Zachary Miron (2008 – ) est un adolescent québécois de 15 ans, élève en secondaire à l'Externat Sacré-Cœur, un établissement d'enseignement privé situé à Rosemère, dans les Laurentides. Il meurt le lors d'une sortie scolaire de planche à neige (snowboard) au Sommet Morin Heights, à la suite d'une arythmie cardiaque maligne causée par l'interaction entre son médicament prescrit pour le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le Biphentin (à base de méthylphénidate), et une seule canette de Red Bull, une boisson énergisante caféinée.
Son décès fait l'objet d'un rapport de la coroner Denyse Langelier, rendu public à la fin de l'été 2025 et diffusé à grande échelle par un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada en décembre 2025. Depuis lors, ses parents — David Miron et Veronica Martinez — ont lancé une mobilisation nationale inédite, le Mouvement Zachary Miron, qui a rassemblé en quelques mois plus d'une cinquantaine d'organisations des milieux scolaire, sportif, médical et syndical du Québec, et conduit à une motion adoptée à l'unanimité par tous les partis de l'Assemblée nationale du Québec le 6 mai 2026.
La mort de Zachary Miron est devenue un symbole des lacunes de santé publique entourant la vente libre des boissons énergisantes aux mineurs au Canada et relance, avec une force sans précédent, le débat politique sur leur encadrement réglementaire.
Biographie
Famille et enfance
Zachary Miron grandit dans les Laurentides, au Québec. Il est le fils de David Miron et de Veronica Martinez. Passionné de sports, particulièrement de snowboard et d'activité physique, il est décrit par son père comme un jeune qui cherche à se faire du bien et à avoir une vie saine. Son objectif personnel est de faire partie de ce qu'il appelle « le 1 % des personnes qui ne consomment pas de drogue ni d'alcool ».
David Miron évoque en entrevue un souvenir particulièrement douloureux : ce vendredi 12 janvier 2024, il avait lui-même ciré la planche à neige de son fils avant que celui-ci parte en sortie scolaire, et lui avait dit qu'il avait hâte d'entendre comment s'était passée la journée. Ils n'ont jamais pu se parler.
Scolarité
Zachary Miron est inscrit en secondaire à l'Externat Sacré-Cœur, établissement privé francophone situé au 535, rue Lefrançois, à Rosemère, dans les Laurentides. L'établissement propose, entre autres, des programmes axés sur les sports de plein air, ce qui explique la nature des activités parascolaires auxquelles Zachary participe.
Condition médicale
Zachary est atteint d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), un trouble neurodéveloppemental fréquent chez les jeunes. Pour le traiter, un médecin lui prescrit le Biphentin, un psychostimulant à libération prolongée dont le principe actif est le méthylphénidate. Ce médicament appartient à la même famille que d'autres traitements courants du TDAH au Canada, notamment le Concerta, le Ritalin, le Foquest et le Vyvanse (à base d'amphétamine).
Le méthylphénidate agit en bloquant les transporteurs de la dopamine et de la noradrénaline, ce qui augmente la disponibilité de ces neurotransmetteurs dans le cerveau et améliore l'attention et le contrôle des impulsions. Il a également un effet stimulant sur le système cardiovasculaire, pouvant entraîner une accélération du rythme cardiaque et une hausse de la pression artérielle.
Décès
La journée du 12 janvier 2024
Le 12 janvier 2024 est un vendredi. Zachary Miron, 15 ans, participe à une sortie scolaire organisée par l'Externat Sacré-Cœur au Sommet Morin-Heights, une station de sports de glisse quatre saisons des Laurentides, à Morin-Heights, à environ 83 km au nord de Montréal.
Au cours de cette journée, Zachary prend son médicament habituel pour le TDAH — le Biphentin — et consomme, en soirée, une seule canette de Red Bull, une boisson énergisante contenant de la caféine et d'autres stimulants. La combinaison de ces deux substances aura des conséquences fatales.
En soirée, dans un contexte d'activité physique encadrée, Zachary Miron s'effondre soudainement. Les témoins déclenchent immédiatement les secours. Des manœuvres de réanimation cardiopulmonaire (RCR) sont entreprises sur place avant son transport en urgence vers un centre hospitalier, où son décès est constaté.
La Sûreté du Québec ouvre immédiatement une enquête pour établir les circonstances exactes de l'événement. Les autorités confirment rapidement qu'aucun acte criminel n'est suspecté.
L'enquête de la coroner
Ouverture et durée
Compte tenu du caractère inattendu du décès d'un jeune en apparente bonne santé, une enquête médico-légale est déclenchée. C'est la coroner Denyse Langelier qui hérite du dossier. Les conclusions ne viendront que fin août 2025, soit un an et demi après les faits — un délai qui sera lui-même critiqué. La coroner confiera qu'elle a abordé ce cas avec une certaine émotion : .
L'autopsie
Dès les premiers rapports qu'elle reçoit, la coroner Langelier constate que Zachary ne s'est pas blessé dans sa chute et n'a pas subi de traumatisme physique. Elle ordonne une autopsie complète. Le résultat est frappant : le cœur de Zachary est structurellement impeccable. Aucune malformation cardiaque congénitale, aucune cardiomyopathie, aucune anomalie morphologique n'est décelée. La biopsie du cœur revient blanche.
Ce n'est qu'à la suite des analyses toxicologiques que la cause se précise.
Les résultats toxicologiques
Les analyses révèlent la présence de deux substances dans l'organisme de Zachary au moment de son décès :
Une concentration thérapeutique de méthylphénidate, la molécule active du Biphentin, correspondant à la dose prescrite ; Une concentration de caféine provenant de la boisson énergisante qu'il avait consommée peu avant son décès — une seule canette de Red Bull.
Il n'y a ni alcool, ni drogues illicites.
Conclusions : l'arythmie fatale
Sur la base de l'expertise du cardiopathologiste consulté dans le cadre de l'enquête, la coroner Denyse Langelier conclut que le décès de Zachary Miron est probablement attribuable à une arythmie cardiaque maligne, survenue chez un adolescent au cœur morphologiquement normal, mais soumis à l'effet conjugué de la caféine et du méthylphénidate.
La coroner explique : .
La arythmie ventriculaire maligne désigne un trouble du rythme cardiaque dans lequel les ventricules du cœur se mettent à battre de façon anarchique et inefficace, empêchant toute circulation sanguine normale. Sans défibrillation immédiate, elle est rapidement mortelle.
Le mécanisme médical : la « potentialisation »
Le Paul Poirier, cardiologue et chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), s'inquiète depuis longtemps des risques cardiovasculaires associés aux boissons énergisantes. Interrogé dans le cadre du reportage Enquête, il décrit un phénomène appelé potentialisation : .
Le pharmacien Anis Ouyahia, invité à l'émission Tout le monde en parle en avril 2026, illustre le phénomène en termes simples : .
La littérature médicale rapporte en effet une association entre la prise de méthylphénidate et un risque accru d'arythmie ventriculaire et de mort subite cardiaque. Ce risque existe déjà dans certains contextes pour le méthylphénidate seul, et il est potentiellement amplifié par l'ajout de caféine et des autres stimulants contenus dans les boissons énergisantes. Des études scientifiques font état d'une augmentation d'événements cardiovasculaires, y compris des morts subites, chez les utilisateurs de psychostimulants pour le TDAH.
Les réactions du corps médical
Le président du Collège des médecins du Québec, le Mauril Gaudreault, a réagi aux conclusions de la coroner en indiquant : .
Cinq autres cas connus de Santé Canada
L'émission Enquête révèle par ailleurs que Santé Canada connaissait, avant même le décès de Zachary Miron, au moins cinq autres cas similaires — liés à d'autres psychostimulants comme la Vyvanse — qui n'avaient jamais été rendus publics. La coroner Langelier avait elle-même tenté de signaler le cas de Zachary à Santé Canada, déplorant l'opacité du suivi. La mère de Zachary, Veronica Martinez, qualifie le processus de « maison des fous d'Astérix ».
La réaction de la famille
Dans les semaines et les mois suivant le décès, la famille de Zachary vit d'abord dans le deuil, puis dans la colère devant les révélations accumulées. Pour Veronica Martinez et David Miron, la question qui les hante est : comment auraient-ils pu savoir ? Ni le médecin ni le pharmacien ne les avait explicitement mis en garde contre l'interaction entre le Biphentin et les boissons énergisantes.
David Miron a déclaré : .
Le couple déplore également que les médecins et les pharmaciens ne fassent généralement pas de mises en garde aux jeunes à qui ils prescrivent des psychostimulants pour traiter le TDAH.
La réaction de l'Externat Sacré-Cœur
L'Externat Sacré-Cœur observe une minute de silence en mémoire de Zachary et met ses drapeaux en berne. L'établissement fait parvenir une communication officielle aux parents d'élèves, puis une lettre aux parents à la suite de la diffusion du reportage de Radio-Canada en décembre 2025. L'établissement deviendra l'un des instigateurs de la mobilisation collective, aux côtés du Collège de Montréal et du Collège Charles-Lemoyne.
Jasun Taparauskas, directeur général de l'Externat Sacré-Cœur et porte-parole des trois écoles instigatrices, a déclaré : .
Couverture médiatique
Le reportage Cocktail mortel – Radio-Canada (décembre 2025)
Le 8 décembre 2025, l'émission Enquête de Radio-Canada diffuse un reportage d'une quarantaine de minutes réalisé par la journaliste Julie Dufresne, intitulé « Cocktail mortel ». Ce reportage présente pour la première fois au grand public les conclusions du rapport de la coroner Langelier, les témoignages de la famille Miron et de plusieurs experts médicaux, ainsi que les révélations sur les autres cas similaires connus de Santé Canada.
Le reportage a un impact immédiat et considérable sur l'opinion publique québécoise. Il relance avec force le débat politique sur la réglementation des boissons énergisantes et amorce la mobilisation qui conduira au Mouvement Zachary Miron. Un long format complémentaire intitulé « Red Bull et Biphentin, un cocktail qui peut tuer » est également publié sur le site de Radio-Canada le même jour.
Passage à Tout le monde en parle (avril 2026)
Le 19 avril 2026, les parents de Zachary — Veronica Martinez et David Miron — sont reçus à l'émission Tout le monde en parle animée par Guy A. Lepage, aux côtés de Vickie Viens, directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), et du pharmacien Anis Ouyahia. L'émission est diffusée en présence, entre autres, de la première ministre du Québec Christine Fréchette.
Le lendemain, le 20 avril 2026, le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard déclare : .
Autres médias
Radio-Canada / OHdio : entrevue avec David Miron à l'émission Tout un matin, diffusée le 11 décembre 2025. La Presse : chronique et articles multiples, dont une chronique du 31 mars 2026 intitulée « Ces boissons énergisantes qui coupent les ailes ». Le Devoir : multiples articles de fond sur la mobilisation et le dossier législatif. L'actualité, Noovo Info, TVA Nouvelles, et de nombreux médias régionaux ont largement couvert l'affaire. YouTube : la vidéo du reportage Enquête intitulée « Red Bull et Biphentin : le cocktail qui a tué Zachary, 15 ans » a été massivement visionnée dès sa mise en ligne.
Le Mouvement Zachary Miron
Origines : une famille qui prend la parole