vignette|Différents types de navires lors des Fêtes Maritimes de Brest (2016) L'histoire maritime étudie les interactions et les activités humaines en mer. Elle couvre un vaste domaine thématique de l'histoire, souvent abordé sous un angle global, bien que les histoires nationales et régionales demeurent prédominantes. En tant que discipline académique, elle transcende fréquemment les frontières des disciplines traditionnelles, s'attachant à comprendre les diverses relations de l'humanité avec les océans, les mers et les principales voies navigables du globe. L'histoire nautique relate et interprète les événements passés liés aux navires, à la navigation et aux marins.

L'histoire maritime est un large sujet qui englobe la pêche, la chasse à la baleine, le droit maritime, l'histoire navale, l'histoire des navires, l'architecture marine, la Construction navale, l'histoire de la navigation, l'histoire des diverses sciences liées à la mer (océanographie, cartographie, hydrographie, etc.), l'exploration des mers, le commerce et l'économie maritimes, le transport de marchandises, le yachting, les loisirs (Station balnéaire, ...), l'histoire des phares et des aides à la navigation, les thèmes maritimes dans la littérature et dans l'art, l'histoire sociale des marins, des passagers et des communautés en lien avec la mer. Il y a de multiples approches au sujet, parfois divosées en deux grandes catégories : Les traditionalistes, qui cherchent une audience restreinte d'universitaires, et les Utilitaires, qui cherchent à influencer les monde politique et une plus large audience.

L'étude de la marine marchande et celle des marines défensives sont généralement considérées comme deux domaines distincts.

Les voies navigables intérieures sont incluses dans l'« histoire maritime », notamment les mers intérieures comme les Grands Lacs d'Amérique du Nord, ainsi que les principaux fleuves et canaux navigables du monde entier.

Voir aussi : #Articles d'historiographie en fin d'article.

Temps préhistoriques vignette|La pirogue de Pesse ) Les embarcations telles que les radeaux et les bateaux sont utilisées jusqu'à la préhistoire et peut-être même par Homo erectus il y a plus d'un million d'années pour traverser les détroits entre les masses terrestres.

Il ne reste que peu de preuves permettant de déterminer avec précision la date du premier voyage en mer. On sait, par exemple, qu'un voyage maritime a dû être entrepris pour atteindre la Grande Australie (Sahul) il y a ou plus. Une technologie maritime fonctionnelle était nécessaire pour se déplacer entre les nombreuses îles de Wallacea avant d’entreprendre cette traversée. On ignore quelles formes de navigation ont précédé cette étape importante qu’est la première colonisation de l’Australie. L'une des plus anciennes embarcations connues est la pirogue de Pesse, dont la datation au carbone 14 estime la construction au début de la période mésolithique, vers 8265 ± 275 AP (env. ).. La pirogue de Pesse est le plus ancien objet matériel permettant de dater l'utilisation d'embarcations.

La plus ancienne représentation d'une embarcation provient de Norvège. L'art rupestre de Valle représente une barque de plus de de long, datée entre et ans.

Temps anciens Voir aussi Navigation dans l'Antiquité Navigation polynésienne

vignette|Une réplique du navire de Kyrenia, un navire marchand grec du . Tout au long de l'histoire, la navigation a joué un rôle déterminant dans le développement de la civilisation, offrant à l'humanité une mobilité supérieure aux déplacements terrestres, que ce soit pour le commerce, le transport ou la guerre, ainsi que la possibilité de pêcher. La plus ancienne représentation connue d'un navire à voile date de la période d'Obeid en Mésopotamie, dans le golfe Persique, entre et . Ces navires étaient représentés par des maquettes en argile et des disques peints. Ils étaient fabriqués à partir de faisceaux de roseaux pris dans un treillis de cordages. Des restes d'amalgames bitumineux incrustés de balanes ont également été retrouvés. On interprète ces restes comme faisant partie du revêtement imperméable appliqué sur ces navires. Les représentations manquent de détails, mais l'image d'un navire sur un fragment de poterie présente des éléments pouvant être des mâts bipodes et une voile, ce qui en ferait le plus ancien témoignage connu de l'utilisation de cette technologie. La localisation des sites indique que la culture d'Obeid pratiquait le commerce maritime avec les cultures arabes néolithiques le long des côtes du golfe Persique, pour des marchandises de grande valeur :

Des représentations picturales de voiles sont également connues dans l'Égypte antique, datées d'environ .

La plus ancienne route commerciale maritime connue remonte au , en mer Égée. Elle impliquait le transport maritime d'obsidienne par un peuple de navigateurs néolithiques d'Europe encore inconnu. L'obsidienne était extraite de l'île volcanique de Milos, puis transportée vers différentes régions des Balkans, d'Anatolie et de Chypre, où elle était travaillée pour fabriquer des lames. Cependant, la nature des techniques de navigation employées n'a pas été conservée.

La mer d'Arabie, qui dessert la Mésopotamie, l'Extrême-Orient et le berceau de la civilisation, constitue une voie commerciale maritime essentielle depuis les premiers navires côtiers à voile dans le nord de l'océan Indien et le sud de l'Arabie aux , et certainement de la fin du jusqu'à la fin de l'ère de la voile.

Les Austronésiens vignette|Des embarcations traditionnelles austronésiennes participent à une course, Fidji Les Austronésiens entament une dispersion depuis Taïwan à travers l' vers . Cette dispersion commence à s'étendre aux îles du Pacifique vers , elle progresse régulièrement à travers le Pacifique et culmine avec la colonisation d'Hawaï vers et la Nouvelle-Zélande vers . Une technologie maritime particulière est utilisée à cette fin, notamment la technique de construction navale à tenons attachés, le catamaran et la voile à pince de crabe, ainsi que des techniques de navigation poussées. Cela leur permet de coloniser une grande partie de la région indo-pacifique lors de l'expansion austronésienne. Avant l'ère coloniale du , les Austronésiens sont le groupe ethnolinguistique le plus répandu, couvrant la moitié de la planète, de l'île de Pâques dans l'océan Pacifique oriental à Madagascar dans l’océan Indien occidental.

Les Égyptiens et les Phéniciens vignette|Représentation d'un bateau phénicien au .|gauche vignette|180x180px|Localisation supposée du pays de Pount et routes commerciales depuis l'Égypte. Les contacts entre l'Égypte et le pays de Pount ont commencé sous la , avec Hatchepsout, au début du . Sur la route côtière qui longe les régions accidentées du sud de la péninsule arabique (aujourd'hui le Yémen et Oman), les pharaons égyptiens construisent plusieurs canaux peu profonds pour faciliter le commerce, dont l'un suivait plus ou moins le tracé du canal de Suez actuel, et un autre reliant la mer Rouge au Nil, deux ouvrages peu profonds qui seront engloutis par d'énormes tempêtes de sable dans l'Antiquité.

Les anciens Égyptiens maîtrisaient la construction des voiles. L'historien grec Hérodote rapporte que Nékao II envoie une expédition phénicienne qui, en deux ans et demi, navigue de la mer Rouge, contourne l'Afrique et atteint l'embouchure du Nil. En naviguant vers le sud puis vers l'ouest, ils observent que le soleil de midi se trouve au nord. Leurs contemporains ne les croient pas, mais les historiens modernes considèrent cela comme une preuve qu'ils se trouvaient au sud de l'équateur, car l'angle du soleil varie avec la latitude.

Les Grecs

vignette|Épave de navire marchand grec antique retrouvé à Kyrenia (Chypre). De multiples civilisations maritimes antiques utilisent de la Méditerranée. Le commerce maritime y est plus aisé que par voie terrestre. Durant la période domination grecque, il connait une forte expansion. Il se développe surtout durant l'époque de la colonisation grecque (à partir du ), puis avec l'essor de la puissance navale athénienne. Des itinéraires habituels sont progressivement mis en place, permettant l'apparition de routes maritimes. Ainsi, Athènes s'approvisionne en blé de l'Eubée puis de la mer Noire, de Sicile et d'Égypte.

Les bateaux marchands grecs sont construits principalement en cyprès ou en pin, essences appréciées pour leur imputrescibilité. Ce sont des navires lourds et ronds, pontés et assez hauts au-dessus de la ligne de flottaison. Ces caractéristiques leur confèrent une remarquable stabilité même par gros temps et leur permettent, contrairement aux longs navires de guerre, de transporter des charges importantes sur de longues distances et sans escales.

Les navires marchands grecs n'ont qu'un mâtHomère (, Chant IX, 322) compare le pieu en bois d'olivier qu'Ulysse enfonce dans l'œil du cyclope au « mât d’un noir vaisseau de transport » et naviguent à l’aide d’une voile carrée de lin, alliant légèreté et résistance. Cette voile peut, à l'aide de cargues, être repliée depuis le pont à la manière d'un store sur la vergue, sans que cela nécessite de grimper sur cette dernière. Les navires marchands peuvent également avoir ponctuellement recours à la rame.

La Rome antique vignette|Maquette d'une birème romaine vignette|Mosaïque romaine : chargement d'un éléphant sur un navire. vignette|Mosaïque d'Althiburos La Rome antique dispose de divers types de navires qui jouent un rôle crucial dans ses activités militaires, commerciales et de transport. La galère est un navire long, étroit et très maniable, propulsé par des rameurs, parfois composé de plusieurs ponts superposés comme les birèmes ou les trirèmes, et dont beaucoup sont également équipées de voiles.

Les premiers efforts des Romains pour construire une flotte de guerre s'inspirent des navires de guerre carthaginois. Lors des guerres puniques, au milieu du , les Romains sont d'abord surclassés en mer par Carthage, mais en , ils parviennent à un accord et les guerres s'enlisent.

En , Jules César utilise des navires de guerre et des navires de transport pour envahir la Bretagne.

Le commerce maritime connait son apogée sous la Pax Romana. L'empire appelle la mer Méditerranée « notre mer ».

De nombreux types de navires de transport sont utilisés pour acheminer des denrées alimentaires ou d'autres marchandises en Méditerranée. Beaucoup d'entre eux servent également de navires de guerre ou de transports de troupes en temps de guerre. Les navires romains sont nommés de différentes manières, souvent par des expressions composées avec le mot (bateau). On les retrouve dans de nombreux textes romains antiques, et ils sont désignés de différentes manières, notamment par l'apparence du navire : par exemple, (navire couvert) ; ou par sa fonction, par exemple : (navire de commerce), ou (navire de pillage). D'autres, comme (grain), (pierres), et (poissons vivants), concernent la cargaison. La mosaïque d'Althiburos en Tunisie recense de nombreux types de navires (voir aussi l'article ).

À l'époque de Jules César, plusieurs routes commerciales terrestres et maritimes bien établies relient l'Empire romain au reste du monde. Elles empruntent la voie navigable pour contourner le relief accidenté de l'intérieur des terres au nord de la mer d'Arabie. Ces routes partent généralement d'Extrême-Orient, avec un via l'historique Bharuch (Bharakuccha), traversent la côte inhospitalière de l'Iran actuel, puis se divisent autour du Hadramaout en deux flux : l'un vers le nord, en direction du golfe d'Aden, puis du Levant ; l'autre vers le sud, en direction d'Alexandrie, via des ports de la mer Rouge comme Axoum.

Batailles navales majeures de l'Antiquité Parmi les nombreuses batailles navales, citons quelques-unes qui ont modifié leur époque et plus encore. vignette|Réconstitution possible de la bataille de Salamine.|180x180px

Salamine ()