Audrey Lasserre est une historienne belge des rapports entre littérature, genre et féminisme aux et siècles (ou ).
Biographie Elle est allocataire de recherche et attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Sorbonne-Nouvelle. Elle dirige ensuite l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme avant d’enseigner dans plusieurs programmes d’universités américaines à Paris
En 2008, Audrey Lasserre publie avec Anne Simon Nomadismes des romancières: contemporaines de langue française dans laquelle elle déconstruit l'idée selon laquelle les écrivaines contemporaines s’intéressent principalement au corps, à la famille, à la sphère domestique et à d’autres espaces traditionnellement genrés. Le livre rassemble des contributions universitaires ainsi que des textes de romancières, et propose une analyse des migrations symboliques, identitaires et géographiques dans les œuvres d’autrices aussi variées que Régine Robin, Annie Ernaux, Assia Djebar ou Marie NDiaye.
En 2015, elle reçoit le prix de Thèse de l'Institut du Genre pour sa thèse intitulée Histoire d’une littérature en mouvement : textes, écrivaines et collectifs éditoriaux du Mouvement de libération des femmes en France (1970-1981).
En 2020, elle publie avec Jean-Louis Jeannelle l'ouvrage collectif Se réorienter dans la pensée : Femmes, philosophie et féminisme, autour de Michèle Le Dœuff. Cet ouvrage, qui rassemble vingt-deux contributions de chercheurs issus de diverses disciplines (philosophie, littérature, sociologie, sciences de l'éducation), constitue la première étude d'envergure en langue française consacrée à l'œuvre de Michèle Le Dœuff. L'ouvrage explore le concept de « réorientation » et analyse l'influence de la philosophe sur la recherche féministe contemporaine, tout en abordant ses travaux sur l'imaginaire, la « nomophatique » et ses lectures critiques de la tradition philosophique et littéraire. Il contient également des textes inédits de Michèle Le Dœuff, dont un dialogue avec la philosophe Pamela Sue Anderson et une réflexion sur l'autobiographie d'Agatha Christie.
En 2020, elle codirige avec Christine Bard et Bénédicte Grailles l'ouvrage Les Féministes et leurs archives (1968-2018). Ce recueil interdisciplinaire, qui rassemble une vingtaine de contributions de chercheurs, d'archivistes et de militantes, explore les enjeux de la constitution, de la conservation et de la valorisation du « matrimoine » féministe depuis la deuxième vague féministe. L'ouvrage est structuré en trois parties analysant les stratégies de sauvegarde des traces (collectes individuelles ou associatives), le rôle des centres spécialisés comme le Centre des archives du féminisme ou le Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, et la place des sources féministes au sein des institutions généralistes telles que l'INA ou les services d'archives publics. À travers des études de cas portant sur la France mais aussi sur l'étranger (Brésil, Russie, Hongrie, Israël), le volume documente les obstacles matériels et institutionnels à la transmission de cette mémoire tout en soulignant la dimension politique de l'acte d'archivage pour les mouvements sociaux.
Références
Liens externes
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