Les élections municipales de 1977 à Toulouse voient la réélection de Pierre Baudis.

Fief historique de la SFIO, Toulouse avait basculé à droite lors des élections de 1971 dans un contexte de division de la gauche. Cette fois rassemblée, les socialistes espéraient bien récupérer la ville après une parenthèse de 6 ans.

Mais à la faveur d'un redécoupage électoral, Pierre Baudis l'emporte de justesse après un second tour dans le secteur Nord où il l'emporte avec 51,9 % des voix.

Mode de scrutin Lors des élections municipales de 1977, les cinq premières villes de France sont divisées en secteurs conformément à la loi du 19 juillet 1976. La ville de Toulouse est ainsi divisée en trois secteurs qui élisent au total 49 conseillers municipaux contre 37 précédemment.

Le premier secteur, dénommé "Secteur Centre", est composé de la partie Toulousaine des cantons de Toulouse-1, Toulouse-2, Toulouse-7, Toulouse-8 et Toulouse-9. Bastion de l'équipe sortante, le secteur est caractérisé par un déclin démographique et une population relativement aisée. Ses habitants sont représentés par 17 conseillers municipaux.

Le deuxième secteur, dénommé "Secteur Sud-Ouest", est composé de la partie Toulousaine des cantons de Toulouse-3, Toulouse-10, Toulouse-11, Toulouse-12 et Toulouse-13. Secteur considéré comme « sacrifié » par la municipalité, jeune et peuplé, il concentre l'essentiel des quartiers populaires de la ville à commencer par la récente et controversée ZUP du Mirail. Ses habitants sont représentés par 19 conseillers municipaux.

Enfin, le troisième secteur, dénommé "Secteur Nord", est composé de la partie Toulousaine des cantons de Toulouse-4, Toulouse-5, Toulouse-6, Toulouse-14 et Toulouse-15. Secteur où la population est plus hétérogène socialement, composé de classes moyennes avec une partie du centre-ville, des cités moins ouvrières qu'à l'Ouest et des zones maraîchères, le tout en étant bien moins peuplé que les deux autres secteurs. Ses habitants sont représentés par 13 conseillers municipaux.

La liste qui gagne un secteur obtient la totalité des conseillers municipaux du secteur.

Contexte Après avoir été largement élu en 1971 face au socialiste sortant Louis Bazerque, le maire sortant fait face à une poussée électorale de la gauche aux élections législatives de 1973 où les socialistes raflent 5 des 6 circonscriptions. En effet, seule la 2e circonscription de la Haute-Garonne reste à droite grâce à Pierre Baudis lui-même, en gagnant sur le fil avec 50,89 % des voix. De même lors des présidentielles de 1974, François Mitterrand remporte 53,81 % des suffrages à Toulouse au second tour. Un contexte favorable pour la gauche qui vise clairement la ville rose.

Mais le gouvernement modifie le mode de scrutin avec 3 secteurs dessinés suite aux cantonales de 1976. La gauche dénonce une manipulation pour conserver la ville avec un secteur Centre acquis à la droite, un secteur Sud-Ouest acquis à la gauche, et un secteur Nord qui sera le seul juge de l'élection.

Candidatures déclarées

Premier tour Cinq candidats briguent la mairie de Toulouse :

Pierre Baudis (RI), avec le PR et le RPR Le maire sortant, âgé de 61 ans, repart en campagne sur une ligne identique en affichant un apolitisme de façade. Il axe sa campagne sur le bilan de son action durant son premier mandat comme la construction de foyers pour les personnes âgées, de crèches, de mairies de quartier, l'ouverture des premières rues piétonnes, l'annulation des voies rapides sur le canal du Midi et du projet de voies sur berge le long de la Garonne. Pour l'avenir, il suspend la démolition du stade historique du Stade Toulousain (qui finira par déménager dans l'actuel stade Ernest Wallon), il sous-entend le rachat des arènes du Soleil d'Or et annonce l’acquisition par la mairie des terrains et casernes du site de Compans Caffarelli pour y installer jardins (10 ha), palais des sports, palais des congrès, bureaux (50.000 m²), commissariat de police, centre commercial et des logements.

La communication de l'équipe sortante est également incisive contre la liste de l'union de la gauche, dénonçant une « utopie gauchisante » et une irresponsabilité budgétaire. La tête de liste du secteur Nord, le secrétaire d'État aux transports Marcel Cavaillé, parle lui de « la mafia socialiste qui revient », et des « communistes au Capitole » tandis que Pierre Baudis insiste sur le parachutage de Savary.

Alain Savary (PS), avec le PCF et le MRG Âgé de 59 ans, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, Alain Savary a été parachuté avec succès dans la région en remportant la 1re circonscription de Haute-Garonne en 1973 et en devenant président de la nouvelle région Midi-Pyrénées. Tirant les enseignements de la défaite de 1971, une union de la gauche se met en place dès 1976 entre socialistes, communistes et radicaux de gauche dans la lignée du congrès d'Epinay. Ouvertement critique sur le maire sortant, Alain Savary dénonce l'urbanisation manquée du Mirail, une politique du logement trop favorable à la promotion immobilière, une politique axées uniquement sur les habitants du centre-ville et l'absence de concertation. Les transports sont aussi concernés, critiquant le tout automobile revendiqué du maire sortant et l'absence de schéma des transports en commun à l'échelle de l'agglomération.

Parmi les propositions, on retrouve la lutte contre la spéculation foncière, une nouvelle politique culturelle, le développement de politiques intercommunales, des transports collectifs et la démocratisation de la vie politique municipale. Sur ce dernier point, le programme de la gauche veut « rendre le pouvoir au citoyen » avec des délégations du pouvoir municipal aux associations de quartier à titre expérimental.

René Segond Avocat à la cour de Toulouse, René Segond retente sa chance après s'être présenté en 1971 sous une liste de la gauche gaulliste, cette fois avec une étiquette divers droite avec des dissidents de la majorité Baudis.

« Liste autogestionnaire » avec le PSU, Lutte Occitane et les Ecologistes Ce qui reste du PSU parvient à monter une liste avec des écologistes et des régionalistes portant les thèmes de la défense des droits des femmes, de l'écologie et de l'occitanisme.

Liste d'extrême gauche avec la LCR et LO Les trotskistes refusent comme à leurs habitudes toute alliance avec les socialistes et les communistes, mais s'allient sur une liste unique.

Second tour Sans surprise, la liste de Pierre Baudis remporte le secteur Centre et ses 17 sièges, tandis que la gauche remporte le secteur Sud-Ouest et ses 19 sièges. Le second tour n'aura ainsi lieu que dans le secteur Nord où s'oppose la tête de liste de la gauche, Alain Savary, et pour la droite le secrétaire d'État aux transports, Marcel Cavaillé.

Résultats

+ Résultats des municipales de 1977 à ToulouseFichier:Toulouse_1977.svgTête de listeListePremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Pierre BaudisRI-RPR46,5451,930 Alain SavaryPS, PCF, MRG45,7448,119 LCR, LO3,19 PSU, Occ, Eco2,71 René Segond1,82 Total10010049 Abstention33,6527,09 Inscrits / participation66,3572,91

Résultats par secteur

+ Résultats de l'élection municipale de dans le secteur Centre de ToulouseTête de listePartisPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Pierre Baudis * RI-RPR50,39--17Liste SavaryPS-PCF-MRG40,98---Liste extrême-gaucheLCR-LO4,09---Liste Segond2,67---Liste AutogestionnairePSU-Occ-Eco1,86---Inscrits100,00--Abstentions35,15--Exprimés64,85--* liste du maire sortant

+ Résultats de l'élection municipale de dans le secteur Sud-Ouestde ToulouseTête de listePartisPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Liste SavaryPS-PCF-MRG51,58--19Liste Baudis* RI-RPR40,48---Liste AutogestionnairePSU-Occ-Eco4,44---Liste extrême-gaucheLCR-LO2,17---Liste Segond1,32---Inscrits100,00--Abstentions33,12--Exprimés66,88--* liste du maire sortant

+ Résultats de l'élection municipale de dans le secteur Nord de ToulouseTête de listePartisPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Marcel Cavaillé * RI-RPR49,0251,913Alain SavaryPS-PCF-MRG44,6548,1-Liste extrême-gaucheLCR-LO3,31---Liste AutogestionnairePSU-Occ-Eco1,64---Liste Segond1,36---Inscrits100,00100,00Abstentions32,3727,09Exprimés67,6272,91* liste du maire sortant

Notes et références

Liens externes

Toulouse 1977