Le massacre de Ntoyo a lieu le , lorsque des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF-Buluku), affiliées à l'État islamique, lancent une attaque contre le village de Ntoyo, dans la province du Nord-Kivu, en république démocratique du Congo (RDC). L'attaque se produit tard dans la nuit, et les rebelles de l'ADF prennent pour cible une veillée funèbre. Selon les autorités congolaises, cette attaque fait au moins , tandis que les ADF revendiquent la mort d'au moins 100 chrétiens.
Arrière-plan
Motifs Le motif de l'attaque reste flou, mais il semblerait qu'il s'agisse de représailles en réponse à l'escalade des bombardements menée par les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) dans le cadre de l' .
Contexte Ntoyo comptait environ 2 500 habitants au moment de l'attaque.
Attaque Le , de nombreux civils sont rassemblés pour assister à des funérailles dans le village de Ntoyo, situé dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, province du Nord-Kivu, en république démocratique du Congo (RDC).
Une dizaine de combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) prennent d'assaut la veillée funèbre dans la nuit du vers 21 h (heure d'Afrique centrale, UTC+2), surprenant les participants. Les ADF rassemblent des civils et les exécutent sommairement à la machette et à l'arme légère. Selon des témoins les assaillants portaient ce qui semblerait être des uniformes militaires.
Après l'attaque initiale, les rebelles incendient une trentaine de maisons et de véhicules, brûlant vifs les occupants.
Le lieutenant Marc Elongo, porte-parole des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), a déclaré que les militants des ADF avaient fui les lieux avant que les FARDC ne puissent intervenir.
Les premiers bilans, établis le jour même de l'attaque, font état de 60 à 61 morts, mais les autorités annoncent par la suite un total de 71 victimes.
Une attaque distincte menée par les ADF a lieu dans une ville voisine, faisant 18 morts.
Les ADF ont revendiqué l'attaque affirmant avoir tué près de 100 chrétiens.
Réaction et réponse Dès le matin du de nombreux habitants sont vus quittant Ntoyo, qui apparaît presque déserte le lendemain. Le , vingt-cinq des personnes tuées lors de l'attaque sont enterrées , alors que certains habitants dénoncent l'inaction du gouvernement.
Institutions religieuses
Armées, autorités et organisations internationales Le ministère français des Affaires étrangères a condamné l'attaque du , a présenté ses condoléances et a appelé à la paix dans la région des Grands Lacs.
Le coordonnateur humanitaire en RDC pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies, Bruno Lemarquis, a déclaré dans un communiqué de presse le qu’il était « profondément choqué par la brutalité de ces attaques contre des civils », a rappelé que « les civils ne sont pas des cibles » et a insisté sur le fait que la protection des civils en vertu du droit international humanitaire (DIH) était une « obligation absolue ».
Le président de l'Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, a publié un communiqué de presse exprimant sa « profonde consternation » suite à l'attaque. Il a « fermement condamné cette attaque terroriste odieuse, ainsi que les violences récurrentes qui continuent de cibler les civils dans l'est de la RDC ». Mahamoud Ali Youssouf a indiqué que l'attaque violait le droit international humanitaire et a appelé à ce que les auteurs soient retrouvés et traduits en justice « afin de mettre fin au climat d'impunité qui alimente la répétition de ces atrocités ». Le texte conclut en réaffirmant l'engagement de l'UA à « rétablir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs ».
Notes et références
Notes
Références
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