Iron Ladies of Liberia est un film documentaire de 2007 réalisé par Daniel Junge et Siatta Scott Johnson qui offre un accès aux coulisses de la première année de mandat de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, première femme présidente d'Afrique.

Synopsis Le film débute avec le commentaire de la journaliste Siatta Scott Johnson lors de l'investiture d'Ellen Johnson Sirleaf le 16 janvier 2006. Parmi les invités de marque figuraient la Première dame des États-Unis de l'époque, Laura Bush, la secrétaire d'État Condoleezza Rice et le président sud-africain Thabo Mbeki. Ellen Johnson Sirleaf est la première femme chef d'État démocratiquement élue en Afrique.

Des scènes d'archives montrent brièvement des événements survenus au Libéria pendant les quatorze années de guerre civile. Ce sont des scènes d'exécutions publiques, d'enfants soldats et de victimes mutilées, des images qui reviennent brièvement tout au long du documentaire. Puis, on découvre le cabinet présidentiel ; Sirleaf nomme des femmes à de hautes fonctions administratives, surnommées « les Dames de fer ». Parmi elles, Beatrice Munah Sieh est nommée chef de la police nationale, Antoinette Sayeh ministre des Finances, et les ministres de la Justice et du Commerce sont également des femmes.

Johnson-Sirleaf expose la situation précaire du Libéria, pays qui a hérité d'institutions fragiles suite à la guerre civile. Le ministère des Finances, par exemple, est gangrené par la corruption et ne dispose que d'un budget dérisoire, tandis que la police manque cruellement de ressources essentielles, notamment d'armes. Face à la corruption, Johnson-Sirleaf affirme son intention d'appliquer une tolérance zéro. Des images d'archives illustrant l'héritage de la guerre civile menée par l'ancien président Charles Taylor sont diffusées. Johnson-Sirleaf déplore que les partisans de Taylor constituent une menace constante pour la stabilité du Libéria.

Siatta Scott Johnson mène une enquête sur l'opinion publique concernant les deux gouvernements et constate une profonde division au sein de la population. Dans un souci d'inclusion, Johnson-Sirleaf rencontre d'anciens chefs rebelles et d'autres figures de l'opposition lors des réunions sur l'état de la nation. Malgré ses efforts d'ouverture , Edwin Snowe, élu porte-parole de la Chambre des représentants le jour même de l'entrée en fonction de Johnson-Sirleaf, est perçu comme un critique virulent du président, cherchant sans relâche des alliés politiques pour réclamer sa destitution.

Antoinette Sayeh se rend à Washington pour s'exprimer au siège de la Banque mondiale au sujet de la dette du Libéria, qui s'élève à 3,7 milliards de dollars et est due à des créanciers tels que le FMI, la Banque mondiale et les États-Unis, ces derniers étant le plus ancien partenaire bilatéral du pays en raison de leurs liens historiques. Cette dette compromet la capacité du pays à obtenir de nouveaux financements auprès d'institutions multilatérales.

De retour au Libéria, Johnson-Sirleaf répond personnellement aux foules en colère d'ouvriers et d'anciens soldats, notamment des membres des Forces armées libériennes contraints au chômage suite à l'accord de paix, qui réclament des salaires et des pensions plus élevés. Elle s'exprime avec franchise sur les limites du gouvernement, plutôt que de se contenter des promesses politiques creuses habituelles. Vers la fin de sa première année de mandat, alors que l'afflux d'investissements chinois est clairement mis en évidence, le film présente un montage d'infrastructures construites par les Chinois. Ce nouveau partenariat est marqué par une visite officielle du président Hu Jintao.

Pendant ce temps, Condoleezza Rice, représentante les États-Unis au Forum des partenaires du Libéria de 2007, annonce l'annulation de la dette de 391 millions de dollars. Il s'agit là de la réalisation la plus importante de la première année de mandat de Johnson-Sirleaf. Le film se termine sur une note positive, avec la voix off de Johnson-Sirleaf sur des images d'elle saluant la foule lors de ses apparitions publiques, juxtaposées à des images de femmes scandant des slogans et acclamant la présidente. Avis Le film a reçu des critiques généralement positives, le site Rotten Tomatoes affichant 56 % d'avis positifs et une note de 3,5/5 sur la base de 232 critiques. Richard Propes, du Independent Critic, a estimé que Iron Ladies of Liberia” est un portrait de l'intérieur de la présidente. ce qui constitue à la fois sa force et sa plus grande faiblesse.

Angus Wolfe Murray, d'Eye for Film, propose une critique d'un point de vue différent : ce n'est pas grave si le film n'aborde pas tous les problèmes, car il montre ceux auxquels Ellen est confrontée : la corruption endémique, une armée démobilisée en grève, le chaos et le désordre dans les rues, les manipulations de l'ancienne élite politique, qui s'accroche encore au pouvoir grâce à ses richesses détournées. Le film nous apprend à apprécier non seulement le travail acharné d’Ellen Johnson-Sirleaf, mais aussi celui des nouveaux gouvernements du monde entier. ».

L’universitaire et militante Obioma Nneameka identifie un engagement féministe émergent, propre aux pays africains et manifeste dans ce film. Nneaemeka nomme cette forme spécifique de féminisme « nego-féminisme », où le préfixe « nego » signifie négociation et rejet d’une suffisance inflexible, ou « absence d’ego ». À cet égard, cet engagement féministe est profondément ancré dans l’humilité sans pour autant paraître docile. De ce fait, le nego-féminisme est fondamental dans les manœuvres politiques de Johnson-Sirleaf.

Fiche technique

Date de sortie : 7 septembre 2007 (Canada) Pays d’origine : États-Unis; Afrique du Sud Langue: Anglais Sociétés de production : Just Media; Steps International. Genre : Documentaire Durée : 1h 17min(77 min).

Prix et distinctions

Le film Iron Ladies of Liberia a été désigné meilleur long métrage réalisé par une femme lors du 15e Festival annuel du film de la diaspora africaine .

Notes et références

Liens externes

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