Tigre de porcelaine est le septième album studio de Jean Guidoni, publié en par le label Carol Records.
Par comparaison avec ses disques précédents, cet album est considéré comme plus accessible et grand public. Pour la première fois, le chanteur en signe l'essentiel des paroles après sa séparation artistique avec l'auteur Pierre Philippe. Produit et composé en grande partie par Pascal Auriat, il parvient à séduire un auditoire plus vaste, tout en conservant ses thèmes récurrents et son originalité. Certaines chansons évoquent des lieux géographiques ou des villes, parmi lesquelles Marseille, Venise et New York.
Porté par les singles Tramway terminus nord et Mort à Venise, l'album rencontre un succès commercial supérieur à celui de ses prédécesseurs, et reçoit un accueil globalement favorable de la critique.
En 1988, ce disque sera récompensé par le Grand Prix de l'académie Charles-Cros.
Historique Genèse Après Putains… (1985), un album concept provocateur sur le thème de la prostitution, et le live Chromos - Guidoni au cirque d'Hiver (1986) dont les ventes ont été particulièrement médiocres, le contrat de Jean Guidoni avec Phonogram n'est pas renouvelé.. À ce moment-là, il s'est déjà séparé de son parolier Pierre Philippe à cause de divergences musicales, mais aussi parce que ce dernier était trop intransigeant, entre autres par rapport aux choix scéniques du chanteur. Dans son spectacle au Cirque d'Hiver, le Toulonnais avait travaillé avec le dramaturge Enzo Cormann qui lui avait écrit quelques textes pour l'occasion, mais il commence lui-même à se remettre à écrire, notamment en co-signant les paroles de la chanson Chromo avec Marie-Christine Coupel. Sa biographe Janine Marc-Pezet indique qu'il souffre alors d'un épisode dépressif et que l'écriture constitue pour lui une .
Suite à une commande de la Maison des Arts de Créteil, il se met à écrire seulJanine Marc-Pezet, Jean Guidoni, Livret du coffret 4 CD Mercury France, 2002, LC/00268-063307-2, ., le livret d'un intitulé Un train dans la mer, dont la musique est confiée à William Sheller. Inspiré par le tableau Les Oiseaux de nuit d'Edward Hopper, Jean Guidoni imagine un spectacle qui traite de la , dans un décor de buffet de gare, .. Ce projet ne verra jamais le jour mais l'encourage à écrire pour lui ou pour d'autres, comme le chanteur argentin Jairo.. En , il présente un nouveau spectacle à l'Élysée-Montmartre où il fait la connaissance de l'ancien chanteur de variétés Pascal Auriat. Ce dernier, qui a aussi composé pour des artistes comme Linda de Suza, Hervé Vilard et Dalida, lui propose alors de produire son prochain album. Accompagné pour l'écriture de quatre morceaux par l'écrivain et scénariste Alain Lacombe (1948-1992), le chanteur opte pour des chansons plus accessibles destinées à un plus large public.. Elles seront d'abord gravées sur Tigre de porcelaine, puis défendues sur la scène du Bataclan du au .
Enregistrement et production vignette|gauche|La choriste Carole Fredericks a participé à l'enregistrement de l'album.|alt=Portrait d'une chanteuse afro-américaine vêtue d'une blouse rouge vif tenant un micro au cours d'un concert privé. L'album est produit et réalisé par l'auteur-compositeur-interprète et producteur de musique Pascal Auriat, qui signe aussi les musiques de cinq chansons.
Malgré les arrangements new wave de Thierry Matioszek et la présence de vedettes du rock comme Alain Bashung ou Sapho., le précédent album Putains… n'a pas eu le retentissement escompté.. Jean Guidoni s'est cette fois entouré d'une équipe de spécialistes de la musique de variété afin de toucher un public plus étendu. Les habillages synthétiques de Bernard Estardy, Michel Bernholc et Claude Samard apportent un son plus , sans toutefois . L'orchestre est composé d'instrumentistes aguerris tels que Thierry Durbet qui joue de tous les synthétiseurs, le guitariste de studio José Souc. qui travaillera par la suite sur quatre pistes de l'album Aux tourniquets des grands cafés (1990), sans oublier les trois choristes Yvonne Jones, Carole Fredericks et Ann Calvert qui officiaient déjà sur l'album studio Crime passionnel (1982). De plus, les pistes sont accompagnées de bruitages qui font des chansons.
Interrogé par Philippe Bachmann, peu avant son spectacle à la Maison des arts de Créteil, le chanteur lui explique qu'il a prévu de commencer l'enregistrement de l'album en .. Les prises de son se sont déroulées dans quatre studios différents : le studio C.B.E. géré par l'ingénieur du son et co-fondateur Bernard Estardy., le studio B. Side situé à Montreuil et qui appartenait à Michel Bernholc., le studio Marcadet à la Plaine Saint-Denis. et l'Artistic Palace, une ancienne salle de cinéma de Boulogne-Billancourt transformé en studio en 1985Blog : ..
Parution et accueil vignette|redresse=1.1|droite|La plupart des chansons de Tigre de porcelaine sont créées au Bataclan en .|alt=Vue en contre-plongée de la devanture d'une salle de spectacle parisienne. Prévu initialement en , l'album est publié en sous le label Carol Records, distribué par BMG. Tramway terminus nord sort en single la même année., suivi par Mort à Venise l'année suivante.. Réédité en CD en 1990 par Yearling Productions et épuisé depuis, l'album est à nouveau disponible le sur les plateformes de streaming..
Pour la première fois depuis la parution de son 45 tours Nana en 1978, Jean Guidoni connaît un vrai succès discographique. Diffusé massivement sur les chaines de radios et télévision, Tramway terminus nord se vend bien et fait même l'objet d'un clip, réalisé par Lydie Callier, qui passe régulièrement sur M6. Il montre le chanteur accompagné de trois jeunes danseuses-choristes..
En grande partie, la presse accueille favorablement ce nouvel album. Pablo Rouy dans Gai Pied Hebdo constate que Guidoni a opéré un véritable sur ce disque.. C'est aussi le cas de Anne-Marie Paquotte de Télérama, qui décrit une . Le magazine Sur la même longueur d'ondes évoque, quant à lui, des . Plus critique, Éric Dietlin de l'hebdomadaire Elle salue , mais déplore l'omniprésence du synthétiseur qui lui .. De son côté, Daniel Pantchenko, qui lui consacre un long article dans L'Humanité Dimanche, trouve lui aussi que l'album . Trente ans plus tard, Patrice Demailly de Libération décrit un chanteur qui , puis il indique que les singles Tramway Terminus Nord et Mort à Venise ..
En 1988, Jean Guidoni reçoit, pour la seconde fois, le Grand Prix de l'académie Charles-Cros pour cet album.
Caractéristiques artistiques Paroles et musique vignette|redresse=1.1|droite|Dakota, Central Park West, rue fait référence au Dakota Building, devant lequel a eu lieu l'assassinat de John Lennon à New York.|alt=Vue en perspective d'une rue pluvieuse de New York avec de nombreuses automobiles dont deux taxis jaunes. Les paroles sont intégralement écrites par Jean Guidoni, aidé par Alain Lacombe sur quatre chansons. Pour cet album, le chanteur en racontant des .
Contrairement aux textes très narratifs et littéraires concoctés par Pierre Philippe ou Enzo Corman, les chansons écrites par Guidoni sont beaucoup plus imagées et suggestives. Elles évoquent souvent des villes (Marseille, Venise, New York), ainsi que des pays comme l'Espagne (Les Vacances de larmes) ou les États-Unis. Inspirée par une toile d'Edward Hopper représentant une femme assise dans un fauteuil., Tramway terminus nord est construite à base de photographiques et relate le suicide d'une femme qui s'est jetée sous un tramway. Mort à Venise, dont le titre rappelle le film bien connu de Luchino Visconti, est bâtie, comme ses autres chansons, à partir de dans lesquelles le discours direct côtoie le discours indirect. Ce titre, d'une grande sensualité, n'a en réalité que peu de rapport avec la ville de Venise, mais incarne le mieux de son spectacle au Bataclan, placé sous le signe de la folie. La chanson Les Vacances de larmes aborde avec un certain sarcasme le thème de la jalousie, déjà traité dans Solo sur Crime passionnel., tandis que les paroles de La Bête humaine sont empreintes de cruauté. Plus autobiographique, Marseille dissimule, sous un texte haché et rempli de métaphores, le passé interlope du chanteur quand il travaillait comme coiffeur dans un hammam auprès des prostituées marseillaises. L'auteur en profite pour fustiger la montée de l'intolérance et du racisme dans cette ville, comme il le déplorera à nouveau sur Toulon dans le spectacle Fin de siècle (1999). Cette dernière chanson, écrite cette fois par Pierre Philippe, fait éclater de façon encore plus évidente son pour sa commune natale tombée entre les mains du Front national.
Les chansons co-écrites avec Alain Lacombe comme Midi sans soleil et Dakota, Central Park West, rue se tournent, quant à elles, du côté de New York. Le second titre convoque le qui fut justement assassiné à l'entrée du Dakota Building., dans le quartier historique de Central Park West. Le style de Lacombe est beaucoup plus narratif que celui de Guidoni, notamment sur Ce sont des choses qui arrivent, une chanson plus lente qui .
Les musiques sont majoritairement écrites par Pascal Auriat. Pour deux titres, Jean Guidoni retrouve le compositeur Michel Cywie, responsable des musiques de l'album Je marche dans les villes (1980) ; tandis que deux autres pistes ont été composées par le jeune Jérôme Pradon, plus connu comme acteur et chanteur.. La plupart des morceaux relèvent du genre de la musique de variété, même si Guidoni précise tout de même qu'il s'agit d'une . Le caractère mélodique et très dansant de certains titres était d'ailleurs parfaitement assumé par le chanteur à l'époque. Depuis, il a reconnu qu'il avait pour relancer sa carrière, et qu'en définitive, il n'était pas de cet album.
Titre et pochette vignette|redresse=1|droite|Tiré d'un vers de Mort à Venise, le titre de l'album reflète la nature double du chanteur, fauve et fragile à la fois.|alt=Vue d'une statuette représentant un tigre en céramique surmonté d'un personnage tenant une flèche. Extrait des paroles de Mort à Venise, le titre de l'album fait référence à la personnalité contrastée de Jean Guidoni, où la rage du tigre se dissimule sous .
Conçue par Pascal Auriat, la pochette présente une photographie du chanteur qui le met en scène de manière double : . Cette photo, prise par Marc Lafon, lui donne l'apparence d'un androgyne, comparable à certains visuels de David Bowie ou Boy Georges dans les années 1980.
Même si cette pochette était bien dans l'air du temps, le chanteur est très critique à son égard. Pour lui, elle n'était qu'une représentation naïve, réalisée par des et qui .
Fiche technique Liste des chansons
Crédits Musiciens
Jean Guidoni : chant Thierry Durbet : synthétiseurs José Souc : guitares Yvonne Jones, Carole Fredericks, Ann Calvert : chœurs
Équipe de production
Claude Samard : arrangements (4) Jean-Philippe Bonichon : ingénieur du son (studio Marcadet) Bernard Estardy : ingénieur du son, arrangements (studio C.B.E.) (2,3,6,9) Michel Bernholc : ingénieur du son, arrangements (studio B. Side) (1,5,7,8) Didier Weiss : ingénieur du son (Artistic Palace) Raphaël Jonin : gravure (Translab) Marc Lafon : photos Cédric Gérard : maquillage Pascal Auriat : production et réalisation artistique, conception pochette Pascal Rothel : collaboration artistique Roland Ribet : management
Récompense Grand Prix du disque de l'académie Charles Cros en 1988.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Ouvrages . . .
Articles . . . .
Liens externes
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