L'affaire du périscolaire à Paris est un ensemble de violences physiques, sexuelles et d'agressions sexuelles sur des enfants impliquant des animateurs de la ville de Paris intervenant dans le cadre des activités périscolaires, au sein d’écoles publiques. Ces violences concernent des enfants scolarisés en école maternelle et élémentaire. En 2025, d'après les données de la mairie de Paris, 46 animateurs ont été suspendus, dont 20 pour des faits à caractère sexuel. En , le parquet de Paris annonce que 15 enquêtes sont en cours.
Au début de l'année 2026, l’affaire prend une dimension politique lors de la campagne des élections municipales. Entre le et le , 78 animateurs sont suspendus dont 31 pour suspicion de violences sexuelles. Le , le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, présente un plan d’action pour le périscolaire, chiffré à une vingtaine de millions d’euro.
Tous les dossiers réunis concernent ou ont concerné 184 écoles parisiennes (134 maternelles et 50 élémentaires) sur les 659 etablissements publics de 1er degré que compte la capitale
Contexte Cette affaire survient en France, en même temps que l'affaire Lyhanna et peu de temps après l'affaire Le Scouarnec ou encore l'affaire Bétharam.
En 2025, la Cour Européenne des Droits de l'Homme avait condamné la France pour ses manquements judiciaires et sa lenteur dans trois affaires distinctes de viols.
Organisation des activités périscolaires Les activités périscolaires, organisées par la Ville de Paris, encadrent les enfants à l'école en dehors du temps strictement scolaire (cantine, sieste, garderie, mercredi après-midi, vacances). Les animateurs recrutés à cet effet ne relèvent pas de l’Éducation nationale, mais de la ville de Paris.
Depuis la réforme des rythmes scolaires mise en œuvre en France à partir de 2013, les élèves des écoles publiques parisiennes suivent une semaine de quatre jours et demi de cours, libérant des plages horaires sur deux après-midis pour des temps d’activités périscolaires (TAP) organisés par les animateurs périscolaires.
L’application de cette organisation du temps scolaire implique un encadrement périscolaire plus étendu qu’en semaine de quatre jours, ce qui a conduit à une augmentation des besoins en animateurs pour assurer ces temps d’activités périscolaires. Cette charge supplémentaire a été pointée par certains acteurs comme un facteur de pression sur la qualité et le contrôle des animateurs recrutés .
Aspects juridiques
En France, la justice classe sans suite les trois quarts des plaintes pour violences sexuelles sur des enfants. Par ailleurs, moins de 3 % des viols sur mineurs font l'objet d'une condamnation pénale.
Dans la fonction publique française, la loi permet de suspendre sans limite de temps tout fonctionnaire et ce dans « l’intérêt du service ».
Écoles concernées
En mai 2026, le parquet de Paris annonce avoir ouvert des enquêtes dans plus de 100 écoles parisiennes, tous les arrondissements de la capitale étant concernés .
En Aout 2026, sur les enquêtes recensées par le parquet, 143 concernent des écoles maternelles, 36 des écoles élémentaires et 24 des crèches.
Le nombre exact d’écoles ainsi que le nombre de victimes n'est pas connu, mais des signalements ont notamment été effectués et des plaintes ont été déposées pour des violences physiques et sexuelles commises sur des mineurs dans les écoles maternelles et élémentaires suivantes :
Maternelle Paul Dubois, : quinze plaintes de parents de victimes de viols et d'agressions sexuelles ont été déposées contre un animateur. La première plainte date de l'année 2019, puis la procédure judiciaire intégre quatorze autres enfants avec dix-neuf enfants entendus. En février 2026, un collectif de parents de l'école accuse les institutions – justice, police et Ville de Paris – de ne pas protéger leurs enfants, de plus ils estiment que la système judiciaire ne traite pas correctement leurs signalements.
Maternelle Saint-Dominique, : à la suite de la diffusion sur France 2, fin janvier 2026, d'une enquête de Cash Investigation, 12 animateurs ont été suspendus dont 7 pour des violences sexuelleshttps://www.lefigaro.fr/actualite-france/la-ville-est-en-faute-gregoire-presente-ses-excuses-apres-le-scandale-du-periscolaire-a-l-ecole-saint-dominique-20260512. 44 enfants ont été entendus par la brigade de protection des mineurs après des dépôts de plainte. Seize personnes sont placées en garde à vue en mai 2026 pour « viols sur mineurs », « agressions sexuelles sur mineurs » ou « violences sur mineurs ». Trois, dont une femme, sont déférées à un juge d’instruction. Deux hommes, Cidel. C., un homme de 52 ans né au Bresil et Edgar H., un homme de 44 ans né au Cameroun, sont placés en détention provisoire .
Maternelle Rochechouart, : deux plaintes ont été déposées contre deux animateurs pour des agressions sexuelles. Une première plainte concerne une enfant autiste âgée de 4 ans concernant un éducateur spécialisé. Une deuxième plainte contre X est déposée concernant un deuxième animateur, celui-ci est suspendu le , le jour même du signalement.
École Aqueduc, dans le quartier Louis Blanc : en , lors d’un centre de loisirs, une fillette de 5 ans a été agressée par un animateur. Celui-ci doit être jugé par le tribunal correctionnel le 26 juin 2026. Par ailleurs, un professeur de l'école (en poste depuis 2003), dépendant pour sa part de l'Éducation nationale, a été interpellé et placé en garde à vue pour des agressions sexuelles sur six enfants de 3 ans et 4 ans. Toutefois il n’a pas été déféré.
École Leon Scharwtzenberg, : un animateur est suspendu le après un signalement effectué deux jours plus tôt par des parents de l'école pour des suspicions de violences sexuelles remontant à deux ans. École Belzunce, 10e arrondissement : un animateur mis en examen pour violences sexuelles sur trois mineurs de l'école maternelle Bullourde (11e arrondissement) avait fait l'objet d'une plainte en 2024 et placé en garde à vue. Il avait été accusé de violences sexuelles par les parents d'une fillette de 10 ans scolarisée à l'école Belzunce. La plainte aurait été classée sans suite.
École Voltaire, : un animateur a été suspendu après des accusations de viol sur un enfant de trois ans .
École Alphonse Baudin, : un animateur est jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants, le 26 mai 2026, le parquet a requis dont deux ans de prison avec sursis et un an sous bracelet électronique
Maternelle Bullourde, située Passage Bullourde : trois animateurs ont été suspendus mi-octobre 2025, respectivement suspecté de « viol aggravé », d’agressions sexuelles et d’exhibition sexuelle. Un des animateurs est mis en examen depuis le .
Maternelle Parmentier, située avenue Parmentier dans le : un animateur est suspendu en juillet 2025 à la suite d'une première plainte pour des agressions au cours de l'année scolaire 2024-2025. En , une deuxième plainte est déposée pour viol aggravé, avec constitution de partie civile.
Maternelle Faidherbe, : en novembre 2025, un animateur est suspendu à la suite d’un signalement pour des faits d’agressions sexuelles. Puis une animatrice est supendue à son tour pour des violences éducatives ordinaires (VEO) qui regroupent les violences physiques, verbales et psychologiques. Toutefois la mairie de Paris refuse de préciser la nature de ces VEO compte tenu d'une enquête en cours.
École Servan, : un animateur de 21 ans a été écroué après des soupçons d'abus sexuels sur trois enfants dans une école maternelle https://www.bfmtv.com/police-justice/periscolaire-a-paris-un-animateur-de-21-ans-ecroue-apres-des-soupcons-d-abus-sexuels-sur-trois-enfants-dans-une-ecole-maternelle_AN-202605120597.html.
École Titon, : un animateur doit être jugé pour agressions sexuelles sur trois enfants . Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis.
vignette|Maternelle rue de Reuilly.
Maternelle Reuilly II, : l'affaire commence en avec une suspicion d'agressions sexuelles concernant un animateur mais celui-ci est « retiré du terrain » uniquement en et c'est seulement en septembre qu'un signalement est transmis au parquet. Une enquête administrative est ouverte compte tenu du délai de près de deux ans pour traiter correctement ce signalement.
École Reuilly B, : à l’été 2025, des centaines d’images pédopornographiques ont été découvertes dans l’ordinateur d’un animateur de cette école élémentaire, aujourd’hui décédé, lequel faisait déjà l’objet d’une plainte pour agression sexuelle sur mineur dix ans plus tôt .
École Boulard, : trois animateurs ont été suspendus après des soupçons de violences sexuelles.
École Volontaires, : un animateur de Saint-Dominique (VIIᵉ) qui faisait l'objet de signalements pour des cris et des violences psychologiques sur des enfants a été déplacé, le 12 décembre 2025, à l'école Volontaires (XVᵉ). Il est suspendu à la suite de trois plaintes, déposées en février 2026, pour viols sur des enfants.
École Vigée Lebrun, : un animateur Michael M condamné pour avoir agressé sexuellement neuf fillettes âgées de 6 à 9 ans.
Maternelle Emeriau, : le bibliothécaire de l'école, âgé de 58 ans, est mis en examen en pour agression sexuelle sur un enfant de trois ans. Il est suspendu par la mairie de Paris. Une enquête administrative est engagée, celle-ci est finalisée en juin 2024 sans être rendue publique. Elle est finalement communiquée aux parents uniquement fin janvier 2026, à la suite de l’émission Cash Investigation sur les affaires du périscolaire à Paris. Au moins six plaintes sont déposées dans ce dossier dont l'enquête est toujours en cours.
Réactions
Ville de Paris Mandat d'Anne Hidalgo
En 2015, un rapport de l’Inspection générale de la ville de Paris alerte sur les risques d’infractions sexuelles commises par des agents de la ville sur des mineurs.. Emmanuel Grégoire, alors adjoint à la Maire de Paris, avait dévoilé un plan d'action de lutte contre les violences sexuelles sur les mineurs prévoyant de renforcer les contrôles au recrutement, la formation des agents à la détection de tels actes et améliorer le partage d’informations avec la Justice.
En 2024, les encadrants de la Direction des affaires scolaires de la ville avec en particulier les « responsables éducatifs ville » de l'ensemble du périscolaire des écoles parisiennes, sont formés à la prévention des violences sexistes et sexuelles.
Le , l’adjoint chargé de l’éducation d’Anne Hidalgo, Patrick Bloche, dévoile un nouveau plan d'action qui vise la suspension de tous les agents faisant l'objet de signalements. En 2025, d'après les chiffres donnés à ICI Paris Ile de France par la mairie en mars 2026, 46 animateurs avaient été suspendus, dont 20 pour des faits à caractère sexuel.
Le , la Mairie de Paris désigne une Défenseure des enfants, présentée comme indépendante. Le poste, confié à Dominique Versini, doit recevoir les saisines des enfants et des parents, les traiter, proposer des recommandations à la Ville et de les diriger vers la justice en cas de « situation de danger d’un enfant » . Entre le et le , ce sont 78 agents dont 31 pour violences sexuelles qui ont été suspendus.
Mandat d'Emmanuel Grégoire
Le , le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, reçoit SOS Périscolaire puis la fédération de parents d’élèves FCPE et enfin le collectif MeToo École. Il annonce de nouvelles mesures à venir d'ici une semaine après avoir reçu d’autres parents et associations concernées par ces violences dans le périscolaire parisien.