Giorgio Tamajo (Naples, 7 janvier 1817 - Syracuse, 15 octobre 1897), est un homme politique et militaire italien.

Militant antibourbon puis garibaldien, il est officier, puis parlementaire et préfet tout en devenant un haut dignitaire du Grand Orient d'Italie.

Biographie Anti Bourbons Né à Naples de parents siciliens, le jeune avocat Giorgio Tamajo Grassetti est partisan de Nicola Fabrizi et fréquente le cercle antibourbonnien palermitain Circolo Popolare de Gaspare Cipri et Francesco Milo Guggino.

Il s'engage dans les émeutes de 1848. Membre du Comité de salut public du Vallo di Messina à partir du 21 février, il est nommé capitaine de ligne pour la défense de Messine le 31 mars puis reçoit, le 26 avril, la médaille d'or pour sa bravoure civile et militaire. Il est alors promu capitaine d'état-major du général Ignazio Ribotti, puis, en décembre, du général Antonini.

Exil à Malte Il est l'un des fondateurs de la loge maçonnique palermitaine « I Rigeneratori del 12 Gennaio », dont le nom évoque la date du soulèvement de 1848 qui échoue au printemps 1849 avec le retour des Bourbons en Sicile. Il est donc contraint à s'exiler à Malte sans suspendre ses activités en faveur de l'unité italienne et où, avec l'archiprêtre calabrais Domenico Angherà, il recrée la loge dissoute.

Il devient à Malte un ami proche et fidèle collaborateur de Francesco Crispi dont il partage l'exil et les aspirations politiques. Tamajo assiste en décembre 1854, à La Valette, au mariage contesté de Crispi avec Rosalia Montmasson et ne conteste pas 24 ans plus tard son ami accusé de bigamie dans sa version d'une fausse union.

Durant son exil maltais d'une dizaine d'années, Tamajo developpe son réseau auprès des nombreux patriotes présents sur l'île.

Ayant chassé les Bourbons de Sicile, Garibaldi lui confie une mission à Malte, et lui octroie le grade de lieutenant-colonel, puis le nomme secrétaire d'État à la Sécurité publique. En octobre 1860, il devient colonel inspecteur général des institutions d'enseignement militaire de Sicile, puis, d’avril 1862 à janvier 1872, est colonel d'infanterie dans l'armée royale.

Député et franc maçon Candidat en Sicile à la députation nationale, il échoue successivement face à Giuseppe Cognata en 1861 dans le collège d'Aragona, contre Luigi Castellani Fantoni en 1862 pour le collège de Francavilla di Sicilia, face à Rocco Camerata-Scovazzo en mars 1863 à Serradifalco et contre Salvatore Majorana Calatabiano en mai 1863 à Castroreale.

En octobre 1863, lors de l’élection partielle à Messine à la suite de la mort de Giuseppe La Farina, il se présente victorieusement à la députation avec le soutien de Garibaldi et des francs-maçons de la loge Nazaret.

Il devient un membre de premier rang de la gauche historique de Crispi en tant que député de la 2e circonscription de Messine sans interruption de 1863 à mars 1879, date à laquelle il est nommé sénateur. Lors des élections de 1874, il est réélu avec 406 voix contre seulement 2 pour son adversaire, Luigi Luzzatti, futur ministre des gouvernements Di Rudinì, Giolitti et Sonnino, puis Premier ministre en 1910.

Il participe en particulier aux débats sur les navires blindés, le réseau routier de Sicile, le port de Messine, la sécurité publique en Sicile et l'organisation de la marine. Il est membre de la commission d'enquête parlementaire sur la situation dans la province de Palerme après les émeutes de 1866, lors de laquelle il interroge vigoureusement le député Saverio Friscia sur le rôle des Mazziniens durant cet événement.

Préfet

Il est nommé préfet d'Agrigente le 20 février 1880, en remplacement d’Alfonso Gentili. Il missionne le savant romagnol Vittorio Savorini pour enquêter sur les conditions de travail des mineurs de soufre et des ouvriers agricoles, alors que les mines connaissent un inquiétant taux de mortalité et une exploitation des jeunes « carusi ». Il y accueille le couple royal le 12 janvier 1881, pour l'inauguration du théâtre municipal.

Il est muté à Arezzo en septembre 1881, à Reggio de Calabre en août 1882 (où il redige un rapport en 1884, considéré comme l'un des premiers documents sur la naissance du crime organisé et de la 'Ndrangheta), à Syracuse en mai 1887 et à Sienne en novembre 1888, y restant jusqu'en 1890.

Promu préfet de première classe en 1893 et mis en congé en août 1896, il se retire à Syracuse, où il meurt.

Décorations Médaille d'or de la valeur militaire Commandeur ( 25 janvier 1872), puis Grand Officier (juin 1887) de l'Ordre de la Couronne d'Italie. Chevalier puis Commandeur (5 juin 1877) de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare.

Notes et références

Liens externes

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