Les Marges est une revue littéraire française fondée à Paris par Eugène Montfort en novembre 1903 et disparue en juin 1937.
Histoire de la revue Eugène Montfort, âgé de 25 ans, lance fin 1903 un cahier édité trois fois par an par la librairie Henri Floury. Montfort en est jusqu'en 1908 le rédacteur principal. Le premier sous-titre du périodique est « gazette de littérature et d'art ». Parmi les auteurs que défend la revue, Gérard de Nerval, alors relativement oublié, Maurice Barrès, Tristan Bernard, et Paul Claudel, ce dernier étant quasiment inconnu. Ce travail de défricheur est salué par Marcel Schwob. L'année 1908, Montfort choisit d'élargir sa revue, après avoir pris contact avec André Gide. De cette relation sort le premier premier numéro de La Nouvelle Revue française le 15 novembre, qui déclenche une brouille irrémédiable entre Gide et Montfort, qui, lui, claque la porte de la nouvelle revue. Montfort, qui avait recruté Marcel Boulenger et Léon Bocquet, auteurs d'articles litigieux, va dès lors se consacrer à ses Marges, jusqu'à son décès Fernand Chaffiol-Debillemont, « Eugène Montfort et les Marges », La Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1967, ..
Entre janvier et octobre 1909, les nouvelles Marges, devenues mensuelles et sous-titrées « revue de littérature et d'art », inaugurent leur sommaire par un important dossier sur les littératures féminines, signé par une plume remarquée, celle de Louise Lalanne« Louise Lalanne », in: Jean-François Jeandillou, Supercheries littéraires. La vie et l'œuvre des auteurs supposés, Genève, Droz, 2001, .. Au bout d'une année, impossible de rencontrer cette journaliste et pour cause : il s'agissait du double de Guillaume Apollinaire, par ailleurs collaborateur des Marges. Vinrent s'ajouter Fernand Fleuret (un autre farceur, inventeur d'Annibal Louvigné du Dézert), Jean Viollis, Léon Deffoux, André Billy, Julien Ochsé. Ce groupe d'amis s'en prit fort longtemps à l'Académie Goncourt et s'attira pas mal d'inimitiés.
En 1910, Montfort cofonde la Ligue des amis du latin, visant à rétablir les cours de latin compromis dans le cadre de la réforme de l'enseignement secondaire décidée en 1902 ; la présidence est confiée à Anatole France et la revue sert dans un premier temps de fer de lance. Remy de Gourmont, Vincent Muselli, entre autres, rejoignent la ligue et la revueGeorges Batault, « Le problème de la culture et la crise du français », in: Mercure de France, août 1911, — sur Gallica..
En 1913, Montfort réédite les premiers cahiers de la revue en un seul volume, chez Georges Crès, dans une collection, la « Bibliothèque des Marges »« Bibliothèque des Marges », notice du catalogue général de la BnF., inaugurée par Pierre Lièvre, et dans laquelle paraîtront une dizaine de volumes jusqu'en 1926.
La Première Guerre mondiale interrompt la publication, qui reprend le 15 mai 1918. Par la suite, la revue est hébergée par la Librairie de France, fondée par François Sant'andrea et Louis MarcerouPascal Fouché, Chronologie de l'édition française depuis 1900, moteur de recherche en ligne..
En 1927, la revue trouve refuge chez l'éditeur parisien Marcel Seheur, et lance la « Collection de la Petite Ourse » « Collection de la Petite Ourse », notice du catalogue général de la BnF., où sont publiés jusqu'en 1933 moins d'une dizaine d'ouvrages, parfois illustrés (entre autres par Fernand Siméon). Parmi les auteurs, on compte Jean-Louis Talon (Louis Sablier dit, 1873-1903), Alfred Jarry (avec des souvenirs de Jean Saltas), ou encore John-Antoine Nau.
Après une ultime numéro consacré à Eugène Montfort, décédé, la revue cesse de paraître en juin 1937, après 230 livraisons, le critique Fernand Chaffiol-Debillemont (1880-1971), à la suite d'une tentative de relance, jette l'éponge.
Notes et références
Liens externes
Les Marges, numéros de l'année 1914, sur Gallica.
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