Érostrate ou Hérostrate (en grec ancien / qui signifie littéralement Armée d'HéraDans son dictionnaire, Anatole Bailly termine l'article consacré au nom propre Ἡρόστρατος (page 909) par l'indication (Ἥρα, στράτος).) est l'incendiaire du temple d'Artémis à Éphèse, considéré comme l'une des Sept Merveilles du monde antique.
Biographie Le , Érostrate cause volontairement un incendie qui détruit totalement le temple d'Artémis à Éphèse, évènement rapporté par divers auteurs tels que Lucien de SamosateLucien de Samosate, Sur la mort de Pérégrinus , 22 :. Selon certains d'entre eux comme Plutarque (Alexandre, III, 5) (lire l'extrait en ligne) : ou CicéronCicéron, De divinatione, I, XXIII. (lire en ligne) :, l'évènement a lieu le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand, ce qui inspire à Hégésias de Magnésie, auteur d'une biographie du conquérant, le commentaire suivant : « On comprend que le temple ait brûlé, puisque Artémis était occupée à mettre Alexandre au mondeCité par (Alexandre, III, 5). Extrait libre de la traduction d'Anne-Marie Ozanam (Gallimard, 2001) ! »
Interrogé sous la torture, Érostrate avoue les motivations de son geste : il cherche à tout prix la célébrité et n'a pas d'autre moyen d'y parvenir. Les Éphésiens interdisent alors à jamais que son nom soit cité, comme le rapporte Valère MaximeValère Maxime, Dits et faits mémorables , VIII : De l'amour de la gloire, 14 : Exemples étrangers, 5 (lire l'extrait en ligne) :. L’historien Théopompe le mentionne néanmoins dans ses Helléniques ; il est repris sur ce point par Strabon, XIV, 1, 22 (lire l'extrait en ligne) :, Claude ÉlienClaude Élien, La Personnalité des animaux, VI, 40 (lire en ligne, en anglais) : et SolinusSolinus, Polyhistor XL, 2-4 (lire en ligne) : qui font passer le nom d'Érostrate à la postérité.
Toutefois, aucune preuve ne révèle ses motivations exactes. Tandis que ces sources antiques conviennent qu'il a brûlé le temple pour accéder à la renommée, ils ne concluent pas définitivement pourquoi il a cherché cette renommée. La théorie dominante depuis l'antiquité suggère qu'il est devenu rancunier à l'égard d'une injustice perçue et ne pouvait pas atteindre une bonne réputation, ce qui l'a poussé vers l'acte. Lucien proposa pour la première fois que la jalousie ou un sentiment de médiocrité motivait Érostrate, en ce sens que la célébrité n'arriverait qu'en brûlant l'Artémision et en aucun autre moyen. C'est une perversion, dit Albert Borowitz, de l'admiration du monde grec d'honneur, de bravoure et d'héroïsme. Selon le poète russe Sémion Nadson, l'incendiaire avait reconnu qu'il était un Tim Brinkhof (26 septembre 2023). "Herostratus: the man who destroyed an ancient wonder of the world". Big Think. Archivé de l'original le 19 juillet 2025. Consulté le 8 octobre 2025.. L'historien romain Valerius Maximus note le penchant d'Érostrate pour le sacrilège comme facteurAlbert Borowitz (2005). Terrorism for Self-Glorification: The Herostratos Syndrome. Kent, Ohio : The Kent State University Press. ISBN 0-87338-818-6, pp. XIV, 9 et 10..
Postérité Dans sa nouvelle Érostrate, publiée dans le recueil Le Mur (1939), Jean-Paul Sartre résume l'histoire en quelques lignes :
Problématisant la peine qui échut à Érostrate et exploitant les différents fragments antiques qui, en dépit de l'interdiction, évoquent sa biographie, Alain Nadaud lui a consacré un roman, La Mémoire d'Érostrate..
De son côté, Marcel Schwob lui a consacré l’une de ses Vies imaginaires, en faisant de lui une espèce de mégalomane obsédé par le désir de postérité.
Cet incendie est à l'origine du complexe d'Érostrate, concernant ceux prêts à tout pour être reconnus., p. 925..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Damnatio memoriae Metagenes Chersiphron
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