La bataille de Leipzig, les 16 et Une première bataille de Leipzig, aussi connue comme « seconde bataille de Breitenfeld », a eu lieu le pendant la guerre de Trente Ans ; l'armée suédoise, sous les ordres de Lennart Torstenson, l'emporte sur l'armée impériale dirigée par Ottavio Piccolomini., appelée à cette époque bataille de Leipsick, aussi connue comme la « bataille des Nations », est une des plus importantes qui ait été livrée au cours des guerres napoléoniennes.
Après l'échec catastrophique de la campagne de Russie de 1812, elle oppose une Grande Armée en partie reconstituée aux forces de la Russie, mais aussi de la Prusse, de l'Autriche et de la Suède qui ont rejoint la Sixième Coalition contre Napoléon.
Ce combat, auquel ont pris part plus de , fut la plus grande bataille de l'histoire jusqu'à la Première Guerre mondiale, et la plus sanglante (près de et blessés en quatre jours). Elle s'acheva par une défaite décisive de face aux troupes coalisées de l'Autriche, de la Prusse, de la Russie et de la Suède. Vaincue, la Grande Armée doit de nouveau battre en retraite, mais réussit à traverser l'espace germanique et à regagner le territoire français.
De la retraite de Russie à l'affrontement de Leipzig Conséquences du désastre de Russie Après la retraite de Russie, la Sixième Coalition se renforce sans cesse : à la Grande-Bretagne et à la Russie, adversaire principal sur le continent, se joignent la Prusse, impatiente de prendre sa revanche après sa défaite d'Iéna, puis la Suède, gouvernée par l'ancien maréchal Bernadotte qui accepte de se retourner contre son ancienne patrie moyennant la promesse de la Norvège.
La Grande Armée est sortie exsangue du désastre de la campagne de Russie où elle a perdu et chevaux. Devant l'avance de l'armée russe, elle abandonne le duché de Varsovie, puis évacue Berlin en , et recule jusqu'à l'Elbe,
Rétablissement de la Grande Armée sur l'Elbe (avril-juin 1813) En quelques mois, Napoléon reconstitue une force militaire qui atteint en puis en août. Mais elle se compose en grande partie de jeunes recrues sans expérience : outre les vétérans perdus en Russie, Napoléon doit laisser beaucoup d'hommes en France, en Espagne et en Italie pour parer à la menace britannique. En face, les armées de la coalition sont en phase de reconstruction : l'armée russe a perdu près de dans la campagne de 1812 et l'armée prussienne, réduite à peu de chose après Iéna, est encore loin d'être pleinement opérationnelleLaurent Henninger, « Décembre 1812-mars 1813 : Le temps de la reconstruction » dans Guerres & Histoire, , juin 2013, ..
Napoléon remporte dans un premier temps deux batailles sur les forces russo-prussiennes, à Lützen, le , et à Bautzen, les 20 et , mais la faiblesse de sa cavalerie l'empêche d'exploiter ces succès et il ne peut atteindre son objectif : faire sortir la Prusse de la guerreAntoine Reverchon, « Saxe - printemps 1813 : Deux victoires qui perdent la guerre » dans Guerres & Histoire, , juin 2013, ..
En juin, Napoléon doit accepter la médiation de l'Autriche et signer l'armistice de Pleiswitz. L'Autriche propose à la France une paix acceptable, contre l'évacuation de la Pologne, des Provinces illyriennes et des départements français situés à l'est du Rhin, ainsi que la dissolution de la confédération du Rhin. Mais la diplomatie britannique pousse les coalisés à poursuivre la guerre. Napoléon refuse, puis accepte les propositions de Metternich, mais trop tard : l'Autriche, selon le plan de ce dernier, va se joindre à la coalition.
Manœuvres militaires et diplomatiques (août-octobre 1813) Les hostilités reprennent début aoûtPatrick Bouhet, « Juin-août 1813 : L'Empereur au piège de l'armistice » dans Guerres & Histoire, , juin 2013, .. Posté sur tout le cours de l'Elbe défendu par de puissantes places fortes, Napoléon fait face à trois groupes d'armées commandés par le Suédois Bernadotte sur le cours inférieur de l'Elbe, le Prussien Blücher en haute Silésie et l'Autrichien Schwartzenberg en Bohême. Fidèle à sa stratégie, il veut les battre l'un après l'autre. Voulant déborder cette ligne, les coalisés, sous le commandement de Schwarzenberg, font une première tentative par la rive gauche de l'Elbe, à travers les monts de Bohême. La bataille de Dresde (-) est une victoire pour Napoléon, qui combat à un contre deux. Mais elle est suivie d'un échec à la bataille de Kulm () quand le corps du général Vandamme, qui devait couper la retraite à l'armée vaincue, est lui-même battu et contraint à la retraite.
Les alliés changent alors de stratégie. Désormais, ils évitent la confrontation directe avec Napoléon et préfèrent se retirer devant lui pour affronter ses maréchaux : les plans de Napoléon s'en trouvent contrariés ; il s'épuise en vains allers et retours pour provoquer une bataille qu'il aurait voulu conduire.
Une fois les Français suffisamment affaiblis, les alliés entreprennent de les prendre dans une large tenaille, un corps traversant l'Elbe au nord et un deuxième au sud-ouest retraversant les monts de Bohême, cette fois loin de Dresde. Ils remportent les victoires de Gross Beeren sur Oudinot, de Katzbach sur Macdonald et de Dennewitz sur Ney. Début , les alliés resserrent leur tenaille : Blücher et Bernadotte franchissent l'Elbe au nord pour marcher sur Leipzig, Schwarzenberg fait de même au sud-ouest.
Le , par le traité de Ried conclu en secret avec l'Autriche, le royaume de Bavière met fin à son alliance avec Napoléon ; le , il déclare la guerre à la France ; son armée, forte de , se prépare à se joindre aux forces de la coalition.
L'alliance de la Saxe n'est guère plus solide. Le roi a conclu le un accord secret avec l'Autriche qui promettait de lui rendre l'intégrité de ses États s'il se joignait à l'alliance contre Napoléon. Cependant, réfugié à Ratisbonne en terre bavaroise, Frédéric-Auguste est toujours officiellement l'allié des FrançaisFrédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014, ..
Concentration des troupes françaises à Leipzig La situation de Napoléon est critique. La population allemande devient hostile : la désobéissance et parfois les attaques de corps francs s'aggravent tandis que la cavalerie légère française, décimée par la campagne de Russie, débordée par les cosaques et autres cavaliers de la Coalition, n'arrive plus à assurer la sécurité du ravitaillementBenoist Bihan, « du 14 au 19 octobre : Leipzig, l'inévitable dénouement » dans Guerres & Histoire, , juin 2013, ..
Menacé d'être débordé sur ses arrières, Napoléon tente de provoquer le combat décisif contre les alliés qui, jusqu'ici, l'ont évité pour se concentrer sur ses maréchaux. Il dispose des meilleures troupes, dont la Garde impériale, et son aura personnelle continue d'intimider ses adversaires. Sa position centrale est très forte ; une victoire est encore possible, même à un contre deux.
Napoléon ordonne à ses troupes de se joindre à lui autour de Leipzig. Il en déploie une partie de Taucha à Stötteritz (où il place son poste de commandement), puis le reste en s'incurvant jusqu'à Lindenau. Les Prussiens viennent à sa rencontre depuis Wartenburg, les Suédois à leur suite, les Autrichiens et les Russes depuis Chemnitz et Zwickau. Au total, les Français alignent environ dont une partie sont des alliés saxons, contre à peu près pour les coalisés, chacun des camps ayant une importante artillerie.
Les forces en présence
Le 16 octobre
La bataille commence le par une attaque de alliés depuis le sud et autres depuis le nord. Cette confrontation n'est pas décisive et les assauts sont repoussés.
Connewitz et Dölitz
Les principaux combats autrichiens à Connewitz et Dölitz pendant la bataille ont été menés par la de Longueville de la division Lederer, qui comprenait le régiment Bellegarde et le régiment Strauch , et la de Klopstein de la division Alois Liechtenstein, qui comprenait le régiment Wenzel Colloredo et le régiment Kaunitz . Pendant ce temps, la de la division Liechtenstein de Mecsery reste en réserve à Gautsch tout au long de la journée, tandis que la de la division Lederer de Sorbenberg est envoyée au nord à Schleussig pour établir le contact avec le de Gyulai à Lindenau. Le autrichien, commandé par Meerveldt, avance de Gaschwitz à , avec en tête les divisions d'Alois Liechtenstein et de Lederer. Elles marchent vers le nord jusqu'à Gautsch, puis tournent vers l'est en direction de Connewitz. Cependant, le terrain difficile empêche le déploiement de l'artillerie. À la mi-journée, la plupart des autrichiens, confinés dans les terres marécageuses à l'ouest de la rivière Pleisse, sont restés inactifs tandis que leurs camarades à l'est de la Pleisse étaient fortement engagés dans les combats.
L'attaque autrichienne sur les ponts de Connewitz est menée par le régiment de Bellegarde. Le premier pont, qui traversait un ancien bras de la Pleisse, avait été détruit par les Français, tandis que le second, situé environ plus loin et menant directement au village, avait été barricadé. Les Français, sous la Division de Marche de Lefol (quatre bataillons et demi et six canons), défendent efficacement la position. L'artillerie couvre les approches et les tirailleurs français, retranchés dans des maisons sur la rive opposée, maintiennent un feu nourri, empêchant les Autrichiens d'avancer. En raison des contraintes du terrain, les Autrichiens ne peuvent attaquer que sur un front étroit, ce qui permet aux défenseurs français de tenir facilement leur position. En peu de temps, le régiment de Bellegarde a perdu cinq officiers et près de tués et blessés. Le régiment qui le suivait (Wenzel Colloredo ) n'était guère mieux loti ; il avait subi de lourdes pertes lors de la bataille de Dresde et la plupart de ses hommes étaient des recrues fraîches, à peine entraînées. Les Autrichiens cherchèrent donc un autre point de passage plus en amont, en face de Lössnig, mais en vain, en raison de l'état gonflé du fleuve. Finalement, voyant qu'il ne peut rien faire ici, Schwarzenberg ordonne à ses troupes de se replier et de garder la rive opposée sous le feu. Une autre tentative de franchissement de la Pleisse aura lieu plus en amont, à Dölitz.
Une fois que les Autrichiens eurent atteint Dölitz, le manoir situé en face du village fut pris d'assaut par deux compagnies du Ier Bataillon, Régiment Strauch de la brigade de Longueville, qui jetèrent rapidement les Polonais à l'extérieur et les firent reculer à la fois par la course du moulin et par la Pleisse. Ils se reformèrent rapidement en vue d'une contre-attaque, mais entre-temps, les Autrichiens avaient détruit ce qu'ils pouvaient du pont de la Pleisse, de sorte que l'accès à ce dernier était déjà limité. Malgré cela, les Polonais réussirent à reprendre la guérite après un combat acharné, mais ils ne purent franchir le pont de la course du moulin. À ce moment-là, les Autrichiens reçoivent des renforts et leur commandant, l'Oberst Reisenfels, mène une nouvelle charge qui réussit à reprendre la guérite. Cependant, Reisenfels fut mortellement blessé au cours de l'assaut. La situation se transforma en un combat d'infanterie prolongé de l'autre côté de la rivière, avec un soutien d'artillerie pour les défenseurs polonais venant du village et d'une colline à l'est. Les Autrichiens, incapables de répondre avec leur propre artillerie, subissent une pression intense. Le combat fut si féroce que le régiment Strauch manqua de munitions et dut être remplacé par trois compagnies du régiment Kaunitz , qui étaient également engagées dans les combats à Markkleeberg.