Enrico Corsaletti, né le 3 janvier 1900 à Fano et mort le 18 juillet 1975 à ParisActe de décès à Paris , n° 1952, vue 16/31., est un voyageur de commerce et homme politique italien puis français.

Biographie

Militant socialiste italien puis français Voyageur de commerce d'origine italienne et membre actif du Parti Socialiste Italien (PSI), Enrico Corsaletti s'exile en France après la mort de Giacomo Matteoti.

Naturalisé français (il se renomme Henri Corsalletti) le 8 juillet 1930, il anime d'abord le PSI en exil mais en est exclu et radié car suspecté d’avoir des accointances avec les fascistes. Par la suite, il rejoint la SFIO dont il anime la section de Béziers de 1932 à 1935 comme secrétaire et membre du bureau fédéral. Militant très actif, il est candidat aux élections cantonales de 1930 puis régulièrement investi. Il est membre de la Ligue des droits de l'Homme.

Conversion politique : « Je ne suis plus antifasciste » En 1935, il écrit un long article, publié dans La Nuova Italia, dans lequel il annonce avoir renoncé à l'antifascisme et explique les raisons de sa conversion soudaine au fascisme : « Cette déclaration de ma part fera certainement « impression ». Je suis sûr, au contraire, que les antifascistes, après avoir lu les raisons qui me poussent à déclarer si nettement ce que je pense, réfléchiront et examineront la situation. Beaucoup ouvriront les yeux et seront obligés de reconnaître que je n'ai pas tort. Inutile de penser ou de dire que j'y suis poussé par qui que ce soit. Le fruit de mon expérience de vie politique, de l'examen de la situation économique et, par conséquent, pratique de l'Italie et des Italiens, me fait abandonner l'utopie pour la vérité.

Et je m'explique. Les révolutionnaires d'avant et d'après-guerre, restés dans le sillage de leurs théories, à quoi sont-ils arrivés ? À ne pas comprendre les besoins des masses et à agir à l'inverse des nécessités. Qui ne se souvient de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 ? Que faisaient les divers marxistes, bakouniniens et autres utopistes italiens ? Ils ne comprenaient pas l'importance de notre intervention alors que leurs frères d'Idée d'Allemagne ou d'ailleurs s'éloignaient de leurs idéologies pour prêcher les diverses « unions sacrées », « défenses de la patrie », etc. Ainsi, chaque étranger utopiste descendait des nuages pour trouver, sur le terrain de la réalité, que les nécessités matérielles et morales étaient indissociables de la patrie. Les nôtres, au contraire, naviguaient toujours au-dessus de la stratosphère. En connaissance de cause ou par inconscience.

Venons-en à l'après-guerre. L'esprit révolutionnaire était présent chez nous, en Italie. Les souffrances des tranchées, les éléments économiques eux-mêmes avaient créé une atmosphère de révolte pour ceux qui avaient peiné et souffert, et qui se voyaient ensuite réduits au rang d'inférieurs ou d'esclaves de ceux qui avaient profité de la situation pour remplir leur portefeuille tout en sauvant, naturellement, leur propre peau des souffrances.

Une transformation de la vieille Société était nécessaire, indispensable. Les Socialistes voyaient affluer vers eux toute la suite des mécontents. Les chefs révolutionnaires d'alors croyaient-ils à leurs propres possibilités ? Non. Savaient-ils qu'ils mentaient quand ils promettaient la lune ou d'autres balivernes ? Je le démontrerai.

Il y en eut pourtant qui y crurent, et j'étais du nombre. En considérant bien, maintenant, le passé, comme je vois la futilité de telles promesses ! Occupation des usines, faits révolutionnaires d'Ancône en juin 1920, etc., etc. L'air était chargé d'électricité, mais… il y avait un « mais » : il fallait assumer des responsabilités et les Chefs savaient qu'une transformation, dans le domaine national, selon leur principe et pour mettre en pratique leurs théories, n'aurait eu aucune suite possible.

Donc, machine arrière à chaque fois. Aucun mouvement n'était exploité, aucun sacrifice soutenu. Pendant ce temps, un autre mouvement révolutionnaire se dessinait. Celui-ci, en revanche, était basé sur la réalité et dirigé par un Homme qui savait et connaissait les nécessités nationales et les besoins du peuple : Mussolini créait le Fascisme.

À cause de son dynamisme dans l'action, ce nouveau mouvement créait un danger vraiment grand pour les divers marxistes et consorts, et les chefs des utopistes-matérialistes nous ont lancés contre lui. Toujours au nom de leur idéal, ils restaient tranquilles soit à Montecitorio [le Parlement italien], soit dans diverses autres sinécures, et laissaient la tâche de combattre à des jeunes chauffés à blanc.

Qui ne se souvient des divers faits de l'occupation Fasciste ? Quant à moi, j'ai le souvenir d'août 1922, à Ancône. À la tête des Arditi del Popolo, à vingt-trois ans, j'étais sur les barricades. Les Honorables Députés socialistes ou communistes, les divers secrétaires des Partis Socialiste et Communiste, etc., étaient à Rome et, de là-bas, nous aidaient avec… des lettres d'encouragement.

Toujours aveuglé par l'idéal, j'ai fait l'impossible pour le triomphe de mes idées. J'ai lutté par tous les moyens. En Italie et en terre étrangère, j'ai tout donné, tout, tout. Pour l'idéal, toujours pour l'idéal. J'ai proposé, considéré, étudié, donné des idées, jugé. J'ai beaucoup mûri.

Jamais, absolument jamais, une proposition hardie n'était la bonne. Il suffisait d'attendre et... de bavarder parce que, de toute façon, « l'Histoire nous donnerait raison », (n'est-ce pas, ex-compagnon Nenni ?). Ah ! que de discours enflammés ! Que d'illusions ! Que d'études ! Que de souffrances morales et matérielles ! Le Fascisme ? Il tombera, il ne pourra pas conserver le pouvoir, il fera une fin misérable. Il est même déjà mort et enterré.

Pendant qu'on nous disait cela, le Fascisme continuait et se revigorait ; il prenait, au contraire, des formes concrètes. Avec le dynamisme qui le caractérise, il s'affirmait, s'implantait solidement et l'on constatait que… « l'Histoire lui donnait raison à Lui ».

Charte du Travail, réorganisation nationale, élévation morale de l'individu, Corporations, Nation et bien-être, esprit et matière, ordre, sentiment, vie. Alors, le Fascisme n'est donc pas cet ogre terrible dont on parlait ? J'ai fait des comparaisons, j'ai mieux étudié les différences.

J'ai trouvé que tous les divers marxismes du monde ne sont que des utopies et que, dans les partis se réclamant du marxisme, ces utopies ne sont crues réalisables en bonne foi que par une minorité, alors que la grande majorité (tous les dirigeants compris, qu'ils soient Italiens ou étrangers) n'a aucune foi dans la mise en pratique des théories. Le Parti, pour chacun d'entre eux, n'est qu'un moyen d'arriver à la gamelle sous ses diverses formes.

J'ai trouvé encore que c'est seulement et uniquement avec le Fascisme que l'on pourra avoir une Société meilleure. La Patrie au-dessus de tout et de tous ; lien étroit entre idéal et bien-être, entre ordre politique et ordre économique ; amour pour soi et pour les autres ; écrasement de l'égoïsme ; triomphe de la Nation sur l'individu.

J'ai trouvé enfin que c'est seulement et uniquement avec la Foi qu'inculque le Fascisme que l'Homme pourra être une partie du Tout. J'ai trouvé, enfin, que je ne suis plus antifasciste ».

Militantisme au Parti populaire français (PPF) En 1936, il décide de rejoindre le Parti populaire français (PPF) dont il fonde la section à Béziers avec Paul Servel (1894-1978), ancien secrétaire de la section SFIO de Béziers de 1932 à 1935. Nommé secrétaire fédéral du Biterrois et en relation étroite avec les dirigeants parisiens du PPF, Corsaletti se spécialise, selon la police, dans la lutte contre la SFIO à Béziers. Toujours selon la police, en raison de plusieurs voyages en Italie, il est « soupçonné d’avoir de sérieuses accointances avec des membres influents du parti fasciste italien ».

Collaborationniste Sous l'Occupation, il rejoint le « service de la propagande sociale du Maréchal » et écrit également dans Au travail dans lequel il plaide pour « l'unité ouvrière et le redressement du syndicalisme », le « renversement de l'attitude égoïste du patronat » et la fusion de « l'organisme de liaison ouvrière dans la communauté de la Nation ». Il s'oppose également lors d'une réunion à la suppression des syndicats en déclarant que « sans les syndicats, point d'émancipation possible du monde du travail ». En 1943, il participe aux Journées du Mont-Dore. La même année, il est décrit comme « délégué du ministère du Travail et représentant également de Philippe Henriot ».

Après guerre, il semble avoir continué son activité en tant que représentant de commerce.

Notes et références

Liens externes

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