L'élection présidentielle brésilienne de 1960 a lieu le afin d'élire le président de la république des États-Unis du Brésil, ainsi que le vice-président. Il s'agit de la dix-septième élection présidentielle depuis la proclamation de la République en et la dernière élection démocratique directe jusqu'en 1989.
Contexte Tentative de Coup d'État thumb|left|260px|L'armée brésilienne se présentant devant le domicile de Café Filho pour l'empêcher de reprendre ses fonctions présidentielles. Avant même de pouvoir débuter son mandat, le président-élu Juscelino Kubitschek du faire face à une tentative de coup d'état. Le président Café Filho en fonction depuis le suicide de Getúlio Vargas, a dû être remplacé en raison de problèmes de santé. Ce fut alors le président de la Chambre des représentants, Carlos Luz, qui assuma la présidence de la République par intérim. En raison des importantes divisions politiques au sein de l'armée, Carlos Luz et Café Filho (tous deux de virulents opposants de Kubitschek), finissent par être accusés de conspirer avec l'armée dans le but d'empêcher l'acccession au pouvoir du président-élu.
Le Ministre de la Guerre Henrique Teixeira Lott, craignant un coup d'état, mène donc un mouvement militaire, afin d'écarter Café Filho et Carlos Luz du pouvoir, évinçant ce dernier après seulement trois jours au pouvoir. La présidence échut alors à l'homme suivant sur la liste de succession présidentielle, le premier vice-président du Sénat, Nereu Ramos, qui assura la présidence jusqu'à la prise de fonction de Kubitschek en . Cet évènement fit du Général Lott un héros national pour avoir défendu la démoratie et la légalité constitutionnelle, en garantissant l'investiture du président lors de ce qui sera appelé le Mouvement du 11 novembre. Lott fut reconduit à la tête du Ministère de la Guerre et promut Maréchal par le président Kubitschek.
Présidence Kubitschek À peine confirmé en tant que 21ème President du Brésil, Kubitschek entame un vaste programme de modernisation du Brésil suivant son slogan de campagne "50 ans de progrès en 5 ans". Dans cet objectif il lance le projet de Brasilia comme nouvelle capitale, il investit dans de nouveaux réseaux de routes et de chemins de fer, et entame la création d'une administrations centrales de santé, afin de mieux répondre aux besoins sanitaires des zones rurales. L'exemple le plus notable est la DNERU, une agence créée pour lutter contre la tuberculose et le paludisme et distribuer des vaccins dans les régions du pays où l'accès aux soins était limité. Cette modernisation accroît les difficultés financières du pays, la dette passe de 87 à 297 million dollars et la monnaie doit être dévaluée. Il refuse en 1958 de souscrire un prêt de 300 millions de dollars auprès des États-Unis et du FMI, lesquels imposaient de sévères conditions. Cette décision lui vaut une grande popularité et à la fin de son mandat, Kubitschek laisse le Brésil avec une croissance de 80 % de la production industrielle, mais avec un taux d'inflation de 43 %.
Campagne électorale Ne pouvant se représenter pour deuxième mandat consécutif, Juscelino Kubitschek désigne le Maréchal Lott pour être son successeur à la présidence. Jouissant d'une grande popularité, il se présente au travers d'une plate-forme de nationalisme de gauche, de nationalisation du pétrole et de réforme agraire en tant que candidat du Parti Social Démocratique. Contrairement au président, le vice-président peut être réélu ce qui permet à João Goulart de se présenter pour un second mandat en tant que collistier de Teixeira Lott.
Face à l'alliance PSD-PTB, c'est le gouverneur et ancien maire de São Paulo, Jânio da Silva Quadros qui émerge comme le principal adversaire, à la tête d'une coalition hétéroclite menée par la droite. Quadros se démarque par sa lutte contre corruption, son charisme et une campagne résolument populiste. Bien qu'ayant initialement soutenu la candidature de Quadros, Carlos Lacerda, chef de l'Union démocratique nationale (principal parti de droite), devient de plus en plus méfiant de Quadros et de son caractère imprévisible qu'il qualifiera de personne « instable ». Cette méfiance sera renforcée lorsque Quadros fit un voyage au régime castriste de Cuba et se retira brièvement de la campagne, au grand désarrois de ses soutiens.
Après sa défaite aux élections précédentes, Ademar de Barros, devenu maire de São Paulo, décide de prendre congé de la mairie pour se présenter à nouveau à la présidence de la république. Obtenant à nouveau le soutien du , il fait face à Quadros pour la deuxième fois, ces dernier s'étant déjà affrontés lors de l'élection gouvernorale de São Paulo en 1954 où Barros fut défait de justesse.
Système électoral L'élection se déroule au scrutin uninominal majoritaire à un tour, le candidat arrivant en tête remportant l'élection qu'il ait la majorité absolue ou la majorité relative.
Candidats Trois candidats se présentent à la présidence : Jânio da Silva Quadros Henrique Teixeira Lott Ademar de Barros
La constitution brésilienne de 1946 prévoit que les candidats à la présidence et à la vice-présidence se présentent de manière séparée et autonome. Trois candidats à la vice-présidence se présentent : João Goulart
Résultats Jânio da Silva Quadros remporte l'élection présidentielle avec 48 % des voix et plus de 5 millions de voix. Malgré sa défaite, Lott joue un rôle crucial en veillant à ce que le transfert du pouvoir soit pacifique.
+Résultats nationaux à la présidence Candidats Partis Voix % Jânio da Silva Quadros PTN 48,26 Henrique Teixeira Lott PSD 32,94 Ademar de Barros 18,80 Votes valides 92,79 Votes blancs 3,44 Votes nuls 3,76 Total 100 Abstention 19,02 Inscrits / participation 15 543 332 80,98
Vice-présidence thumb|right|250px|Résultats par État du scrutin pour la vice-présidence. Bénificiant d'un mouvement « Jan-Jan » (Jânio et JangoSurnom de João Goulart), ce n'est pas le collistier de Quadros, , qui est élu, mais le vice-président en exercice, João Goulart, qui est réélu pour un second mandat.
+Résultats nationaux à la vice-présidence Candidats Partis Voix % João Goulart PTB4 547 010 41,63 UDN4 237 719 38,80 PDC2 137 382 19,57 Votes valides 10 922 111 86,78 Votes blancs 1 305 865 10,37 Votes nuls 358 378 2,85 Total 12 586 354 100 Abstention 3 650 706 19,02 Inscrits / participation 15 543 332 80,98
Notes et références Notes
Références
1960 Catégorie:Élection en Amérique en 1960 Catégorie:1960 au Brésil Catégorie:1960 en politique