Palamède de Forbin (Marseille, 1433–Aix-en-Provence, ), surnommé le Grand, est un gentilhomme provençal qui est grand-sénéchal, gouverneur et lieutenant-général de Provence, ainsi que gouverneur de Dauphiné. Il est seigneur de Solliès ., du Luc, de Peyruis, de Porquerolles, de Puimichel, de Pierrefeu, baron des Croilas Cruilles, Croyles, Croillas. Cruellas, Crevelas en Aragon, vicomte de Martigues.

Biographie Famille Il est membre de la famille de Forbin. Son père Jean de Forbin, armateur né en 1387 à Marseille, consul de la ville en 1425, 1431, 1443, épouse en premières noces Marguerite Davin et en secondes noces () Isoarde de Marini. Il meurt le , ayant eu de sa seconde épouse : Jacques, marié en 1452 avec Marthe Teinturier dont est issue la branche des Forbin Gardanne, Palamède, Pierre, marié le avec Marie de Simiane, Marguerite, mariée le avec Guirand de Simiane, Jean II, seigneur de La Barben et d'Autan dont est issue la branche des Forbin la Barben éteinte avec le marquis Antoine de Forbin (1903-1986). Il épouse le Marthe Delli Pazzi. Douce, mariée avec Onuphre (alias Noffre) de Brignolles, seigneur de Gaubert (Alpes de Haute-Provence), marchand, natif de Hyères; postérité : Honnorat marié à Marguerite de Glandevès, Jean, marié à Marguerite de Castellane, René, chevalier de Rhodes, etc. Catherine, mariée le , 1 °Jean Pierre de Guiramand + avant 1462, seigneur de la Pene, Lagremuse, etc. docteur en droit, d'Aix en Provence (fils de Raimbaud Guiramand, jurisconsulte, marchand drapier (1460) d'origine barcelonaise. En 2° le à Avignon Louis de Merle, seigneur de Beauchamp fils de Dragonet Merle et de Marthe de la Salle.

Carrière auprès de la maison d'Anjou thumb|right|upright=1.5|René d'Anjou chez Palamède de Forbin par Pierre-Henri Révoil Vers 1450, Palamède de Forbin étudie le droit canon et le droit civil à Turin et obtient le titre de docteur. Il rentre en 1454 à Marseille et devient conseiller juridique de ses frères qui avaient repris le commerce de leur père et étaient devenu d’importants armateurs. Le p.276 ; selon Anselme, tome VIII, p.33, le 28 janvier 1454. Cependant, il semble que la date le 28 janvier 1455 soit plus probable, en raison d'avant Pâques., il se marie à Aubagne avec Jeanne, fille de Charles Castillon de Beynes, baron d’Aubagne, conseiller du roi René, et de Madeleine de Quiqueranp.276 ; Anselme, tome VIII, p.33. Le roi René le nomme conseiller attaché au service de la personne de son fils et héritier, Jean de Calabre, gouverneur de Gênes ().

En 1459, Forbin est dépêché à Venise avec pour mission d’attiser l’opposition de la Sérénissime au duc de Milan qui pourrait s’opposer à la reconquête de Naples. La mission échoue, Venise déclarant vouloir garder une stricte neutralité. L'année suivante débute l’expédition contre Ferdinand de Naples commandée par Jean de Calabre. La trahison du général Piccinino après la défaite de Troia () met fin à toute espérance. Forbin est fait prisonnier au siège de L'Aquila. Il est retenu comme otage jusqu’en 1466.

À son retour, il est nommé vicaire du duc de Calabre puis, le , comme second président de la cour des Maîtres rationaux en remerciements de ses services. Le , il est nommé visiteur des gabelles à sel du Rhône aux gages annuels de 400 livres. La même année, les Catalans révoltés contre leur nouveau roi Jean II d'Aragon demandent de l’aide à René d'Anjou. Palamède de Forbin accompagne jusqu’à Barcelone l’armée de hommes commandée par Jean de Calabre et reçoit la baronnie des Croilas en Aragon.

En 1468, il achète la seigneurie de Solliers (actuellement Solliès dans le Var) pour florins à Pierre de Beauveau et est anobli. Le , il vient à Aix prêter serment comme « Grand Président », avec 600 florins de gages annuels. Le , Jean de Calabre meurt à Barcelone. En 1474, Forbin achète la seigneurie de l’île de Porquerolles pour florins. En 1476, Louis XI le nomme conseiller et chambellan avec une pension de livres, vraisemblablement après les conférences tenues à Lyon.

Au service de Louis XI de France thumb|right|upright=1.8|La France en 1477. Palamède de Forbin engageait désormais les services auprès de Louis XI, mais principalement en restant en Provence. Car, la succession de la Provence était toujours menacée. D'une part, en , Jean II d'Aragon proposa confidentiellement à René I de racheter la Provencep.84 ; « Le roi d'Aragon craignait fort de voir les Français s'établir en Provence, tout près de l'Italie, et pensait que René avait aussi cédéses droits sur le royaume de Naples ». D'autre part, René de Lorraine tenta d'établir son droit en Provence, notamment en y séjournant en . Louis XI dut y envoyer Charles V d'Anjou, puis Palamède de Forbinp.84. René II de Lorraine, réputé par sa victoire contre Charles le Téméraire, partit en 1480 au secours de Venise, de sorte que la république admette son droit en Provence.. Toutefois, aussitôt roi René I mort le , Charles V d'Anjou lui succéda en tant que dernier comte.

À la suite de la menace des Turcs qui avaient mis le siège devant Rhodes et pillé Otrante, en envoyant le légat Giuliano della Rovere le , le pape Sixte IV lança un appel en faveur d’une nouvelle croisade, ce qui rend nécessaire la réconciliation des princes chrétiens. Louis XI nomma Forbin plénipotentiaire chargé de trouver la paix avec l’empereur Maximilien d’Autrichep.761. Il négocia avec Jacques de Savoie, ancien lieutenant général de Bourgogne, deux à deux, selon l'intention de Louis XI. En effet, sa mission était si dangereuse que l'ambassadeur du roi pourrait être enlevé par Maximilienp.761 ; le 25 octobre 1480, Louis XI avait en diligence dû écrire au légat della Rovere, en sachant l'hostilité venait de Maximilien.. Ces négociations aboutiront pourtant en 1482 au traité d'Arras, la France conservant le duché de Bourgogne et la Picardie.

Touché par cette difficulté de la succession au Flamand, Louis XI chargea pareillement, le , d'étudier la légitimité de la succession féminine, à Palamède de Forbin et à Imbert de Bartanay : En raison de cette mission périlleuse, Louis XI cherchait ceux qu'il lui octroierait :

vignette|Pierre Révoil, Louis XI recevant l'acte de donation de la Provence à la France des mains de Palamède de Forbin, 1840 (Aix-en-Provence, musée Granet Charles V d'Anjou mourut le 1481. Faute d'héritier masculin, la Provence revint définitivement au royaume de France. Par lettres patentes royales, le p.276 ; Archives nationales, K72, n°62-2, en récompense de ses services, Louis XI nomma Palamède de Forbin grand-sénéchal, gouverneur et lieutenant-général de Provence et de Forcalquier, et lui donna la vicomté de Martigues, confisquée à François de Luxembourg qui avait essayé de rattacher la Provence au duché de Lorraine. De plus, par autres lettres du même jour, il fut nommé gouverneur de Dauphiné en remplaçant le seigneur du Ludep.276 ; Archives départementales de l'Isère, cote B2904, fol.401 v° et B3238, fol.5 v°, décédé le p.333 note n°1. Dorénavant, il gouvernait ces deux vastes régions équivalentes du duché de Bretagne. Dès ses premiers actes, Palamède de Forbain ne signe plus comme délégué mais avec son sceau : « Palamedes locum tenens ».

Le , il établit le statut de l'union de la Provence au royaume de France devant les États qui sont réunis à Aix1482. Puis il entreprend le tour de la Provence et confirme partout les privilèges en répandant ses faveurs : gratifications, pensions, places, immunité fiscale, mais il gratifie surtout sa famille et ses proches. Lorsque Louis XI exécuta son testament politique le , il était l'un des serviteurs du roi qui signèrent au château d'Amboise..

Toutefois, les plaintes affluent à la Cour. Louis XI décède le et Charles VIII lui succède. Le , le nouveau roi prend la décision de destituer Palamède de Forbin1483, étant l'un des proches de feu Louis XI qui avaient fait les frais de l'avènementp.904, à la suite de la mort de Louis XI. Fin 1488, Forbin est nommé commissaire chargé de réformer la justice en Languedoc.

Vers 1498, il abandonne la vie publique mais verra sa famille prospérer et s’allier avec les plus grands noms de Provence. Le , dans sa maison d’Aix, est célébré le mariage de sa petite-fille, Marguerite de Glandevès-Faucon avec Jean le Bâtard d'Anjou, marquis de Pont-à-Mousson, seigneur de Saint-Rémy et de Saint-Cannat, fils du roi René.

Après avoir testé le et le p.276, mais enfin Palamède de Forbin meurt le à Aix-en-Provence. Aucune épitaphe n'est déposée sur son tombeau en l’église des Observantins.

Rôle dans l'annexion de la Provence thumb|right|upright=0.65|Béatrice de Provence. Dans l'histoire de la Provence, le personnage de Palamède de Forbin était des plus importants car, en tant que conseiller et chambellan de la maison d'Anjou, il persuada de léguer son comté à Louis XI276785.

Le roi de France et cette maison subissaient un gros conflit, après que René I d'Anjou avait rédigé son dernier testament excluant Louis XI, l'un de ses neveux, le 12 ou Selon Jean Favier, il s'agit du 12 juillet alors que Jacques Heers (Louis XI, 82) et Joseph Vaesen adoptent le 22.1474. En effet, ni le roi René ni Charles V d'Anjou n'avaient d'héritier mâle direct. À la suite d'un arrêt de procès au parlement de Paris le , des conférences entre deux furent tenues à Lyon du au 83. Selon leur conclusion, la Provence devait retourner à la couronne, après la mort de Charles.

À vrai dire, Palamède de Forbin avait trouvé une clause dans l'acte de mariage de Béatrice de Provence, héritière de Provence et de Forcalquier, et de Charles I de Sicile, frère de Saint LouisJules Michelet, Histoire de France, tome VI Louis XI, 339, Éditions des Équateurs, 1844/20081246. D'après cette clause, il fallait que la Provence revienne à la couronne de France en cas d'absence de postérité mâle : la loi salique disposait en effet que les apanages constitués par les rois de France se terminaient en cas d'absence d'héritier mâle direct. Ainsi, Louis XI avait déjà récupéré la Normandie en 1469 et la Guyenne en 1472. En 1481, Charles, le dernier comte de Provence et de Forcalquier, mourut.

Pour le royaume de France, la récupération des duchés de la maison d'Anjou paracheva tous les contrôles de la frontière méditerranéenne ainsi que celle de Bretagnep.785.

Enfants Louis, seigneur du Luc, épouse le à Solliès Marguerite Grimaldi de Beuil. Foulques. Nicolas. Baptistine épouse Raymond de Glandevès, seigneur de Faucon, grand-sénéchal de Provence. Elle avait donné naissance à Marguerite, par cette union, qui épousa Jean d'Anjou, marquis du PontJoseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VIII, p.119-120, note n°2, Société l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1903 ; d'après Maynier, Histoire de la principale noblesse de Provence, 1 partie, p.159, Aix-en-Provence 1719. Honorade épouse le Boniface de Castellane, seigneur de Saint-Julien, de Régusse et d'Esparron. Marguerite épouse Nicolas de Villeneuve, baron de Vence, seigneur de Gréolières-Hautes, du Puget-Treize-Dames, de Courmes, de Saint-Jeannet et de La Gaude puis, en 1504, Jean I Grimaldi, seigneur de Levens et de Tourrette.

Bibliographie Pierre Le Roy : Palamède de Forbin, seigneur de Solliès, gentilhomme, Homme d'État provençal- France Europe Éditions, 2003. Alexandre Mahue, Regards du Passé. Les 250 portraits de la famille de Forbin, Cardère Editions, 2019, 336 pages.

Article connexe Hôtel Palamède de Forbin, hôtel particulier d'Aix-en-Provence construite pour Palamède de Forbin.

Liens externes

Notes et références

Jeseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VIII, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris, 1903.

Jacques Heers, Louis XI, Perrin, Paris, 2003.

Association Généalogique des Bouches-du-Rhône (siège social : Archives municipales de Marseille), Chronologie sommaire de l'histoire de Provence

Jean Favier, Louis XI, Fayard, Paris, 2001.

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