Le don de sang est une procédure médicale permettant les transfusions sanguines. Il est soumis à de nombreuses contraintes d'ordre biologique, logistique ou éthique auxquelles chaque pays répond différemment. Ces différences concernent aussi bien les critères d'éligibilité des donneurs, le délai minimal entre deux dons, la destination des produits sanguins ou encore les quantités recueillies.
Conditions préalables au don Conditions selon les pays En France En France, la collecte de sang commence par un questionnaire médical..
En France depuis 2008, sauf pour les donneurs réguliers, un contrôle du taux d'hémoglobine est effectué avant le don. Le médecin de collecte fait la promotion du don auprès des bénévoles et du grand public et supervise la totalité du don.
Depuis 1995, en France, après l'affaire du sang contaminé, survenue à la fin des années 1980, à la suite de la contamination des hémophiles et de transfusés au début des années 1980 (1980–), les différents établissements civils de transfusion (au nombre d'environ 170 à l'époque), qui étaient dans la plupart des cas associatifs, ont été regroupés en une Agence française du sang (AFS), devenue Établissement français du sang (EFS) en 2000. L'EFS et le Centre de transfusion sanguine des armées, CTSA, à Clamart, sont les seuls établissements habilités à collecter le sang en France.
D'un point de vue législatif, le don du sang est régi par le titre II « Sang humain » du livre II « Don et utilisation des éléments et produits du corps humain. » de la première partie « Protection générale de la santé. » du Code de la santé publique (CSP, art. L1220-1 et suivants du Code de la santé publique., D1221-1 et suivants du Code de la santé publique.).
L'arrêté du fixant les conditions d'attribution des diplômes et des insignes des donneurs de sang bénévoles. détermine des diplômes et insignes (de type épinglette) pour remercier les donneurs réguliers.
Au Canada Au Canada, la société canadienne du sang et Héma-Québec (pour la province de Québec) sont les seuls opérateurs à qui l'on peut donner du sang.
Autres pays Les conditions varient selon les pays : si la contamination par une infection sexuellement transmissible (IST), l'appartenance à une population à risque, un état évident d'ébriété, une transfusion de sang ou d'organe (même ancienne) ou un long séjour en Afrique noire interdisent un don du sang quel que soit le pays, les États-Unis interdisent également le don du sang aux personnes ayant résidé plus de cinq ans en Europe depuis 1980 du fait du risque de maladie de Creutzfeldt-Jakob, à la suite de l'épidémie de vache folle.
Dans d'autres pays, États-Unis, Allemagne, Autriche… coexistent des prélèvements bénévoles (Croix-Rouge souvent) et des prélèvements rémunérés (concernant surtout le plasma) effectués par des firmes commerciales. Le plasma des anti-D thérapeutiques (Rhophylac) est prélevé au Mexique chez des donneurs immunisés et rémunérés, par exemple.
L'âge En France, en vertu de l'article L. 1221-5 du Code de la santé publique, aucun prélèvement de sang ne peut avoir lieu sur une personne mineure, hormis à titre exceptionnel, en cas d'urgence thérapeutique et avec le consentement des parents. L'âge minimum pour pouvoir faire un don de son sang est donc l'âge légal de la majorité, à savoir en France.
En France, le donneur doit être âgé. : de 18 à pour un don de sang total (les dons de personnes de plus de sont soumis à l'appréciation d'un médecin d'établissement pour chaque don), de 18 à ( exclue) pour un don de plasma, de 18 à ( exclue) pour un don de plaquettes, de 18 à pour un don de globules blancs.
Concernant la limite haute, le don de sang est possible jusqu'à la veille du , et ce malgré l'allongement de l'espérance de vie de personnes en excellente santé.
On a donc d'un côté une limitation juridique, résultant de la nécessité d'un consentement libre et éclairé à l'acte de prélèvement (on considère que le mineur n'est pas suffisamment éclairé par principe), et d'un autre, une limitation d'ordre médical.
En Australie, où l'on peut donner jusqu'à l'âge de 81 ans, le donneur James Harrison dont le sang contenait un anticorps rare permettant de prévenir la maladie hémolytique du nouveau-né a donné du plasma fois tout au long de sa vie..
La masse En France, le donneur doit avoir une masse minimale de pour un don de sang total et pour un don de plasma ou de plaquettes.
Les populations à risque contre-indiquées En France, le questionnaire et l'entretien médical permettent de savoir si des personnes appartiennent à des populations à risque. Ces personnes sont contrindiquées au don de sang afin de prévenir tout risque transfusionnel pour le malade qui doit recevoir. Cette contrindication prendra la forme d'un ajournement du don, pour une durée variable selon la population à risque considérée.
Les dons ne sont pas stockés et livrés tels qu'ils ont été prélevés en sac de . En effet, les dons aux qualités équivalentes (groupe sanguin, période de prélèvement…) sont groupés sous une forme plus adaptée au stockage, au transport et à l'utilisation et l'ensemble du lot est testé. L'apport d'un don provenant d'une personne contrindiquée rend le lot impropre à la distribution et réduit donc la quantité de sang disponible.
Sont ainsi contrindiqués : les personnes pratiquant le multipartenariat sexuel au cours des précédant le don ( en Suisse), les personnes dont le partenaire sexuel est atteint d'une maladie sexuellement transmissible, les personnes prenant certains traitements, les personnes ayant consommé de la drogue par voie intraveineuse, les personnes ayant subi une opération, une endoscopie, un tatouage ou un piercing dans les précédant le don du sang, les personnes revenant depuis moins de ( en Suisse) de certaines zones où sévissent des maladies transmissibles par le sang : la définition de ces zones est régulièrement actualisée (zones où sévit le paludisme, la maladie de Chagas, la fièvre du Nil occidental…), les personnes ayant séjourné au moins un an dans les îles britanniques entre 1980 et 1996 (maladie de Creutzfeldt-Jakob, dite de la « vache folle », due à des protéines de type Prion) (aux États-Unis, ce critère est élargi à toute personne ayant résidé en Europe depuis 1980)., les femmes enceintes ou ayant accouché depuis moins de , les personnes ayant un antécédent familial de maladie à prion, les personnes ayant subi une greffe de cornée ou de dure-mère, une chirurgie de l’encéphale ou de l’œil avant , une transfusion ou une greffe..
Ces contre-indications se retrouvent pour la plupart dans les autres pays.
Statut des personnes ayant été transfusées
Les personnes ayant déjà reçu une transfusion dans leur vie varie beaucoup selon les pays, et ce alors que celles-ci constituent un groupe pouvant être motivé à donner son sang.. En France, avoir reçu une transfusion écarte à vie du don de sang tandis qu'en Belgique ou en Allemagne cela n'entraîne une contre-indication que de quelques mois.
Cas notable de l'ajournement permanent des hommes ayant eu ou ayant un partenaire masculin vignette|400px|Statut du don du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes dans le monde.
|alt=Carte du monde où chaque pays est coloré selon le statut du don de sang des homosexuels. En France, depuis le , le don de sang est autorisé aux hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) sous les mêmes conditions que la population générale (1 seul partenaire sexuel maximum dans les 4 derniers mois). Il en va de même en Suisse dès le ..
Le don de sang est autorisé aux hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) dans les pays suivants : Sans restriction spécifique aux homosexuels masculins et autres HSH : en Afrique du Sud (depuis le , délai de après changement de partenaire.), Argentine (depuis le ...), Bhoutan., Chili (depuis le , délai de après changement de partenaire.), Colombie (depuis le .), Costa Rica (depuis 2007.), Espagne (depuis 2000, délai de après tout comportement à risque.), Hongrie.., Israël (depuis le .), Italie (depuis 2001, délai de après tout comportement à risque.), Lettonie., Mexique (depuis 2012.), Pérou.., Pologne (depuis 2005...), Portugal (depuis 2010.), Russie (depuis 2008..) Après d'abstinence : Canada (à partir du ., après un an depuis le . et auparavant d'abstinence à partir de 2013..), Royaume-Uni (depuis le sauf Irlande du Nord., auparavant un an depuis ., et toujours un an depuis le pour l'Irlande du Nord.) Après d'abstinence suivant un rapport anal : Serbie (depuis 2014.) Après d'abstinence : au Japon. Après un an d'abstinence : en Australie (depuis 2000..), Belgique (depuis le .), Brésil (depuis le .), États-Unis (depuis le .), Finlande (depuis 2014.), Irlande (depuis le .), Nouvelle-Zélande (depuis le .), Pays-Bas (depuis le ..), République tchèque (depuis 2007.), Suède (depuis .), Suisse (depuis le .). Après d'abstinence : à Taïwan (depuis .).
D'autres pays appliquent, lorsqu'il s'agit de gays et bisexuels, une contrindication permanente.
Historique de l'interdiction en France En France, un arrêté interdisait à tout homme ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes de donner son sang. sur la base d'une réflexion basée sur des « catégories à risque », et cela, depuis 1983Circulaire DGS/3B du 20 juin 1983 relative à la prévention de l'éventuelle transmission du syndrome immuno-déficitaire acquis (SIDA) par la transfusion sanguine.. Depuis cette date, en théorie, tout acte de prélèvement du sang aurait dû être accompagné d'une justification du donneur indiquant sur parole qu'il n'a jamais eu de rapports homosexuels. Toute personne ne respectant pas cette circulaire est passible de poursuites pénales. Selon l'Institut de veille sanitaire, la prévalence du VIH chez les HSH est plus élevé que dans la population hétérosexuelle française, son incidence est quant à elle plus élevée.. Même si toutes les poches de sang prélevé sont testées, il existe un risque du fait que la séroconversion n'est pas immédiate et qu'avec les meilleures techniques utilisées actuellement, la présence du VIH n'est détectable en moyenne qu'à partir du suivant une contamination (fenêtre silencieuse).. Le risque résiduel de transmission du VIH a ainsi été estimé sur la période 2011-2013 à 1 pour de dons..
Cette règle a de nombreuses fois été critiquée par les parlementaires, car elle ne respecterait pas les principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen déclarant que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », ni ceux de la Constitution de 1946 proclamant l'égalité des droits de chacun, sans distinction effectuée sur la race ou la communauté.
vignette|droite|Manifestation contre l'exclusion systématique des hommes bisexuels et homosexuels.|alt=Personne tenant plusieurs pancartes colorées. Plusieurs pays ont ouvert le don du sang aux HSH, tandis que d'autres pays excluent non seulement les HSH, mais également les femmes bisexuelles et les lesbiennes. L'association SOS homophobie a dénoncé une « discrimination injustifiée »..
En France, l'interdiction à vie des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes de pouvoir donner leur sang a été remise en cause par diverses associations et militants, comme Alexandre Marcel, un militant homosexuel qui a sensibilisé l'opinion publique. Il a également saisi le Tribunal correctionnel d'Alès, mais la plainte a été classée sans suite....