Jean Sauvage est un navigateur dieppois du , auteur du premier récit de voyage d'un Français en Russie.
Il navigue en suivant les côtes norvégiennes, double le cap Nord, passe dans la mer Blanche et arrive à Arkhangelsk le . À son retour, il écrit un court récit, à des fins pratiques, de ce voyage. Ce récit est utilisé par le géographe André Thevet.
Biographie Voyage Jean Sauvage est un marin dieppois, uniquement connu parce qu'il est l'auteur d'un récit de voyage. Il est probablement le capitaine du navire français qui arrive le dans le port d'Arkhangelsk dans le nord de la Russie. On ignore l'âge qu'il a alors et sa famille est inconnue. Peut-être a-t-il un lien avec Charles Sauvage, ambassadeur à Madrid en 1562 et mort en 1574 surintendant des finances.
Jean Sauvage et les voyageurs qui l'accompagnent sont les premiers Français à atteindre le port d'Arkhangelsk. Le navire y séjourne deux mois et repart en août. Des représentants d'une compagnie de marchands français poursuivent le voyage jusqu'à Moscou et y négocient un traité de commerce avec les autorités russes. Un des voyageurs écrit un premier lexique français-russe.
Ce voyage a lieu à l'instigation de l'ambassadeur de France au Danemark, Charles de Danzay, qui cherche à développer le commerce français avec la Russie en passant par la mer de Norvège et la mer Blanche, parce que le port russe de Narva, sur la mer Baltique, a été conquis par les Suédois en 1581. Cet itinéraire est déjà emprunté par les marchands anglais, à la suite de l'explorateur Richard Chancellor. Danzay négocie avec le roi de Danemark et de Norvège, , qui autorise les Français à suivre cette route, moyennant le versement d'une redevance..
Récit Jean Sauvage écrit une description de ce voyage, datée du , qui est le premier récit de voyage d'un Français en Russie. Ce texte, très court, est écrit dans un langage simple et n'a pas de qualité littéraire particulière. Jean Sauvage n'est pas un érudit et il écrit pour des raisons pratiques. Accomplissant une des missions qui lui ont été confiées, il cherche à donner des renseignements aux marins sur l'itinéraire à suivre, de la même façon que le lexique français-russe dressé par un de ses compagnons de voyage doit servir à faciliter les transactions commerciales futures.
Jean Sauvage commence son guide de navigation en indiquant . Selon lui, . Il donne des renseignements précis sur les distances, les marées, la profondeur de la mer et dessine deux croquis.
Il décrit les lieux autour du cap Nord et du port norvégien de Vardø, sur la mer de Barents, où ses compagnons et lui restent trois jours et où les autorités lui disent qu'ils sont les premiers Français à vouloir poursuivre la navigation vers la Russie. Il ne raconte pas qu'ils refusent d'abord de payer le péage demandé par les Danois et que ce n'est que parce que le commandant du château connaît Charles de Danzay qu'il les laisse finalement passer, moyennant une amende, ce que Danzay explique dans une lettre ultérieure. À Vardø, Jean Sauvage a le temps d'observer le soleil de minuit, les poissons mis à sécher et les saunas. Il se fait raconter les hivers, quand .
Au-delà de Vardø, le voyage est retracé en suivant le littoral, la baie de Kola puis le cap Sviatoï Nos et l'entrée dans la mer Blanche. Le bateau arrive en vue de la tour Saint-Nicolas, construite sur une île dans l'estuaire de la , la Dvina septentrionale, puis remonte ce fleuve jusqu'à Arkhangelsk, que Jean Sauvage appelle . L'arrivée dans cette ville est ainsi racontée :
Jean Sauvage dépeint ensuite l'activité commerciale dans ce port et se fait expliquer le transport des marchandises vers l'intérieur du pays, qui remonte le fleuve jusqu'à Kholmogory puis Vologda, où les marchandises sont chargées sur des chariots en direction de Moscou. Pour terminer, il précise qu'il faut que les bateaux qui , sans évoquer les modalités de son retour en France. On ne sait rien d'autre sur Jean Sauvage.
Postérité du récit Du manuscrit à l'édition Deux manuscrits du récit de Jean Sauvage, des copies, sont conservés à la Bibliothèque nationale de France. L'un des deux, intégré dans la collection Dupuy, s'intitule : La routte et saison qu’il faut prendre pour faire le voyage de St Nicolas pays de Moscovie par le Nord. À la fin, il est précisé : . Le cosmographe André Thevet, dans sa Description de plusieurs îles, s'inspire très fortement de ce récit, en le plagiant...
Le même manuscrit de la collection Dupuy comprend, à la suite du récit de Jean Sauvage, un Dictionnaire moscovite de , qu'André Thevet reprend dans son livre Le grand Insulaire et pilotage. Ce dictionnaire, le premier dictionnaire français-russe, suppose une enquête sur place, permise par le voyage de Jean Sauvage.
Le texte de Jean Sauvage reste manuscrit jusqu'au . Des copies différentes sont alors publiées successivement par les bibliothécaires Louis Paris et Louis Lacour, sans grand écho, mais ce récit est célébré comme un événement précurseur quand est conclue l'alliance franco-russe à la fin du . Il est édité par Michel Mervaud en 1991 puis par Bruno Vianey en 2012...
Selon Jean Malaurie, ..
Liste des éditions . . . . .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes Charles de Danzay
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