En matière de représentation du handicap dans les arts, il convient de distinguer la production des artistes handicapés, encore largement minoritaires et souvent invisibilisés, de celle des artistes neuro et somatypiques. Ces derniers utilisent souvent le handicap comme « métaphore morale, signe de déviance, ressort narratif ou spectacle plus ou moins voyeuriste du corps  "extraordinaire " », comme l’a mis en évidence la bioéthicienne Rosemarie Garland-Thomson dans ses travaux sur le handicap et la culture.

Arts visuels Dans les arts visuels, les personnes handicapées sont peu représentées, bien que 16 % de la population vive avec un handicap et que cette proportion était vraisemblablement plus importante par le passé.

L’inclusion de personnes en situation de handicap dans une toile sert souvent à véhiculer un message particulier. Par exemple, au Moyen Âge, on les voit dans les œuvres qui ont pour sujet la charité chrétienne ou l’aide aux démunis. Dans la peinture baroque, les « nains de cour » sont représentés aux côtés de leur maître pour mieux faire ressortir sa grandeur. Au 17e siècle, on commence à peindre des blessés de guerre, tantôt pour critiquer la guerre, tantôt pour valoriser l’héroïsme de ceux qui prennent les armes.

Le Français Louis Joseph César Ducornet (1806–1856), né sans bras, a fait carrière comme artiste peintre et laissé quelques autoportraits.

La Canadienne Maud Lewis (1903-1970) est une artiste folkloriste prolifique, connue dans le monde. Les critiques ont tenu pour acquis que les scènes bucoliques qu’elle peignait étaient une échappatoire pour sa vie limitée tant par son handicap (elle avait les mains déformées par l'arthrite rhumatoïde) que par la pauvreté.

Avec l’artiste peintre mexicaine Frida Kahlo (1907-1954), on n’a plus seulement une représentation du « handicap à la première personne » : le handicap lui-même devient une source d’inspiration.

Mari Katayama, elle, a fait de son corps handicapé son principal médium artistique. L’artiste japonaise multimédia se met « en scène tantôt en poupée désarticulée, tantôt en Vénus tentaculaire ».

Danse La danse inclusive, aussi appelée danse intégrée ou danse mixte, est une pratique artistique qui se fonde sur la rencontre d’artistes qui sont ou non en situation de handicap et qui a pour objet de mettre en valeur « leur singularité. Dans cette optique où la diversité est la norme, la danse inclusive devient, simplement, la danse » et les aides à la mobilité, des accessoires — au même titre qu’un tutu ou un chapeau.

On trouve trois compagnies de danse intégrée au Canada (Corpuscule danse, Propeller Dance et All Bodies Dance Project), qui conjuguent toutes performance et enseignement.

Littérature Le thème du handicap est plus fréquent en littérature depuis le début du nouveau millénaire, mais il n’est pas pour autant absent de la littérature classique.

Dans la mythologie grecque, la cécité est associé à la sagesse : Tirésias devient devin et aveugle après sa rencontre avec les dieux. Au Moyen-Âge, la cécité est plutôt le signe d’un châtiment divin. Dans les contes, les handicaps sont plutôt rares et entraînent toujours un rejet.

Au Québec, dans la première moitié du XXe siècle, les personnes handicapées vivent généralement à l’écart de la société. D’ailleurs, Albert Lozeau (1878-1924), considéré comme l’un des plus importants poètes québécois du début du XXe siècle, passe une bonne partie de sa vie à « scruter le monde de sa fenêtre », sinon à le regarder du balcon de la maison familiale. Il est paralysé par le mal de Pott : une forme d’arthrite tuberculeuse qui touche la colonne vertébrale. Il collabore néanmoins à plusieurs périodiques montréalais (dont Le Devoir) et contribue par ses écrits à l’institution littéraire de son temps. Il reçoit régulièrement quelques amis et écrivains chez lui. Sa poésie, intimiste et musicale, dépeint surtout « les mouvements infimes de la vie intérieure […] d’un être immobilisé » qui observe le monde de l’autre côté de la fenêtre, mais il a aussi abordé à l’occasion des thèmes patriotiques.

Vers la fin du XXe siècle et au début du XXIe, les mémoires rédigés par des personnes handicapées contribuent à sensibiliser le public au quotidien de ceux et celles vivant avec un handicap. Les titres les plus connus en langue française incluent Le Scaphandre et le Papillon, de Jean-Dominique Bauby, Le second souffle, de Philippe Pozzo di Borgo, et Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque, de Charlotte Vilmorin.

En France, en 2005, un prix littéraire a été créé expressément dans le but de « révéler des voix, des récits et des démarches littéraires qui incarnent une autre vision de la différence. » Il s'agit du Prix Handi-Livres.

Références

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