Diego De Mauri est un auteur d'art brut suisse, né en 1963 à Lausanne.
Biographie
Diego De Mauri naît en 1963 à Lausanne. Dix-sept jours après sa naissance, il est victime d’un arrêt cardiaque dont il garde des séquelles durables. Jusqu’à l’âge de quatre ans, il ne parle pas, bien qu’il se montre attentif et curieux. Après une année à l'école enfantine, ses parents choisissent de l'inscrire dans un établissement spécialisé, où il passe onze ans. Ce cadre éducatif lui permet d'apprendre à lire et à écrire tout en favorisant son épanouissement.
À dix-huit ans, il quitte le foyer familial pour s’installer en semaine pendant trois ans en Valais et intégrer un programme de formation professionnelle en gypserie. C'est durant cette période qu'il commence à dessiner le soir, cherchant à échapper à un environnement douloureux. Une période difficile durant laquelle papier et stylos apparaissent alors comme un indispensable baume apaisant. «Je n’en savais rien..., j’ignorais qu’il s’était mis au dessin!», explique sa maman.
A son retour à Lausanne il travaille dans une entreprise de peinture. Les moqueries et la méchanceté de ses collègues l’empêchent de s’intégrer; on l’oblige à faire les travaux les plus difficiles. Ses parents décident alors de l’intégrer dans un atelier protégé où il fait du cartonnage.
Un séjour en camp de vacances avec Insieme à la montagne marque un tournant dans sa vie, où il découvre les chalets alpins j’aimais plusieurs stations, mais je revenais toujours sur Leysin, qui deviendront le sujet central de son œuvre et remplaceront les serpents et indiens.
Oeuvre Autodidacte, Diego De Mauri développe une méthode de travail rigoureuse en plusieurs étapes. À l’aide d’une règle, il trace d’abord une esquisse minutieuse à la mine de plomb, qu'il repasse ensuite au feutre noir avant de remplir les rectangles et petits carrés de couleurs vives, qui donnent aux compositions l’allure de vitraux. Il commence toujours par le bas de la feuille, progressant vers le haut, tout en accordant une attention particulière aux bords pour préserver le papier. Le choix des couleurs, en particulier celui du toit, est soigneusement réfléchi pour créer un contraste avec la façade. L'achèvement d'un dessin peut prendre plusieurs mois. Des dizaines de dessins du même format sont empilés sur sa table de travail. Certains sont terminés, d’autres en attente. Certains, victimes d’une rature, attendront parfois des années avant que Diego les retouche en collant un carré de papier vierge sur la maculature et en corrige la tache.
Ses œuvres représentent principalement des architectures : chalets d’alpage, immeubles, piscines, magasins ou chantiers. Les façades sont recouvertes de motifs géométriques répétés et parfaitement alignés, formant des modules de plus en plus complexes au fil des années. Chaque œuvre est unique tout en proposant des variations autour de structures antérieures. L’effet final évoque des vitraux rétroéclairés, tant la densité chromatique et la précision des tracés produisent une impression lumineuse.
Autour de ses bâtiments, tout un univers bien ordonné mais pas figé pour autant où s'anime un monde de chantier: grues élancées, crochets suspendus à de longs câbles,, rails et ascenseurs. Bien que son travail s'inspire de l'architecture traditionnelle alpine, il met également en scène un monde en constante transformation. Diego De Mauri explique: «C’est l’architecture qui m’inspire le plus, et les machines de chantier», les tours du World Trade Center qu’il a vues avec son père l’ont aussi inspiré. Lorsqu'il rencontre des difficultés, il alterne entre plusieurs dessins à différents stades d’avancement. Quand on lui demande si le résultat correspond systématiquement à ce qu’il a en tête, il répond « J’ai toujours plusieurs dessins en cours. Quand ça ne va pas avec un, je me concentre sur un autre. Ils sont à différentes étapes. Et puis, si ça ne va vraiment pas, je passe à autre chose.». Diego peut passer des heures à observer les chantiers de la ville, que ce soit en rentrant de son travail ou pendant ses vacances. « Enfant, j’allais voir tout le temps les chantiers, j’aimais les grues, les camions les échafaudages, aujourd’hui j’aime les dessiner, je suis dessinateur d’architecture ».
En plus de sa pratique artistique, Diego De Mauri travaille toujours aux ateliers de cartonnage de la Fondation Polyval, institution dédiée à l’intégration professionnelle. Ancien champion européen de natation aux Special Olympics, il pratique également la danse country au sein de l'école Happy Boots et nourrit une passion pour les westerns, les chapeaux de cowboy, le bolo et les ceintures à large boucle. Il entretient aussi une passion pour les serpents dont il possède des dizaines de répliques en plastique et qu’il dessinait également avant ses architectures, de manière kaléidoscopique.
En 2015, il fait don à la la Collection de l’Art Brut d'un ensemble de 27 dessins même s’il a été difficile pour lui de s’en séparer. Ses œuvres sont présentées notamment lors de l’exposition «Architecture» la même année à Lausanne, puis à l’Outsider Art Fair à Paris. Ses œuvres ont été montrées à la galerie du marché à Lausanne, en Suède, à Shanghai, au Grand Palais à Paris et au Festival du dessin à Arles
À travers ses architectures rigoureuses construites et inlassablement réinventées, Diego De Mauri pousse l’ordre jusqu’à l’excès et développe une œuvre cohérente et singulière, où rigueur, répétition et couleur traduisent un imaginaire à la fois ordonné et visionnaire. Diego De Mauri, Pascal Vonlanthen et Clemens Wild créent à leur tour des œuvres d’une extrême cohérence qui reflètent leurs mythologies individuelles.
Expositions collectives
2026 - Festival du dessin, Arles 2026 - «L'art brut en Suisse. Des origines de la collection à aujourd’hui », collection de l’art brut, Lausanne 2025 - «A walk on the wild side. Artworks from the Collection de l'Art Brut and elsewhere». Power Station of Art, Shanghai (Chine) 2025 - «Art Brut. Dans l'intimité d'une collection. Donation Decharme au Centre Pompidou». Grand Palais, Paris 2024 - «L'Art Brut. Art as primal force ». Millesgarden Museum, Lindingo (Suède) 2019 - «Pattes de mouches », galerie du Marché, Lausanne 2019 - «Art in obscurity», Aargauer Kunsthaus, Aarau 2019 - «Outsider Art Fair», Paris, Galerie du Marché 2018 - «Art Brut Swiss Made», Museo comunale d'arte moderna, Ascona 2018 - «Art Brut Swiss Made», Collection de l'Art Brut, Lausanne 2018 - «Acquisitions 2012-2018». Collection de l'Art Brut, Lausanne 2018 - «Outsider Art Fair», Paris, Galerie du Marché 2016 - Forum de l'architecture, Lausanne 2015 - « Architectures ». Collection de l'Art Brut, Lausanne.
Exposition personnelle
2025 - 2026. "Diego De Mauri. En chantier". Passage des 8, Vevey
Bibliographie
« Architectures », Lausanne/ Milan, Collection de l’Art Brut/ 5 Continents Editions, 2015, « Art Brut, la collection », sous la direction de Sarah Lombardi, 20.5 x 25.5 cm, 168 pages, 142 illustrations en couleur, disponible en français et en anglais
"Architectures d’Art Brut" (livre pour enfants), Paris, Editions Thierry Magnier, 2015,16 x 21 cm, 32 pages. « Swiss Made, l’Art Brut en Suisse », sous la direction de Sarah Lombardi, Collection de l’Art Brut (Lausanne), 2018, disponible en Français, allemand, anglais et italien.
« Art Brut en Suisse. Des origines de la collection à aujourd'hui », sous la direction de Sarah Lombardi, textes de Metin Arditi, Astrid Berglund, Gregoire Junod, Sarah Lombardi, Lucienne Peiry, Eleanor Philippoz, Andreas Steck, Michel Thévoz, Lausanne/Milan, Collection de l’Art Brut/5Continents Editions, 2026, 346 pages, édition française
Publication
« En Chantier, Diego De Mauri », Ultraeditions, Vevey, 2025
Filmographie
« Diego, des lignes, des couleurs », de Francis Mobio, 2015, avec le soutien de la collection de l’art brut, Lausanne
Références
Catégorie:Art brut Catégorie:Artiste suisse Catégorie:Naissance en 1963 Catégorie:Naissance à Lausanne Catégorie:Peintre d'art brut