La résolution ES-11/10 de l'Assemblée générale des Nations unies, intitulée Appui à une paix durable en Ukraine, adoptée le par la Onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations unies, a réaffirmé l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à l'agression russe et demandé un cessez-le-feu immédiat, une paix globale, juste et durable conforme au droit international, ainsi qu'un échange de prisonniers tous contre tous. Elle a été adoptée par 107 voix contre 12 et 51 abstentions, 23 pays n'ayant pas pris part au scrutin.

Contexte L'occasion du de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine est largement perçue comme un test de solidarité à son endroit. Un travail diplomatique intense durant les cinq jours précédents l'adoption de la résolution a été mené. Le Ministre ukrainien des affaires étrangères, Andriy Sybiha, a lui-même démarché plusieurs États et sa vice-ministre, Mariana Betsa, s'est transportée personnellement au Siège des Nations unies dans cet esprit.

Le Conseil de sécurité des Nations unies est paralysé en raison du veto russe. Lors d'une réunion convoquée elle aussi le pour marquer le de l'invasion à grande échelle, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a qualifié la guerre russo-ukrainienne de . Elle a également vu un échange tendu entre les États-Unis et la Chine, les premiers reprochant à la dernière de soutenir la Russie par des achats de pétrole et la fourniture d'armement et de matériel militaire. La représentante permanente adjointe des États-Unis, Tammy Bruce, avait déclaré : . Son homologue chinois, Fu Cong, a qualifié ces accusations de . Tammy Bruce a également reconnu que la résolution 2774 du Conseil de sécurité, présentée par les États-Unis, n'avait pas produit l'effet escompté.

À Genève, des dizaines de pays – dont la France, le Pérou, le Japon, le Canada et le Royaume-Uni – ont organisé une réunion en marge du Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour condamner les violations des droits humains par la Russie. Le Ministre norvégien des affaires étrangères, Espen Barth Eide, a déclaré lors de cette réunion : , terminant son discours par un gloire à l'Ukraine.

Également à Genève, de nombreux diplomates, principalement européens, ont quitté une séance de la Conférence du désarmement pendant que le représentant russe auprès des Nations unies à Genève, Gennady Gatilov, prenait la parole. Ils se sont rassemblés à l'extérieur avec le drapeau de l'Ukraine et des écharpes aux couleurs du pays.

Une réunion des dirigeants des pays participants à la Coalition des volontaires a été organisée le , en visioconférence et en présence à Kyiv. Ils ont déclaré leur .

Le Groupe des sept a aussi réaffirmé ce même jour son à l'Ukraine face à l'agression russe.

Le Parlement européen adopte une résolution, non-contraignante, renouvelant son soutien à l'Ukraine.

Contenu

Préambule En premier lieu, la résolution prend note que l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie dure depuis quatre années et qu'elle continue d’avoir des conséquences dévastatrices et durables pour l’Ukraine, et plus largement pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Assemblée générale réaffirme son ferme attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, y-compris ses eaux territoriales.

Elle se dit gravement préoccupée par la poursuite et l'intensification des attaques russes contre les civils, les biens à caractère civil et les infrastructures énergétiques critiques de l'Ukraine, et par la grave détérioration de la situation humanitaire dans le pays.

Elle salue les efforts des États-Unis, des pays européens et d’autres États membres afin de mettre un terme au conflit.

Dispositif Tout d'abord, la résolution demande l'instauration d'un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel entre la Russie et l’Ukraine.

De plus, elle réitère sa demande pour une en Ukraine, conformément au droit international public, notamment à la Charte des Nations unies.

Enfin, elle demande à nouveau, comme mesure de confiance majeure, un échange complet des prisonniers de guerre, la libération de toutes les personnes détenues illégalement et le retour de tous les internés et des civils transférés et déportés de force, dont les enfants.

La résolution décide d'ajourner temporairement sa extraordinaire d'urgence et autorise la Présidente de l'Assemblée générale des Nations unies à la reprendre sur demande des États membres.

Adoption

Motion de division des États-Unis Les États-Unis ont proposé une motion de division afin d'obtenir un vote distinct sur le deuxième paragraphe du préambule (qui réaffirme l'attachement de l'Assemblée générale à la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine) et du deuxième paragraphe du dispositif (qui demande une paix globale, juste et durable en Ukraine conformément au droit international). Elle n'a informé la délégation ukrainienne qu'un quart d'heure à l'avance, directement dans la salle de l'Assemblée générale.

La vice-ministre ukrainienne des affaires étrangères, Mariana Betsa, a déclaré après la présentation de la motion par les États-Unis que la suppression de ces deux paragraphes était et que l'affaiblissement du texte serait . Le représentant permanent de la France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a également averti que la suppression des références à la souveraineté et l'intégrité territoriale affaiblirait la crédibilité de l'Assemblée générale et risquerait de soutenir un règlement du conflit qui ne serait ni juste ni durable.

L'Ukraine a objecté à cette motion de division et l'Assemblée générale a alors tenu un vote procédurale pour savoir si elle se prononcerait sur ces deux points par un scrutin séparé de celui sur de l'ensemble de la résolution. La proposition des États-Unis a été rejetée, ne réunissant que 11 voix en sa faveur, 69 contre et 62 abstentions.

Vote sur l'ensemble de la résolution L'Assemblée générale a adopté, par un seul vote sur l'ensemble, le projet de résolution ES-11/L.17 – présenté par l'Ukraine et co-parrainé par au moins 44 États membres (en gras) – sous la cote A/RES/ES-11/10, avec 107 voix en faveur, 12 contre et 51 abstentions, tandis que 23 États n'ont pas participé au scrutin. Résultat du vote sur la résolution ES-11/10VoteNombreÉtats membres de l'ONUPourcentage de voixPourcentage de membresPour107, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , 62,94 %55,44 %Contre12, , , , , , , , , , , 7,1 %6,22 %Abstention51, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , 30 %26,42Absents23, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , –11,92 %Total193–100 %100 % Réactions La vice-présidente de l'Assemblée générale des Nations unies, Tania Serafim Yvonne Romulado, s'exprimant au nom de la Présidente de l'Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, a déploré qu'un membre permanent du Conseil de sécurité continue . Elle affirme que .

Le Président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a déclaré sur X (anciennement Twitter) : .

Le Ministre ukrainien des affaires étrangères, Andriy Sybiha, a déclaré .

La vice-ministre ukrainienne des affaires étrangères, Mariana Betsa, a déclaré lors du débat . Elle affirme que . Lors d'une conférence de presse après le vote aux côtés de certains pays ayant soutenus la résolution, elle a ajouté : .

Le représentant permanent de l'Ukraine auprès des Nations unies, Andriy Melnyk, a déclaré .

Le Ministre d'État pour l'Europe, l'Amérique du Nord et les Territoires d'Outre-mer du Royaume-Uni, Stephen Doughty, a appelé à un soutien mondial à l'Ukraine et critiqué le motion de division des États-Unis. Il a mis en garde contre de graves conséquences si .

La Ministre lettonne des affaires étrangères, Baiba Braže, a déclaré que l'agression russe était une menace pour la paix et la sécurité internationales : . Elle a mentionné une vidéo d'un ressortissant kényan contraint par la Russie de combattre sur le front. Elle a également accusé la Russie de génocide.

La représentante permanente adjointe des États-Unis auprès des Nations unies, Tammy Bruce, dans une explication de vote après le vote, a dit accueillir favorablement l'appel à un cessez-le-feu immédiat, mais regretter certaines formulations de la résolution susceptible, selon elle, de détourner les négociations en cours .

Keith Kellogg, ancien représentant spécial de Donald Trump pour l'Ukraine, a déclaré sur X (anciennement Twitter) à propos de la position des États-Unis : .

Le représentant permanent adjoint de l'Afrique du Sud auprès des Nations unies, Marthinus van Schalkwyk, a déclaré que et a exigé . Il ajoute soutenir et que . Il a cependant justifié l'abstention de pays pour des raisons de procédure : .

Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a accusé l'Europe de se placer en garant de la morale pour autrui alors qu'elle a mis au pouvoir en Ukraine un . Il a qualifié la résolution de . La représentante permanente adjointe, Anna Evstigneeva, a accusé l'Ukraine de cynisme pour avoir présenté la résolution alors que des négociations seraient en cours. Selon elle, l'Ukraine qui .

Voir également Articles connexes Résolution de l'Assemblée générale des Nations unies Onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations unies Résolution ES-11/6 de l'Assemblée générale des Nations unies Résolution ES-11/7 de l'Assemblée générale des Nations unies

Liens externes Texte intégral de la résolution sur undocs

Références

Catégorie:Résolution de l'Assemblée générale des Nations unies Catégorie:Résolution de l'Assemblée générale des Nations unies concernant la guerre russo-ukrainienne