L'Office belge du Commerce extérieur (OBCE) est une institution parastatale créée en 1948 pour favoriser les exportations belges à l'étranger et maintenir le bien-être économique dont bénéficiait la Belgique à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, l'OBCE continua ses missions bilatérales entre la Belgique et différents Etats. Ses statuts furent modifiés avant qu'elle ne soit dissoute en 1990. Remplacé ensuite par l'Agence pour le Commerce extérieur (ACE) en 2002.
Naissance gauche|vignette|156x156px|Paul Henri Spaak, Ministre des Affaires Étrangères et du Commerce Extérieur Le projet d'un Office belge du Commerce extérieur naît sous l'égide de Paul-Henri Spaak, alors ministre des Affaires Étrangères et du Commerce Extérieur, lorsque celui-ci dépose le mardi 11 février 1947 à la Chambre des représentants un projet de loi visant à créer un "Office national belge d'Expansion Commerciale"Arrêté royal du 16 juillet 1948 créant un établissement public nommé "Office national belge d'expansion commerciale", <https://www3.dekamer.be/digidocanha/K0046/K00461909/K00461909.PDF>, consulté le 5 mai 2026. . Cette proposition intervient à la suite du "miracle belge" d'après-guerre, qui avait permis à la Belgique de reprendre rapidement une vie économique prospère au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la division entre le Ministère des Affaires étrangères et le tout nouveau Ministère du Commerce extérieur, le manque d'agents qualifiés et de personnel, la crise dans laquelle l'Europe s'enfonçait et la possibilité qu'elle touche la Belgique, la division progressive de l'Europe suivant la politique des blocs de l'ouest et de l'est contraignirent le ministre du Commerce extérieur, François-Xavier van der Straten-Waillet, à pousser ce projet plus en avantCOOLSAET Rik, DUJARDIN Vincent et ROOSENS Claude, Les Affaires Étrangères au service de l'État belge. De 1830 à nos jours, Bruxelles, 2014, Mardaga, p. 283-287. . Après un peu plus d'un an, le texte est adopté par la Chambre le 23 mars 1948 et par le Sénat le 28 juin de la même année. Le texte est sanctionné et promulgué par arrêté royal du Régent le 16 juillet avant d'entrer en vigueur le 2 septembre 1948Arrêté royal du 16 juillet 1948 créant un établissement public nommé "Office national belge d'expansion commerciale", <https://www3.dekamer.be/digidocanha/K0047/K00470006/K00470006.PDF>, consulté le 5 mai 2026.. L'Office belge du Commerce extérieur est officiellement né. Toutefois, le problème de division entre les deux ministères n'était pas réglé avec la création de l'OBCE.
Rôle Comme son nom l'indique, le rôle de l'OBCE est d'abord de faciliter la mise en lien des acteurs économiques étrangers pour faciliter les exportations belges ainsi que de favoriser les coopérations bilatérales entre la Belgique et les pays étrangersLoi du 16 juillet 1948 créant un établissement public dénommé Office belge du Commerce extérieur, M.B., 16 juillet 1948.. Tout au long de son histoire, l'OBCE s'attela à cette tâche. Néanmoins, le rôle qui lui était attribué, important au sortir du second conflit mondial, allait peu à peu perdre de sa superbe au profit des missions économiques bilatérales qui prirent de plus en plus d'importance dans les années 50 (Union du Benelux, Plan Marshall et OCDE notamment). Néanmoins, l'OCBE permit l'établissement de liens diplomatiques, via le commerce, entre la Belgique et des pays émergents dans la seconde moitié du XXe siècle.
Organisation L'OBCE est dirigé par un comité de gestion qui lui est propre. Il se compose de représentants du gouvernement tout comme du personnel issu du patronat et du milieu de l'entreprise. Néanmoins, le directeur général du Commerce extérieur est un commissaire du gouvernement au sein de l'office. En cela, il n'y a pas de tutelle directe du Ministère du Commerce extérieur, bien que ce dernier donne les grandes lignes théoriques au sein desquelles l'OBCE doit agir. Ce dernier est une organisation parastatale, signifiant que sans être publique, les missions qu'elle remplit vont dans l'intérêt de l'État. Le choix de ce type d'organisation est voulu par la nécessité d'agir en souplesse, rapidement et en dehors des cadres stricts d'un ministèreCOOLSAET Rik, DUJARDIN Vincent et ROOSENS Claude, Op. cit., p. 286..
Histoire
Différentes missions clées
Royaume d'Arabie Saoudite En 1957, l'Office belge du Commerce extérieur décide de faire des études de marché dans le Moyen-Orient. Pour ce faire, l'organisation envoie un de leur conseiller du nom de Roger Lacroix en mission d'exploration commerciale en Arabie Saoudite. Un objectif lui a été transmis étant de renforcer les relations commerciales entre la Belgique et l'Arabie Saoudite en y trouvant des partenaires commerciaux et en les accompagnant dans leurs missions et délégations, tout en sensibilisant les investisseurs locaux au potentiel de l’économie belge.
Avec peu de connaissances sur l'Arabie Saoudite dans les années 50, Lacroix analyse le pays en rendant compte de sa situation géographique, économique et sociale, qu'il compila dans son étude "Le point de vue de l’Occident : L’Arabie saoudite dans les années 1950". Il y décrit également les grands projets économiques en cours dans le Royaume sous le règne de Saoud ben Abdelaziz Al Saoud, financés principalement par des redevances d’exploitation pétrolière. Lacroix conclut son étude en affirmant que les produits et services pouvant être fournis par des firmes belges étaient parfaitement adaptés au développement de l'économie saoudienne, ouvrant la voie à des relations commerciales entre les deux pays. Suite à l'étude produite par Roger Lacroix pour l'OBCE, l'Etat belge décida d'inaugurer une ambassade à JeddahIbidem..
République démocratique du Congo vignette|256x256px|Justin Bomboko, Ministre des Affaires Etrangères du Congo Lors d'une visite privée en Belgique en juin 1968, le président de la République démocratique du Congo, Mobutu Sese Seko, affirme son désir de mettre en place une coopération technique belgo-congolaise dans divers secteurs, dont l'économie. La même année, le ministre des Affaires étrangères congolais arrive à Bruxelles pour négocier les modalités de l'accord de coopération avec le ministre belge de la Coopération au développementBRASSINE Jacques, « La coopération technique entre la Belgique et le Congo - 1968 à 1970 (I). Première partie : la coopération et les relations belgo-congolaises », Courrier hebdomadaire du CRISP, , 1971, ..
Le 23 août 1968, la convention générale de coopération technique et scientifique entre la Belgique et la RDC fut signée entre le ministre congolais Justin Bomboko et le ministre belge Raymond Scheyven. Par le biais d'une des clauses de la convention, la Belgique s'engage à assurer l'intervention de l'Office Belge du Commerce Extérieur dans des études particulières visant au développement économique du Congo. Ces études étaient annuellement examinées et analysées par une commission mixte belgo-congolaise mise en place par ladite conventionIbidem, ..
Durant sa visite à Bruxelles, le ministre Bomboko discuta également avec le Ministre du Commerce extérieur belge Hendrik Fayat au sujet de la conclusion d'une convention réglant les relations commerciales entre leurs deux pays, ainsi que d'une convention donnant des garanties aux investissements belges au Congo. Cette discussion se clôt sur un accord ... l'envoi d'un haut fonctionnaire de l'OBCE à KinshasaIbidem, p. 8.. Durant le mois de septembre 1968, l'OBCE délégua à la RDC son directeur général-adjoint Verboomen qui fut chargé d'y entreprendre une mission d'exploration économique. Celui-ci eut des entretiens avec le vice-Ministre chargé du Commerce extérieur Loango et son directeur de cabinet, ainsi que le secrétaire général du Ministère du Commerce extérieur Kazadi. Ces discussions portèrent sur la nécessité d'établir un office congolais de programmation du commerce extérieur, mais aussi sur l'orientation que devait prendre la politique congolaise en matière de commerce international. Sur base de l'issue de ces discussions, l'OBCE étudia la mise sur pied d'un Office congolais du Commerce extérieur.
L'Office Belge du Commerce Extérieur participa également à la mission économique belge qui eut lieu du 18 février au 1er mars 1969. Celle-ci, présidée par le futur roi Albert II, se rendait en RDC afin de répertorier les principales difficultés concernant les échanges commerciaux entre les deux pays. Le directeur général de l'OBCE Georges Burnay et l'inspecteur général de l'OBCE Monfils, accompagnant le prince, devaient établir à la suite de cette mission l'envoi de délégations sectorielles au Congo dans le but de préparer la participation belge à la Foire internationale de Kinshasa. Ceux-ci eurent tous deux droit à une audience particulière avec le président Mobutu. Cette mission économique fut considérée comme un succès et se clôtura par la signature d'une nouvelle convention commerciale permettant aux autorités belges et congolaises de développer leurs relations commercialesIbidem, p. 6-7..
L'OBCE collabora intimement avec les autorités congolaises quant à l'élaboration de la FIKIN. Avant même la mission économique belge de février 1969, le directeur général de l'OBCE se rendit en mars 1968 à Kinshasa pour préparer la mise en place de la Foire internationale. En 1969, suite à la mission économique belge, l'OBCE mit à la disposition de la RDC son directeur des foires et des manifestations à l'étranger et un chargé de mission qui se rendirent à Limete. Ceux-ci discutèrent lors de diverses séances de travail avec des haut-responsables congolais au sujet de l'organisation de la Foire. Les deux agents de l'OBCE furent nommés membres du comité d'organisation de la FIKIN. Le premier en tant qu'adjoint du commissaire général du comité alors que le second fut nommé directeur général de la foireBRASSINE Jacques, « La coopération technique entre la Belgique et le Congo - 1968 à 1970 (II). Deuxième partie : les activités de la coopération technique officielle », Courrier hebdomadaire du CRISP, , 1971, ..
République populaire de Chine A la suite de la reconnaissance officielle de la République populaire de Chine par la Belgique en 1971, la délégation de la Commission Economique de l'Association Belgique-Chine, à laquelle a participé un membre de l'Office Belge du Commerce Extérieur, fait état des progrès et du développement de l'économie chinoise ouvrant à des relations commerciales. vignette|155x155px|Li Xiannian, vice-Premier ministre de la Chine En 1973, l'OBCE préside une mission d'exploration belge envoyée à Pékin. Au cours de celle-ci sera créée la Commission UEBL-Chine pour la promotion des relations économiques et commerciales, suite à un accord entre le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur André Kempinaire et le vice-Premier ministre Li Xiannian. Cette commission mixte, établie sous l'impulsion de l'OBCE, a comme mission principale de faire avancer certains projets commerciaux et économiques mutuels. La Commission UEBL-Chine se réunira une fois par an de manière alternée entre Bruxelles et PékinIbidem, p. 26 et 40.
En janvier 1979, l'OBCE participe à la journée d'étude consacrée à l'ouverture de la Chine vers le monde extérieur organisée par la Fédération des entreprises de Belgique. Lors de cette journée, l'inspecteur général à l'Office Belge du Commerce Extérieur a donné une présentation. Cette même année, l'OBCE organisa aussi un cycle de conférence technique à PékinIbidem, p. 30-31..