Henri-Évrard, marquis de Dreux-Brézé, né le à Paris et mort le dans la même ville, est grand maître des cérémonies de France à la fin de l'Ancien Régime et sous la Restauration.

Biographie thumb|350px|Séance royale du 23 juin 1789, d'après Jules Dalou. Il est l'unique fils de Joachim de Dreux-Brézé et de Louise de Courtarvel de Pézé et le petit-fils de Thomas de Dreux-Brézé. Né en 1762, il est élevé à la campagne avant d'entrer à 14 ans dans la compagnie des cadets gentilshommes de l'École militaire. Sa carrière militaire tourne rapidement court.

En 1781, à la mort de son père, il reprend ses charges de grand maître des cérémonies de France. Il n'occupe pas effectivement sa charge avant 1787, date à laquelle il prépare l'Assemblée des notables convoquée sur ordre du roi par le ministre Charles-Alexandre de Calonne. En 1788, c'est la préparation des futurs états généraux de Versailles en 1789.

Après l'ouverture des États, il devient très vite l'objet de l'hostilité des députés du tiers état qui lui reprochent des humiliations volontaires, sur demande de la Cour. L'affrontement culmine lors de la séance royale du 23 juin 1789, quand Louis XVI décide de disperser l'Assemblée. Devant le refus des députés du Tiers et de quelques députés du clergé, Henri-Évrard de Dreux-Brézé vient rappeler l'ordre du roi à Bailly, doyen du tiers état.

Le comte de Mirabeau s'avance alors et aurait dit : La formulation exacte de cette apostrophe est très contestée. Ainsi, Le Moniteur, dans son compte rendu de la séance publié le , rapporte une version beaucoup plus longue, qui correspond globalement à celle rapportée par Mirabeau lui-même dans une lettre à ses commettantsOn se rapportera à l'article sur Mirabeau qui contient les deux versions. Il en existe d'autres mais qui ont l'inconvénient d'être beaucoup plus éloignées de l'évènement. :

Selon les recherches d'Emmanuel de Waresquiel, Dreux-Brézé, excédé de cette résistance, aurait répondu à Mirabeau : « Merde ! »Voir la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=4-LzSZbN0rY..

Le , il assiste à l'émeute des Parisiens qui force la famille royale à quitter Versailles pour Paris et à s'installer au palais des Tuileries.

En , peu après l'arrestation de Louis XVI à Varennes-en-Argonne, Henri-Évrard de Dreux-Brézé est arrêté puis relâché. Il reprend son service à la Cour des Tuileries et défend en vain la famille royale lors de l'émeute du . La famille royale emprisonnée, il retourne sur ses terres.

Il épouse Adélaïde Philippine de Custine, fille du général Adam Philippe de Custine avec qui il a une fille et trois fils : Clémentine (1791-1878), épouse le marquis Hector-Joseph de Monteynard (1770-1845) Scipion (1793-1845) ; Emmanuel (1797-1848) ; Pierre Simon (1811-1893).

En 1793, il émigre prudemment en Suisse, d'où il ne rentrera qu'en 1800.

En 1814, il accueille Louis XVIII à Calais, reprend ses fonctions de grand maître des cérémonies et est nommé pair de France. Il conserve sa charge pendant la Restauration, et ce jusqu'à sa mort en 1829.

Représentations vignette|centre|Mirabeau et Dreux-Brézéesquisse de Delacroix, 1830musée Eugène-Delacroix à Paris

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Maison de Dreux-Brézé Liste des marquis de Dreux-Brézé

Liens externes

Les archives des grands officiers (dont le grand maître des cérémonies) de la Maison du Roi, sous Louis XVIII et Charles X, sont conservées aux Archives nationales (France).

Bibliographie Michel de Dreux-Brézé, Les Dreux-Brézé, Paris, éditions Christian, coll. « Histoires familiales », 1994.

Catégorie:Naissance en mai 1762 Catégorie:Naissance à Paris Catégorie:Émigré sous la Révolution française Catégorie:Marquis français du XVIIIe siècle Henri-Évrard Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Marquis français du XIXe siècle Catégorie:Grand maître des cérémonies de France Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Décès en janvier 1829 Catégorie:Décès dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 66 ans