rapports de domination en période post-#MeToo.

Le récit oppose à cette violence systémique les notions de sororité et de joie militante. L'autrice y dépeint l'amitié féminine comme un espace de soin, de réparation et de résistance, illustrant la nécessité pour les femmes de s'approprier l'espace public (notamment à travers la pratique du skate ou du roller).

Prises de position En , dans une publication sur Instagram, Cambreleng propose de substituer le concept de friendzone par celui de fuckzone afin de renverser la perspective sur les relations entre les femmes et les hommes. Elle analyse le terme initial comme une construction misogyne dévaluant l'amitié au profit du rapport sexuel, et définit la comme le fait d'interagir avec une personne uniquement dans un but de consommation sexuelle, niant ainsi sa valeur individuelle hors de cette fonction.

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