Ana Sirgo Suárez, connue sous le nom d'Anita Sirgo, (Lada, - Langreo, ) est une militante communiste espagnole. Elle joue un rôle très actif pendant la Grande grève de 1962, en collaborant fortement à son succès. Elle est considérée comme un emblème de la lutte ouvrière et antifasciste.

Biographie

Premières années Ana Sirgo Suárez naît le 20 janvier 1930 au sein d’une famille de mineurs militants communistes. À la fin de la Guerre civile et après la chute de la Deuxième République, son père s’enfuit dans la montagne pour rejoindre la résistance, tandis que sa mère est incarcérée à la prison d’Arnao, un sort que subissent également d’autres membres de sa famille. Elle est alors recueillie par des oncles et tantes, qui l'emmènent vivre à Andrín, dans la commune de Llanes. Là-bas, elle travaille dans les champs et sert également de liaison pour la guérilla dès l'âge de neuf ans. À douze ans, elle est découverte et arrêtée par la Garde civile avec d'autres membres de sa famille, parmi lesquels se trouvaient sa mère et son oncle, Fidel Suárez Campurru. La Garde civile emporte également les meubles de la maison, qui, des années plus tard, réapparurent au siège de la Phalange. Elle a l'occasion de voir son père une dernière fois, avant qu'il ne soit assassiné en 1947 et enterré dans un fossé dont l'emplacement n'a toujours pas été localisé. Le 26 janvier 1948, son oncle mourut aux côtés d'autres guérilleros.

En 1950, elle épouse Alfonso Braña Castaño, mineur à la mine de Fondón. Tous deux s’engagent alors plus activement au sein du Parti communiste espagnol.

Grève de 1962 Anita Sirgo doit une grande partie de sa popularité à son travail pendant la (Grande grève). Environ un mois après le début de la Grève des mineurs de 1962, l'échec commençait à se profiler, certains mineurs envisageant de reprendre le travail. Face à cette situation, les femmes de la Cuenca minera (le bassin minier principal des Asturies) ont décidé de s'organiser et de soutenir activement la grève, compte tenu de la misère dans laquelle elles vivaient. Elles ont ainsi mis en place des piquets de grève et empêché les briseurs de grève d'accéder aux puits.

Environ un mois après le début de la Grève minière de 1962, un échec commençait à se profiler, car des mineurs ont parlé de reprendre le travail. Etant donnée la situation, les femmes de la Cuenca minera (le bassin minier principal des Asturies) ont décidé de s'organiser et de soutenir activement la grève face à la situation de misère dans laquelle ils se trouvaient. Ainsi, elles ont organisé des piquets de grève et ont empêché les briseurs de grève d'accéder aux puits.

De plus, Anita Sirgo joue un rôle décisif dans l'organisation des groupes clandestins de femmes pendant la grève, avec la collaboration de femmes telles que Tina Pérez ou Celestina Marrón. Ces groupes s'occupent, entre autres, de collecter de l'aide sous forme de nourriture, de transmettre des messages ou de distribuer des tracts..

Elle participe à l'enfermement dans la cathédrale d'Oviedo pendant la grève de 1962, aux côtés d'une quarantaine d'autres femmes. Sous le principe de la non-violence active, elles cherchent ainsi à donner de la visibilité à la lutte sur l'ensemble du territoire espagnol et obtiennent même le soutien de l'évêque auxiliaire d'alors, Segundo García de la Sierra. Elles mettent fin à leur occupation après l'organisation de grèves de solidarité dans d'autres pays, par exemple en France ou en Belgique, considérant leur mission comme accomplie.

Représailles En raison de son militantisme pendant la grève, Anita Sirgo subit directement les conséquences de la répression. Elle est emprisonnée et rasée de force, mais elle ne dénonce aucun de ses camarades du Parti. En prison, elle est torturée et devient sourde de l'oreille gauche après avoir été rouée de coups par Antonio Caro Leiva, capitaine de la Garde civile.. En outre, Manuel Fraga, alors ministre du régime franquiste, se moque d'elle en public et va jusqu'à nier les tortures et les coups.

Après la grève Après son arrestation et son identification par la Garde civile, Anita Sirgo est contrainte de s'exiler à Paris avec d'autres membres du Parti communiste, dont Santiago Carrillo. Elle apprend à lire et à écrire pendant son séjour là-bas, alors qu'elle est recherchée dans la région de la Cuenca. Au bout de deux ans, supportant mal de ne pouvoir collaborer à la lutte ouvrière, elle décide, en 1966, de retourner dans les Asturies avec l'accord du Parti. Une fois à Oviedo, elle est interpellée et arrêtée pour raisons militaires et passe quatre mois en prison, dont un pour avoir refusé de payer une amende de 100 000 pesetas.

En 2013 elle est l'une des signataires de la Plainte argentine contre les crimes du franquisme instruite par la juge argentine María Romilda Servini. L'année suivante, elle manifeste avec le Train de la Liberté et avec les Marches de la Dignité du Mouvement des Indignés.

Anita Sirgo meurt le 15 janvier 2024.

Autres actions et anecdotes Anita Sirgo a souvent raconté comment pendant la Huelgona elle a lancé des épis de maïs aux briseurs de grève, « pour les traiter de poules ». Elle a raconté aussi que lorsque les amies se réunissaient elles plaçaient une cafetière vide sur la table pour donner un air anodin à la réunion, évitant ainsi les soupçons de la Police secrète.

Hommages et apparitions dans la culture populaire

Anita Sirgo et sa camarade Constantina Pérez ont une rue à leur nom à Gijón. Elle apparaît comme personnage dans la bande dessinée Los llazos coloraos d'Alberto Vázquez García. Le court-métrage À coup de talon de la réalisatrice asturienne Amanda Castro est basé sur Anita Sirgo et sur sa camarade Tina Pérez.

Prix

En décembre 2018, elle reçoit le Prix Juan Ángel Rubio Ballesteros, par lequel la Société Culturelle de Gijon a reconnu sa lutte dans l'après-guerre. Le prix est dédié à toutes les femmes qui ont lutté avec elle alors «pour la liberté, la démocratie et les droits». En 2019 on lui décerne le Prix Pozu Fortuna ainsi qu'à Carmen García Pellón, en reconnaissance de sa «lutte inextinguible» comme militante communiste et antifasciste.

Références

Bibliographie

Catégorie:Décès dans les Asturies Catégorie:Militante espagnole du XXe siècle Catégorie:Exilé du franquisme en France Catégorie:Victime de la répression durant le franquisme Catégorie:Féministe asturienne Catégorie:Antifranquiste espagnol Catégorie:Maquis communiste Catégorie:Communiste espagnol Catégorie:Naissance en janvier 1930 Catégorie:Décès en janvier 2024