Le cartulaire-rouleau de l’Abbaye de l’Île-Barbe connu également sous le nom de grande pancarte de l’Abbaye Saint-Martin de l’Île-Barbe est un recueil de chartes datant du d'une ancienne abbaye bénédictine, située dans le de Lyon, dans le quartier de Saint-Rambert-l'Île-Barbe. Le manuscrit original est conservé aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon. C'est le plus long cartulaire-rouleau conservé en France, il fait plus de trente-quatre mètres de longueur.
Description
Description matérielle vignette|Exemple de croisement des réglures entre deux peaux Ce cartulaire est un rouleau de , d'une largeur moyenne de et d'un diamètre actuel de . Il est constitué de quarante-trois peaux de moutons cousues entre elles d'une hauteur moyenne de , il pèse plus d'une dizaine de kilogrammes. Il comporte au dos des réglures : les peaux sont maintenues au dos par un double cordon venant se croiser sur la surface écrite à la couture et se nouer dans ce qui pourrait avoir été un sceau. La dernière peau était clouée à un ombilic, une baguette en bois rajoutée postérieurement au , autour de laquelle s'enroulait le rouleau.
Le contenu Le rouleau a été écrit en latin à l'encre brune au cours de l’année par des notaires de l’officialité de Lyon. Il est la copie d'un livre ancien, qui a disparu. Le premier acte copié date de 1151 et le dernier de 1297. Ce document comporte les hommages rendus à l'abbaye, les reconnaissances de droits et donations, des titres relatifs aux biens et aux droits de l’abbaye, des actes d'acquisition des terres, les reconnaissances que les vassaux ont présentées à l'abbaye. Un acte important qui représente à lui seul environ la moitié du rouleau, soit 24 peaux, concerne la convention qui la relie au comte de Provence, pour tous les biens qu'elle possédait dans la région de Gap et d'Embrun. Il y a également des pièces relatives à l’organisation du monastère. La totalité du texte a été retranscrite en deux volumes publiés en 1923 par l'ancien directeur des Archives départementales du Rhône, Georges Guigue, et le comte de Charpin-Feugerolles.
Histoire du rouleau Le document est rentré aux Archives de Lyon en 1742, puis il est déplacé à Dijon pour un procès en 1773, classé au domaine national en 1794, ensuite il sera restitué aux Archives de Lyon en 1834. Il est aujourd'hui conservé aux Archives du département du Rhône et de la métropole de LyonCôte d'archives : 10 G 3408. Différentes restaurations avaient déjà été effectuées par les archivistes et la dernière date de 2019 à 2022 à la demande du directeur Bruno Galland et sa présentation en avril 2026 fait écho à l'exposition au musée Gadagne sur l'Abbaye de l’Île Barbe. Elle a été effectuée par Agathe Daronnat et Laure Deuche.
La restauration effectuée aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon vignette|Gommes-éponges ayant dépoussiéré le cartulaire-rouleau vignette|Outils de gommage et de dépoussiérage.
État avant restauration Le rouleau ayant subi de nombreuses dégradations, une restauration approfondie du document était nécessaire. Le document avait été conservé à la verticale, ce qui a créé des affaissements, des déchirures et des lacunes très nombreuses sur tous les bords du document. De plus, il n'avait pas été suffisamment protégé de la poussière et des polluants externes, et ainsi il était particulièrement encrassé sur toute la longueur. Les deux premières peaux situées à l'extérieur ont vraisemblablement subi un dégât des eaux et étaient particulièrement abîmées, il manquait des parties sur les bords et elles étaient déchirées. Les réparations antérieures, comme par exemple, des bouts de parchemin collés au verso, avaient créé des contraintes, et déformé les peaux.
La restauration La longueur du rouleau étant particulièrement importante, un espace spécial a dû être aménagé au sein du service restauration pour pouvoir dérouler environ du document à la fois. Il a été ainsi progressivement déroulé d'un côté et enroulé de l'autre.
Travail préliminaire Le parchemin a tout d’abord été minutieusement dépoussiéré et gommé avec des pinceaux et des gommes-éponges douces. Cette étape a permis de retirer la poussière et de retrouver de la lisibilité sur les textes. Les anciens renforts, comme les scotchs, points de couture, ou larges morceaux de parchemin, ont été retirés à sec avec un scalpel, ou après humidification avec un gel aqueux et de fines spatules. Les deux premières peaux, particulièrement abîmées par des coulures d’eau et les anciennes réparations, ont été démontées et traitées à part, avant d’être rattachées.
La restauration en elle-même Le début du rouleau, ainsi que tous les bords froissés, ont été mis à plat. Ils ont été lentement humidifiés au moyen de buvards humides et de membranes Goretex puis placés sous poids pendant plusieurs heures. Les peaux ainsi mises à plat ont ensuite pu être consolidées localement.
Des papiers japonais de différents grammages ont été teintés à la peinture acrylique, de manière à se rapprocher de la couleur du parchemin. De fines bandelettes de papier ont ensuite été découpées, puis collées sur les déchirures au verso du document. Les lacunes ont quant à elles été comblées en deux temps : un papier de grammage moyen a été employé au verso des peaux, pour servir de support aux comblements plus épais appliqués ensuite au recto.
Pour estomper la différence de couleur entre les réparations et le document original, des crayons de couleur ont été utilisés.
La restauration terminée, les deux premières peaux ont été recousues en utilisant les trous d'origine et en teintant le fil de lin.
Après la restauration Le document a été numérisé en haute définition et mis en ligne sur le site internet des Archives. Une boîte en carton permanent a été fabriquée sur mesure par un prestataire externe pour assurer une conservation optimale du cartulaire. Il est enroulé autour d’une âme rigide et sur des berceaux afin que le document ne s’écrase plus sous son propre poids. Il a été exposé dans la salle de lecture des Archives du jeudi 23 avril au samedi et une conférence a été donnée par Bruno Galland, Agathe Daronnat et Laure Deuche le .
Galerie
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Abbaye de l'Île-Barbe Île Barbe Cartulaire
Catégorie:Cartulaire Catégorie:Œuvre médiévale française Catégorie:Manuscrit du XIVe siècle