Pygoda est un genre d'insectes hémiptères du sous-ordre des Hétéroptères (les punaises), de la famille des Pentatomidae et de la sous-famille des Edessinae. Il contient une dizaine d'espèces présentes en Amérique latine.
Description
Les espèces de ce genre se reconnaissent à une taille moyenne à grande (17 à 24 mm), d'allure robuste; la face dorsale est verte à vert sombre, parfois mêlée de brun et/ou de zones jaunes calleuses; les ponctuations du pronotum et du scutellum sont concolores ou brunes, certaines des espèces présentant de grosses ponctuations brunes et grossières parmi des plus fines. Les angles huméraux du pronotum sont aigus mais non développés. La corie est brun foncé avec des veines jaunes parfois fortement ramifiées. Le 7e segment abdominal présente une dent postérieure longue plus d’1,5 fois la largeur à la base, noire sur la partie postérieure de la face dorsale. La face ventrale est jaune ou mêlée de zones vertes et brunes, avec des bandes intersegmentaires brun foncé n'atteignant pas les zones médianes et latérales. La zone médiane est clairement surélevée et carénée.
Répartition et habitat
Le genre est présent au Sud de l'Amérique centrale (Honduras, Costa-Rica et Panama) et en Amérique du Sud amazonienne (en Guyane française, au Brésil, en Équateur, en Bolivie, au Paraguay et en Argentine). Six espèces se rencontrent en Amérique centrale, P. amianta, P. expolita, P. irrorata, P. poecila, P. ramosa et P. variegata, alors que quatre se rencontrent en Amérique du Sud, P. civilis, P. irrorata, P. thoracica, et P. polita. Cette dernière a la plus vaste distribution (de l’Équateur au Sud du Brésil en passant par le Paraguay et l'extrême Nord de l'Argentine). P. irrorata est la seule à être trouvée à la fois en Amérique centrale (au Panama) et du Sud (en Guyane française). On peut supposer que des compléments de distribution pourront venir se rajouter pour les régions intermédiaires comme la Colombie, le Vénézuela, le Guyana et le Suriname. Le genre est absent des Caraïbes.
Biologie Comme tous les Edessinae, les espèces de ce genre sont phytophages. Leurs plantes hôtes ne sont pas connues. Pygoda polita a été mentionnée sur des cultures d'agrumes (Citrus sp., Rutaceae).
Systématique Ce genre a été établi en 1843 par les entomologistes français Charles J.-B. Amyot & Jean Guillaume Audinet-Serville dans leur Histoire naturelle des insectes Hémiptères, en même temps qu’Aceratodes, Dorypleura, Hypoxys, et Peromatus, dans un effort pour structurer le genre Edessa, qui contenait déjà de nombreuses espèces avec des caractéristiques distinctes. La seule espèce qu'ils y placent, et qui est l'espèce type du genre, est Pygoda polita, qui avait été décrite par Lepeletier et Serville en 1825, sous le nom (protonyme) de Pentatoma polita.
En 1851, W. S. Dallas décide de revenir en arrière et synonymise les genres créés par Amyot et Serville avec Edessa. Il place l'espèce Edessa polita dans un groupe à vaste définition (seulement caractérisée par des « angles huméraux du pronotum simplement proéminent, subaigus ou épineux »), avec des espèces qui se retrouveront dans Edessa et dans Hypoxys, mais également avec E. irrorata et E. thoracica, qu'il décrit à cette occasion. Ignorant cette proposition, Gottlieb A. W. Herrich Schäffer utilise encore le nom de Pygoda , comme genre en 1853, et y place une série d'espèces (issues d’Edessa et qui y retourneront jusqu'à aujourd'huiE. dolichocera Burmeister, 1835, E. elegans Herrich-Schäffer, 1837, E. haematopoda Burmeister, 1835, E. nigridens Fabricius 1803, E. scutellata Herrich-Schäffer, 1840, ainsi qu'avec des points d'interrogation acantharis et E. brunnipes Fabricius 1803, aujourd'hui dans Hypoxys. ), à la seule exception de P. polita (dont il fait d’E. nervosa Burmeister, 1835 un synonyme). Il décrit également Pygoda serrata, mais cette dernière (qui n'est pas la Cimex serrata de Linné, devenue Edessa serrata), sera renommée Edessa serrulata par Lethierry et Sevenin en 1893 pour éviter l'homonymie. Quelques années plus tard, Carl A. Dohrn, dans son Catalogus Hemipterorum de 1859, suit la proposition de Dallas et place toutes les espèces dans Edessa.
En 1872, Carl Stål reprend le nom Pygoda pour caractériser une étape de sa clé des Edessa, en n'y plaçant qu’E. polita et E. irrorata, avec pour caractéristique « les pointes du 7e segment de l'abdomen dépassant l'anus ». En 1892, William L. Distant décrit une espèce proche, du Panama, qu'il nomme Edessa expolita pour sa proximité avec E. polita, et en 1903, Gustav Breddin décrit Edessa civilis d'Équateur, qu'il rapproche d’E. polita. Lethierry & Severin (1893) considèrent encore Pygoda comme un synonyme d’Edessa, alors que George W. Kirkaldy en fait un sous-genre d’Edessa (1909), en n'y gardant qu’E. polita, et en listant les autres dans Edessa.
Enfin, en 2018, dans le cadre de la vaste révision d’Edessa, Pygoda est revalidé comme genre à part entière, avec les 5 espèces décrites et 4 nouvelles espèces.
Étymologie Le nom est formé à partir du grec πυγή (pygo-), « fesses, derrière », et ὀδούς (odos), « dent », pour désigner la caractéristique du septième segment de l'abdomen terminé en longue pointe.
Liste des espèces Selon :
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Pentatomidae Catégorie:Genre d'Hétéroptères (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit en 1843 Catégorie:Hétéroptère néotropical Catégorie:Insecte d'Amérique Catégorie:Insecte phytophage