vignette|285x285px|Forum international Stand Speak Rise Up!, Luxembourg, 26 et 27 mars 2019 Stand Speak Rise Up! est une association fondée en 2019 par María Teresa Mestre Batista, Stéphane Bern et Chékéba Hachemi. L’association vise à dénoncer les violences sexuelles lors des conflits, d'en limiter la propagation et de soutenir les Survivantes dans leur reconstruction.

En 2026, Stand Speak Rise Up! finance des projets dans plusieurs pays : en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, à Cuba, en Éthiopie, en Guinée-Conakry, en Inde, en Irak, au Luxembourg, au Mali, en Ouganda, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Soudan du Sud, en Ukraine, et au Zimbabwe.

Son conseil d’administration est composé de personnalités telles que le docteur Denis Mukwege, Muhammad Yunus ou encore Pramila Patten.

Causes défendues L’association a pour objet de dénoncer l’utilisation du viol comme arme de guerre, de contribuer à la prévention de ces violences et d’accompagner les victimes dans leur reconstruction ainsi que dans leurs démarches juridiques. Elle intervient à la fois comme relais d’expression des Survivantes et comme acteur de sensibilisation et de plaidoyer auprès des instances nationales et internationales.

Violences sexuelles dans les zones de conflit Dans certains contextes de conflit ou d’instabilité, le viol est utilisé comme moyen de pression et de contrôle sur les populations civiles. Les violences sexuelles liées aux conflits englobent un panel de violences telles que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, l’avortement forcé, la stérilisation forcée, le mariage forcé, ainsi que toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrée contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons et directement ou indirectement liée au conflit.

Ces violences peuvent entraîner des conséquences à long terme sur les personnes concernées, notamment sur la santé physique et psychologique, ainsi que sur leurs conditions de vie et leur intégration sociale. Elles peuvent également affecter les structures sociales locales, en instaurant un climat de terreur et en modifiant les dynamiques familiales, communautaires et économiques. Les conséquences économiques des violences sexuelles sont également importantes, aggravées par l'exclusion, la précarité et l'abandon scolaire.

L’accès à la justice pour les survivantes demeure souvent difficile en raison d’obstacles juridiques, sociaux et institutionnels. Malgré des évolutions observées ces dernières années, la mise en œuvre de dispositifs adaptés aux besoins des victimes reste un enjeu à l’échelle internationale.

Reconnaissance du statut des enfants nés du viol La question des enfants nés de viols en contexte de conflit fait partie des enjeux associés à la lutte contre les violences sexuelles. Ces enfants peuvent rencontrer des difficultés d’accès à une reconnaissance juridique, à des droits fondamentaux et à une intégration sociale. Ils font fréquemment l’objet de stigmatisation et de discriminations.

Depuis 2019, plusieurs évolutions ont été relevées. La résolution 2467 du Conseil de sécurité des Nations unies mentionne les risques spécifiques auxquels sont exposés les enfants nés de violences sexuelles en période de conflit et souligne l’importance d’une prise en charge adaptée par les États. Suite à cette résolution, un rapport publié le 31 janvier 2022 par le Secrétaire Général des Nations unies aborde de manière plus précise la situation de ces enfants (chiffres, risques et préjudices encourus par les enfants, stratégies pour encourager les États à mettre en place un cadre juridique pour ces enfants et garantir leurs droits fondamentaux).

Au Québec, la loi 12, adoptée en 2023, vise à protéger les enfants nés d'un viol en permettant à la mère victime de refuser à l'agresseur l'établissement de liens parentaux. En Bosnie-Herzégovine, la loi reconnaissant les enfants nés du viol comme victimes civiles de la guerre est entrée en vigueur le 1er janvier 2024. L’octroi du statut de victime civile de guerre aux enfants nés de viols de guerre leur permet d’accéder à certains droits, notamment en matière de réparation.

Par ailleurs, la jurisprudence récente inclut la reconnaissance par la CPI de la qualité de victime directe pour les enfants nés du viol, dans l'affaire Le Procureur c. Bosco Ntaganda en 2021. Toutefois, la reconnaissance légale des enfants nés du viol reste lacunaire dans de nombreux pays et constitue une cause défendue par Stand Speak Rise Up!.

Histoire et création En 2016, lors d’une rencontre à Luxembourg, le docteur Denis Mukwege présente à Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Maria Teresa du Luxembourg, un projet de création d’un fonds international destiné au soutien des personnes victimes de violences sexuelles liées aux conflits armés, ainsi qu’un projet de réseau international de Survivantes. La Grande-Duchesse participe au fur et à mesure au développement de cette initiative.

En 2017, elle participe à la première réunion du réseau. En 2018, ce processus conduit à la création de l’Alliance mondiale des victimes et Survivantes, qui devient par la suite SEMA - The Global Network of Victims and Survivors to End Wartime Sexual Violence.

Forum Stand Speak Rise Up! (2019) Le forum Stand Speak Rise Up! se tient les 26 et à Luxembourg. Il est organisé avec la participation du docteur Denis Mukwege et de la juriste Céline Bardet, fondatrice de l’ONG We Are Not Weapons of War.

L’événement réunit des Survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’organisations non gouvernementales et d’institutions académiques et juridiques. Parmi les intervenants figurent Denis Mukwege, Nadia Murad et Muhammad Yunus, lauréats du prix Nobel de la paix, ainsi que Pramila Patten, Fatou Bensouda, Peter Maurer et Jean-Christophe Rufin.

Le forum porte sur les violences sexuelles dans les conflits armés et leurs conséquences pour les populations civiles. La devise associée à l’initiative est: « Rien sur nous, sans nous ».

À l’issue de l’événement, Maria Teresa lance un appel public invitant « toutes les personnes de bonne volonté à rejoindre le mouvement Stand Speak Rise Up! et à exprimer, par tous les moyens, leur solidarité avec les survivantes ».

À la suite du forum, Stand Speak Rise Up! est constitué en association.

Événement de Biarritz (2022) Le , un gala de charité est organisé à l’Hôtel du Palais à Biarritz dans le cadre de Stand Speak Rise Up!.

L’événement vise à sensibiliser aux violences sexuelles dans les conflits armés et à soutenir des projets portés par les Survivantes. La Grande-Duchesse y participe avec des survivantes et plusieurs intervenants, dont Denis Mukwege, Pramila Patten, Céline Bardet et François Heisbourg.

Des interventions portent sur les violences sexuelles dans différents contextes de conflit et sur les actions menées. Des partenaires privés et fondations participent au financement de projets liés à l’accompagnement de Survivantes.

Principales zones d'intervention

Afghanistan Le projet en Afghanistan comprend plusieurs initiatives. Il y a un programme destiné à l'éducation de 12 étudiantes afghanes en Iran, leur permettant d'accéder à des opportunités éducatives malgré leur exil. Un autre projet se concentre sur l'amélioration de la santé infantile et maternelle en fournissant des soins médicaux essentiels aux mères et aux enfants. De plus, une aide humanitaire est distribuée pour répondre aux besoins urgents, tels que l'accès à la nourriture, à des abris et à des services de santé.

Bosnie-Herzégovine En Bosnie-Herzégovine, un appui juridique est offert aux survivantes de violences de guerre, garantissant ainsi que leurs droits sont respectés et qu'elles bénéficient d'une protection légale. Parallèlement, une assistance particulière est fournie aux femmes survivantes de viol de guerre, leur offrant un soutien à la fois émotionnel et matériel pour les aider à reconstruire leur vie. L'association participe aussi à un projet de sécurité économique qui inclut une formation agricole et un soutien à la production.

Cuba À Cuba, le projet Stand Speak Rise Up! se concentre sur la formation professionnelle et l'accompagnement psychosocial. Ce programme permet aux femmes de développer des compétences utiles sur le marché du travail tout en recevant un soutien psychologique, essentiel pour leur réinsertion et leur autonomisation. L'association propose aussi un programme de mentorat.

Ethiopie En Éthiopie, l'association agit pour l'autonomie financière des Survivantes à travers un soutien psychosocial, médical et juridique. Le projet propose aussi une formation professionnelle pour renforcer leurs compétences de leardership et gestion économique. L'accent est mis sur le soutien communautaire et la sensibilisation.

Guinée En Guinée, un projet vise à autonomiser économiquement les survivantes en leur enseignant la production et la commercialisation de savon. Ce programme permet non seulement de générer des revenus mais aussi de renforcer l'estime de soi des participantes en leur offrant un moyen de subvenir à leurs besoins. Le mentorat y est aussi mis en place.

Irak En Irak, une aide humanitaire directe est fournie aux survivantes yézidies, victimes de violences extrêmes. Cette assistance vise à répondre à leurs besoins immédiats en termes de nourriture, d'abris et de soutien psychologique. Un autre projet soutient l’autonomisation économique des Survivantes yézidies du Sinjar, leur offrant des opportunités de développement économique et social grâce à des initiatives adaptées à leur situation. Les Survivantes yézidies du Sinjar bénéficient aussi d'un projet qui les aide à accéder à la santé mentale et à leurs droits juridiques.

Luxembourg Au Luxembourg, Stand Speak Rise Up! accompagne les femmes réfugiées survivantes de violences sexuelles et cherche à leur fournir un soutien psycho-social, un accompagnement juridique et une aide dans leur réinsertion socio-professionnelle. Les obstacles qu'elles rencontrent du fait de leur statut de "réfugiées", qu'ils soient juridiques ou sociaux, renforcent leur exclusion et ralentissent leur insertion au sein de la société.

Mali Au Mali, le projet de mentorat permet de mettre en lien des Survivantes avec un mentor, dans le but de les accompagner individuellement dans leurs projets professionnels.

Ouganda En Ouganda, plusieurs initiatives sont en place pour soutenir les Survivantes. Pendant la pandémie de Covid-19, un programme a été mis en place pour assurer que les femmes affectées reçoivent l'assistance nécessaire. De plus, un autre projet se concentre sur le soutien éducatif pour les enfants nés du viol, leur offrant des opportunités de scolarisation et un avenir meilleur. Le mentorat existe aussi en Ouganda, pour permettre un suivi personnalisé des projets des Survivantes.

République démocratique du Congo De nombreux projets sont portés par Stand Speak Rise Up! en RDC, dont un projet d’envergure sur la construction de maisons pour les survivantes, leur garantissant ainsi un accès à un logement sécurisé. Par ailleurs, la production de masques à l'Hôpital de PANZI permet d'autonomiser économiquement les survivantes tout en soutenant une initiative de santé publique. Des programmes visant à autonomiser économiquement des Survivantes est également en cours, offrant des opportunités de formation en agriculture, pisiculture, couture et élevagequi permettent ensuite la création de revenus. Enfin, la construction de "Maisons d'attente" assure aux femmes nécessitant des soins médicaux un lieu sûr où attendre leur traitement.

Somalie