La tour des Jacobins ou tour de l'horloge est un monument classé, datant du , dernier vestige visible du couvent des Jacobins, à Bagnères-de-Bigorre.
Localisation La tour se situe à la rue de l'horloge, à Bagnères-de-Bigorre, Dans les Hautes-Pyrénées, en France.
Historique vignette|Limites (approximatives) des terres du premier couvent des Dominicains en 1344 (ici en jaune) sur un plan récent de la ville de Bagnères (la véritable limite ouest passerait plutôt par la rue des jardins).
Le premier établissement Tout commence en 1344, lorsque des moines dominicains s'installent en dehors de la ville, vers sa partie septentrionale, sur un terrain qui à longtemps porté le nom de «Clos dés Mougnès », avec l'agrément du roi Philipe VI et l'accord du pape Clément VI. Il fut détruit 27 ans plus tard, à l’exception de l’église et d’une partie du cloître, par le comte Henri de Transtamare, qui, pour se venger des Anglais qui avait favorisés contre lui les armes de son frère Pierre le Cruel, vint ravager toute la Bigorre. L'église se situait en bordure du terrain, à droite de la rue Gambetta, à son croisement avec le boulevard Carnot (en face de l'ancien Hôtel de France), lorsqu'elle fut détruite, les moines y installèrent une métairie.
Le second couvent Un peu avant ces évènements, des moines du même ordre s'étaient installés dans la ville en 1367 dans un couvent, formant une partie des remparts, qui acquit par la suite une grande importance. Ce serait de cette époque que daterait la tour, clocher d'une église richement décorée de statues et tableaux. À l'origine, la tour ne possédait que deux étages de fenêtres couronnés par une flèche d'ardoise, consulté le 27 avril 2026. En 1533, la foudre frappe la tour, la détruisant partiellement. Puis fut à nouveau abimée par un violent tremblement de terre en 1750, de peur que la tour ne s'effondre sur les habitations, les habitants font une pétition pour la démolir, mais les moines refusent, réparent la tour, et l'entretiennent mieux et plus régulièrement suite à cet évènement.
Lors de la Révolution française Les terre qu'occupait le premier couvent sont les premières vendues en 1791 sous formes de parcelles, le terrain étant coupé par une route prenant le nom de « bié d’et claus des moungès ».
Vint ensuite le tour de l'église, son clocher et la majorité du cloître (dont l'autre partie et un jardin furent donnés à la ville en 1806 pour y construire un collège communal) d'être achetés par un certain Bonaventure Caubin. Mais l’achat du sieur Caubin ne l’enrichit pas, au contraire. En 1803, il demanda cependant à échanger la tour à la ville contre un petit terrain communal au nord-est de la ville. Il réussit pendant ce temps à vendre les ruines de l’église pour la somme de 1 845 francs à un certain Philippe Dulout Recurt le 18 novembre 1804. Quand à l’échange de la tour contre ce terrain, l’affaire prit de nombreuses années, au bout desquelles la ville refuse l’échange; mais cela nous apprend quand même que la tour était estimée par des experts à 3 000 francs en 1804. Caubin mourut peu après, mais laissa des héritiers et une de ses filles ne lâcha pas l’affaire et refit la proposition à la ville en 1822, proposition aussitôt rejetée par le conseil municipal. Mademoiselle Caubin réessaye 9 ans plus tard et ses efforts seront récompensés car non seulement la ville accepte l’échange, mais contre plusieurs petite parcelles de terres couvrant au total ~6 hectares et d’une valeur supérieure (3 012 francs) à celle du terrain initialement proposé (qui valait 607 francs)
Travaux de restauration et installation de l'horloge vignette|Dernier étage ajouté en 1838 et la cloche fondue à Tarbes entourés de la balustrade métallique. Le chevalier Montesquiou envoie une lettre au maire de Bagnères le 14 novembre 1835 dans laquelle il expose son projet d’installer une horloge sur la tour des Jacobins (comme le souhaitait Caubin). Le conseil municipal désigne rapidement une commission de trois personnes pour s’en occuper mais qui constateront l’état déplorable du monument: ils font en effet remarquer dans leur rapport (le 23 février 1836) que le toit est menacé de ruine et que l’escalier ne compte pas plus de 5 ou 6 marches, rendant l’ascension périlleuse par une série d’échelles. L’architecte propose d’enlever la toiture existante pour la remplacer par un couronnement de pierre de taille. Le conseil accepte et le montant du travail de l’architecte s’élève à 2 800 francs. Le chevalier quant à lui a donné 4 000 francs le 4 mars 1836 pour l’installation de l’horloge, 1 700 francs de cette somme serviront a passer commande d’une horloge que Montesquiou a déjà commandée à un certain Fourcade à Auch. Le chevalier va mourir quelques jours plus tard le 26 mars, ce qui ne va pas arrêter la ville. En 1837 est prise la décision de rehausser la tour d’un étage pour y mettre l’horloge. Les travaux sont confiés à J-M Lias, menuisier à Bagnères, pour la somme de 12 830 francs. Mais l’architecte se rendra compte un peu avant de commencer les travaux que les faces du Nord à l’Ouest de la tour, exposées aux intempéries, sont en si mauvais état qu’elles ne sauraient supporter le poids d’un étage supplémentaire. En janvier 1838, l’ingénieur en chef termine ses plans et son devis dont les coûts s’élèvent à 2 917,57 francs, comprenant le prix d’une balustrade métallique déjà en possession de la ville car ayant été initialement prévue pour l’église Saint-Vincent. Les travaux seront commencés en janvier 1838 et finis peu de temps après. Il était temps d’y installer l’horloge, mais la commande ayant été passée depuis déjà deux ans, l’horloger réclama des indemnités pour ce retard ; l’horloge fut installée en 1840 et cent francs furent versés à l’horloger, un peu en retard, en 1844. L’installation de l’horloge coûta 1 107 francs ainsi que le gîte et le couvert pour l’horloger. La cloche quant à elle, qui fut fondue à Tarbes, pèse 874 kg et a coûtée 3 059 francs à la ville.
La tour est finalement classée au titre des monuments historiques par arrêté du 16 février 1932.
Architecture La tour est dans le style gothique flamboyant.
Références
Voir aussi Articles connexes Liste des monuments historiques des Hautes-Pyrénées
Liens externes
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