Ousmane Abarchi est un officier supérieur et homme d'État nigérien. Depuis sa nomination au sein du gouvernement de transition formé par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), il occupe le poste de ministre des mines du Niger. À ce titre, il est l'un des acteurs clés de la refonte de la politique minière du pays, axée sur la souveraineté nationale et la renégociation des contrats d'exploitation des ressources naturelles, notamment l'uranium et l'or.

Biographie

Formation Ousmane Abarchi entame son parcours académique au Niger, où il obtient un baccalauréat scientifique (série D) en 1991. Il poursuit ses études supérieures à l'Université Abdou Moumouni de Niamey, intégrant la Faculté des Sciences Économiques et Juridiques pendant six ans. Entre 1993 et 2013, il suit sept cycles de formation spécialisée au sein d'académies militaires de référence, notamment au Mali, au Maroc et en France.

Carrière ministérielle Le 26 juillet 2023, des militaires nigériens renversent le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum et instaurent le CNSP, dirigé par le général de brigade Abdourahamane Tiani. Ce coup d'État inaugure une période de transition dans laquelle le nouveau pouvoir procède à plusieurs remaniements gouvernementaux successifs.

C'est à l'occasion d'un réaménagement technique du gouvernement, entériné par décret le 19 février 2024, qu'Abarchi Ousmane est nommé ministre des Mines, en remplacement de Mahaman Moustapha Barké Bako.

Ce réaménagement scinde l'ancien ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie en trois portefeuilles distincts, conférant à Abarchi Ousmane la responsabilité exclusive du secteur minier. Il prend officiellement ses fonctions à cette date et confirme, lors de sa prise de contact avec les agents de son ministère, sa volonté d'inscrire son action dans la vision souverainiste portée par le CNSP.

Dès sa prise de fonction, Abarchi Ousmane engage un audit interne de l'ensemble des titres miniers attribués sous les gouvernements précédents, tant à des entreprises nationales qu'étrangères.

Un comité spécialisé est mis en place pour examiner la conformité de chaque titre avec les obligations légales. À l'issue de ces travaux, plusieurs permis sont révoqués et reversés dans le domaine public de l'État, et diverses entreprises sont mises en demeure de régulariser leur situation pour des travaux non exécutés, des droits et taxes impayés, ou des rapports d'activités non déposés.

L'une des premières priorités du ministre est la révision de la loi minière en vigueur. Une ordonnance portant modification du code minier est adoptée en 2024 (ordonnance n° 2024-37), introduisant notamment une redevance initiale forfaitaire (RIF) obligatoire lors de l'octroi de permis de recherche, ainsi qu'une nouvelle taxe pénalisant les opérateurs n'atteignant pas 80 % des dépenses de recherche prévues.

Ces mesures produisent des effets concrets : pour la seule année 2025, les investissements de recherche déclarés par les sociétés privées atteignent 14 milliards de francs CFA, et l'État perçoit une RIF de 1,5 milliard pour l'octroi de deux permis de recherche, ce que le ministre qualifie de première dans l'histoire minière du Niger.

Le ministère engage également la modernisation de l'administration minière par la mise en ligne du cadastre minier, permettant aux opérateurs d'effectuer leurs demandes et démarches à distance.

Dans ses interventions publiques, Abarchi Ousmane dresse régulièrement un panorama des ressources géologiques du pays, qu'il qualifie de véritable bénédiction nationale.

Le sous-sol nigérien se répartit en deux grands ensembles : les formations du socle (massif du Djado, massif de l'Aïr, Damagaram-Mounio, Sud-Maradi, Liptako nigérien), riches en or, cuivre, fer et molybdène ; et les bassins sédimentaires (Iullemeden, Ténéré, Tim Mersoï), abritant l'uranium, le charbon, le calcaire et le gypse.

Les réserves connues en uranium sont estimées entre 350 000 et 500 000 tonnes d'uranium métal, réparties entre les gisements de la SOMAÏR, de la SOMIDA, d'Imouraren et de Madaouéla.

Pour le fer, les réserves dépassent un milliard de tonnes dans la zone de Kolo-Saï et atteignent environ 8 milliards de tonnes dans le massif du Termit, à Gadein, ce qui, selon le ministre, place le Niger en mesure de porter un projet comparable au Simandou guinéen. Le lithium est également présent, estimé à 300 000-350 000 tonnes dans le département de Téra, dans l'Aïr et le Damagaram.

Contentieux avec Orano Le dossier le plus saillant du mandat d'Abarchi Ousmane est la rupture avec le groupe nucléaire français Orano, ancien actionnaire majoritaire de la Société des mines de l'Aïr (SOMAÏR) à hauteur de 63,4 %. Depuis le coup d'État de juillet 2023, les relations entre Niamey et Orano se dégradent rapidement. Le gouvernement nigérien accuse le groupe français d'avoir tenté, dès juin 2024, de provoquer l'arrêt de la production d'uranium à la SOMAÏR afin de démontrer son caractère indispensable, d'avoir procédé au rapatriement soudain de son personnel français, à la déconnexion brutale des systèmes informatiques en décembre 2024, et à la tentative de cession de ses parts sans consultation préalable de l'État.

Abarchi Ousmane affirme que la production a pu être maintenue à 100 % grâce aux seuls techniciens nigériens, revendiquant cette continuité comme une victoire symbolique de la souveraineté nationale. Le ministre dénonce également ce qu'il appelle un harcèlement juridique. Au moins une dizaine de procédures engagées par Orano devant trois instances, la Cour d'État du Niger, la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'OHADA (CCJA) à Abidjan, et le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), lié à la Banque mondiale, portent sur cinq dossiers distincts : le retrait du permis d'Imouraren, la nationalisation de la SOMAÏR, la gestion de la COMINAK, l'accord global de partenariat et la concession d'Arlit.

Le 23 septembre 2025, le CIRDI rend une décision conservatoire ordonnant au Niger de ne pas vendre, transférer ou faciliter le transfert à des tiers de l'uranium produit par la SOMAÏR, dans le cadre de la procédure d'arbitrage engagée par Orano. Niamey choisit toutefois de passer outre cette injonction, en procédant à l'expédition d'un chargement d'uranium fin décembre 2025. Lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Justice au Palais de la Présidence le 27 décembre 2025, Abarchi Ousmane rejette catégoriquement les accusations de vol formulées par Orano et la France, affirmant que le sous-sol nigérien demeure un attribut souverain de l'État et que les décisions conservatoires ne sauraient primer sur la souveraineté nationale.

Dans ce contexte de rupture avec les opérateurs occidentaux, Abarchi Ousmane assume publiquement la réorientation stratégique du Niger vers de nouveaux partenaires. Dans un entretien accordé à l'agence publique russe Ria Novosti, il déclare que des sociétés russes ont d'ores et déjà manifesté leur intérêt pour l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles nigériennes.

Abarchi Ousmane joue aussi un rôle actif dans la construction d'une coopération minière et énergétique régionale au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso depuis 2023. En décembre 2025, il ouvre à Niamey les travaux d'une réunion d'experts des secteurs minier, pétrolier et énergétique de l'AES, élargie au Togo et au Tchad, en vue d'élaborer une feuille de route commune.

En mars 2026, il participe également à la deuxième session de la grande commission mixte nigéro-algérienne de coopération, échangeant avec son homologue algérien Mohamed Arkab sur les projets communs dans les secteurs minier et des hydrocarbures.

Références

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