Dieter Henrich, né le 5 janvier 1927 à Marbourg et mort le 17 décembre 2022 à Munich, est un philosophe allemand. Penseur contemporain de la tradition de l'idéalisme allemand, de la fin du , il est considéré comme , dont .
Biographie Dieter Henrich nait à Marbourg le 5 janvier 1927.., de Hans Harry Henrich, géomètre, et de son épouse Frieda née Blum. Ses trois frères et sœurs étant décédés en bas âge, il grandit comme enfant unique ; son père meurt alors qu'il n'est âgé que de onze ans. Il obtient son baccalauréat (Abitur) au lycée humaniste Philippinum de Marbourg en 1946.
Entre 1946 et 1950, il part étudier la philosophie, l'histoire et la sociologie à Marbourg, Francfort et Heidelberg. Il soutient sa thèse de doctorat à Heidelberg en 1950 sous la direction de Hans-Georg Gadamer. Sa thèse s'intitule « L'unité de l'épistémologie de Max Weber ». Il obtient son habilitation en 1956, intitulée « Selbstbewusstsein und Sittlichkeit » (Conscience de soi et vie éthique). Dieter Henrich devient professeur à l'Université Humboldt de Berlin, dans laquelle il exerce de 1960 à 1965, puis à l'Université de Heidelberg de 1965 à 1981 et enfin à l'Université Louis-et-Maximilien de Munich de 1981 à 1994, où il forme des générations de philosophes aux critères d'interprétation des textes classiques. Il est également professeur invité dans des universités aux États-Unis, telles que Harvard et Columbia..
Dieter Henrich meurt le 17 décembre 2022 à l'âge de 95 ans...
Œuvre philosophique En 1966, Dieter Henrich introduit l'expression () pour décrire l'idée de Johann Gottlieb Fichte selon laquelle le Moi possède nécessairement une connaissance préalable de lui-même, indépendante de l'acte d'introspection . L'essai de Henrich, (1966), est aujourd'hui considéré comme le texte fondateur de l'École de philosophie de la subjectivité de Heidelberg (). Il note que Fichte concevait le sujet transcendantal comme une subjectivité primordiale et identifie son activité comme antérieure à l'introspection. Il introduit également l'expression erreur kantienne pour décrire la tentative d'Emmanuel Kant de fonder le Soi sur la pure introspection, en postulant que le moment de l'introspection est la source originelle de la conscience de soi (voir aussi conscience de soi pré-réflexive ). Sa réflexion est axée sur le mystère de la conscience de soi. Il souligne que la preuve de la conscience de soi n'est pas vraiment évidente, mais plutôt obscure, peut-être la manifestation d'une raison cachée dans la clarté de la conscience de soi et échappant à la pensée (.
Le cours magistral de Henrich sur l'idéalisme allemand, donné en 1973, fait découvrir au public américain les courants contemporains de la philosophie allemande. Ses conférences ont depuis été publiées sous le titre (2003), illustrant la continuité entre l'idéalisme allemand et les conceptions philosophiques contemporaines. Henrich a introduit l'idée que les pensées du « je » (ce qu'il appelait également « le rapport épistémique à soi » []) impliquent une croyance en l'existence d'un monde d'objets.
De plus, contrairement à l'interprétation reçue de l'idéalisme post-kantien au travers de l'ouvrage classique de Richard Kroner () , Dieter Henrich introduit l'idée de : au lieu d'appréhender les débats philosophiques comme un ensemble de réflexions orientées qui trouvent leur aboutissement dans la philosophie de Hegel, D. Henrich considère que l'émergence de la philosophie critique de Kant, puis les différentes orientations des philosophies post-critiques et idéalistes (avec les travaux de Reinhold, Maimon, Fichte, etc.) constituent ce qu'il appelle des . Cette réflexion permet de prendre en charge l'évolution de l'écriture des trois critiques de Kant au sein des débats fournis que suscite la publication des travaux de Kant, ainsi que la compréhension approfondie des conditions de la réception de l'œuvre du philosophe de Königsberg..
Prix
1995 : Prix Friedrich-Hölderlin, Université de Tübingen 1999 : Doctorat honorifique en théologie de l'Université de Münster 2003 : Prix Hegel de la ville de Stuttgart 2002 : Doctorat honoris causa en théologie de l'Université de Marbourg 2004 : Prix international Kant, ZEIT-Stiftung 2005 : Doctorat honorifique en philosophie de l'Université d'Iéna 2006 : Deutscher Sprachpreis 2006 : Ordre bavarois Maximilien pour la science et l'art 2008 : Prix Dr. Leopold-Lucas, Université de Tübingen 2008 : Prix Kuno-Fischer, Université de Heidelberg
Œuvres choisies
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie , Die Struktur der Subjektivität. Eine Auseinandersetzung mit Dieter Henrich (= Klostermann Rote Reihe, Bd. 158), Klostermann, Frankfurt/M., 2024, .
Martin Mulsow, « Qu'est-ce qu'une constellation philosophique ? Propositions pour une analyse des réseaux intellectuels », Annales. Histoire, Sciences sociales, 64e année(1), .
Articles connexes Idéalisme allemand Subjectivité
Liens externes
Dieter Henrich à l'université LMU de Munich
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