vignette|Transfert d'argent de 1917 après le traité des Indes occidentales danoises. vignette|Reçu de pour le traité des Indes occidentales danoises. vignette|Le , après de domination coloniale danoise, le est descendu pour la dernière fois à la résidence du gouverneur à Sainte-Croix.

Le Traité des Indes occidentales danoises (en anglais ; en danois ), officiellement la Convention entre les États-Unis et le Danemark relative à la cession des Indes occidentales danoises (https://www.govinfo.gov/content/pkg/STATUTE-39/pdf/STATUTE-39-Pg1706.pdf#page=1. et ) est le traité, signé en 1916, qui a transféré la souveraineté des Indes occidentales danoises du Danemark aux États-Unis en échange de de dollars américains en or (l'équivalent de de dollars de ) et de l'accord de céder les intérêts américains au Groenland. Cette acquisition de ce qui est devenu les îles Vierges des États-Unis s'agit de l'une des extensions territoriales permanentes les plus récentes des États-Unis.

Contexte Deux des îles étaient sous domination danoise depuis le XVIIe siècle et Sainte-Croix l'était depuis 1733. L'âge d'or de la colonie s'étendit d'environ 1750 à 1850, grâce au commerce de transit et à la production de rhum et de sucre par des esclaves africains. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, la production sucrière fut concurrencée par la culture de la betterave sucrière. Bien que les esclaves aient été affranchis en 1848, les terres agricoles et le commerce restaient contrôlés par la population blanche, et les conditions de vie des descendants d'esclaves demeuraient précaires. Au début des années 1850, l'administration des îles depuis le Danemark était devenue de moins en moins rentable et coûteuse.

Lors des négociations du traité de Vienne après la défaite lors de la guerre des Duchés en 1864, le Danemark avait proposé d'échanger les îles contre le Jutland du Sud (Schleswig), mais le gouvernement prussien n'était pas intéressé.

À la veille de la guerre de Sécession, les États-Unis s'intéressèrent aux îles pour possiblement y installer une base navale dans les Caraïbes. Après la fin du conflit, le 24 octobre 1867, le parlement danois, le Rigsdag, ratifia un traité portant sur la vente de deux de ces îles – Saint-Thomas et Saint-Jean – pour la somme de 7 500 000 dollars américains. Cependant, le Sénat des États-Unis ne ratifia pas le traité, en raison des nombreuses catastrophes naturelles qui avaient frappé les îles et d'un conflit politique avec le président Andrew Johnson, qui aboutit finalement à sa destitution.

Les négociations reprirent en 1899 à la suite de la diplomatie officieuse de Walter Christmas. Le 24 janvier 1902, Washington signa une convention portant sur le transfert des îles pour la somme de 5 millions de dollars américains. Le traité ne fut pas approuvé par le Landstinget, l'une des chambres du parlement danois, dans les délais impartis en raison de l'obstruction de l'opposition. Un nouveau traité fut conclu en juin 1902, prolongeant le délai de ratification d'un an. L'une des chambres du parlement danois, le Folketinget, adopta la proposition, mais l'autre chambre, le Landstinget, la rejeta par 32 voix contre 32 (avec une abstention) le 22 octobre. En particulier, le parti conservateur Højre s'y opposa au motif que le traité ne garantissait pas à la population locale un droit de vote sur la question et ne lui accordait ni la citoyenneté américaine ni l'exemption de droits de douane sur l'exportation de sucre vers les États-Unis. Selon l'historien Povl Engelstoft, il ne fait aucun doute que le président du Conseil, Johan Henrik Deuntzer, était secrètement opposé à la vente, même si son parti, le Parti réformististe de gauche, la soutenait. Lorsque le Landstinget rejeta la proposition, il déclara qu'il ne voyait aucune raison pour que le gouvernement démissionne, qu'il ne dissoudrait pas le Landstinget et qu'il n'assumerait aucune responsabilité dans tout travail ultérieur lié à la vente. Cela mit un terme au processus.

Une autre tentative d'acquisition des îles fut menée par les États-Unis en 1911-1912, mais se solda par un échec.

Ouverture des négociations de 1915-1916 D. Hamilton Jackson, dirigeant syndical et militant social des îles, se rend au Danemark en mai 1915. Il parle aux dirigeants danois du désespoir social croissant dans les îles et de la nécessité d'intégrer le territoire douanier des États-Unis pour assurer la survie économique. Après sa visite, la majorité du Folketinget est convaincue que la suprématie danoise sur les îles doit prendre fin. La Première Guerre mondiale avait créé une situation inédite : les relations entre l’Allemagne et les États-Unis se détérioraient en raison de la guerre sous-marine à outrance menée par l’Allemagne, et les Américains craignaient qu’après une invasion du Danemark, l’Allemagne ne prenne le contrôle des îles. Une telle situation était inacceptable pour les Américains, conformément à la doctrine Monroe.

Le gouvernement danois était convaincu que la vente des îles était nécessaire pour le bien des habitants et la sécurité du Danemark, et qu'un transfert devait être réalisé avant l'entrée en guerre des États-Unis afin de ne pas enfreindre la neutralité danoise. En mai 1915, Erik Scavenius, le ministre des Affaires étrangères du Danemark, contacta le gouvernement des États-Unis pour lui faire savoir qu'il estimait que les îles devaient être vendues aux États-Unis et que, même s'il ne formulerait aucune proposition officielle, « si les États-Unis encourageaient l'examen de la possibilité d'une telle vente, cela pourrait être envisageable ».

Après le naufrage du Lusitania en 1915, la sécurité navale des États-Unis devint une priorité. L'acquisition des îles fut discutée par le secrétaire d'État sortant, William Jennings Bryan, le président, Woodrow Wilson, et le secrétaire d'État par intérim, Robert Lansing. En août 1915, le ministre américain à Copenhague(quoi ?) rapporta que les Danois seraient favorables à une vente si les États-Unis ne proposaient pas de conditions financières susceptibles d'entraîner des marchandages, une des causes de l'échec des négociations de 1902.

Le 29 octobre 1915, Robert Lansing, alors secrétaire d'État des États-Unis, parvint à relancer les négociations, malgré les réticences des Danois, qui arguaient que la construction récente du canal de Panama avait accru la valeur de leurs intérêts commerciaux dans la région. Les négociations, qui durèrent jusqu'en août 1916, furent menées dans le plus grand secret afin de préserver la neutralité danoise. Bien que des rumeurs de vente future aient fuité dans la presse, elles furent catégoriquement démenties par Erik Scavenius et Edvard Brandes, ministre des Finances. Des documents d'archives révèlent que, durant ces discussions, Lansing laissa entendre que, faute d'accord sur la vente des îles, l'armée américaine pourrait les occuper pour empêcher leur annexion par l'Allemagne.

Négociations concernant le Groenland et le prix de vente En novembre 1915, le ministre danois à Washington(quoi ?), Constantin Brun, proposa que les États-Unis reconnaissent simultanément la souveraineté danoise sur le Groenland dans le cadre des négociations. L'historien Bo Lidegaard remet en question l'utilité d'une telle déclaration, car le pays n'avait jamais contesté la souveraineté danoise. Du point de vue américain, bien que les États-Unis aient des revendications sur le nord du Groenland fondées sur les explorations de Charles Francis Hall et de Robert Peary, ils estimèrent que l'achat des îles Vierges était plus important, notamment en raison de la proximité du canal de Panama. Du point de vue de la sécurité, le fait que l'Amérique du Nord britannique se situât entre le Groenland et le territoire américain semblait suffisant pour considérer qu'une éventuelle occupation allemande de l'île du nord serait moins préoccupante que celle des îles du sud. De plus, si la concession du Groenland devait être accordée, il serait plus facile de l'intégrer dans un traité unique plutôt que de tenter de faire adopter deux traités par le Sénat des États-Unis.

Lansing déclara au ministre danois que « les Indes occidentales danoises et le Groenland devraient faire l’objet d’une seule négociation ; que le Danemark possédait quelque chose que nous désirions, et que, de toute évidence, nous possédions quelque chose que le Danemark désirait également ; qu’il me semblait plus judicieux d’intégrer les deux sujets dans un seul traité plutôt que de conclure un traité de cession des Indes occidentales danoises et un protocole relatif au Groenland. Le ministre répondit qu’il n’avait aucune objection à ce que cette solution soit adoptée. ».

En 1916, les deux parties s'accordèrent sur un prix de vente de 25 millions de dollars, et les États-Unis acceptèrent la demande danoise d'une déclaration stipulant qu'ils « ne s'opposeraient pas à ce que le gouvernement danois étende ses intérêts politiques et économiques à l'ensemble du Groenland ». Dans cette déclaration, Lansing précisa qu'il était « le soussigné, secrétaire d'État des États-Unis d'Amérique, dûment autorisé par son gouvernement ». Ainsi investi du pouvoir d'émettre une déclaration unilatérale contraignante, la Déclaration de Lansing de 1916, rapidement ratifiée par le Sénat des États-Unis, le président des États-Unis et le Danemark, et promulguée par le président Woodrow Wilson, a été considérée comme un contrat contraignant et faisait partie intégrante du Traité des Indes occidentales danoises ; la violation substantielle de ce traité est considérée comme ayant affaibli le fondement juridique de la souveraineté américaine sur les îles Vierges.

Dans ses mémoires, Lansing reconnut que, bien qu'il estimât que les États-Unis auraient pu négocier un prix inférieur pour les îles, « compte tenu de l'incertitude qui régnait sur la scène internationale, la prolongation des négociations aurait été dangereuse, tout comme la réduction du prix d'achat en deçà d'un montant suffisamment élevé pour satisfaire le peuple danois. L'opportunité exigeait, dans ces circonstances, que les États-Unis fassent preuve de générosité. ». De plus, écrit-il, « comparé à l'avantage que représentait le fait de surmonter l'opposition danoise à la cession des possessions danoises des Indes occidentales, refuser de reconnaître la souveraineté danoise sur le Groenland aurait été une folie. Toute la négociation aurait pu être compromise si nous avions cédé à cette demande du gouvernement danois. ».

Au moment de l'achat, la colonie n'incluait pas Water Island, qui avait été vendue par l'État danois à l'East Asiatic Company, une compagnie maritime privée, en 1905. La compagnie a finalement vendu l'île aux États-Unis en 1944, pendant l'occupation allemande du Danemark.

Ratification Le traité fut signé le 4 août 1916 à l'hôtel Biltmore de New York par Constantin Brun, ministre danois, et Robert Lansing, le secrétaire d'État des États-Unis. Le Sénat des États-Unis l'approuva le 7 septembre 1916. Un référendum fut organisé au Danemark le 14 décembre 1916 et, le 22 décembre, le Rigsdagen (le parlement danois) ratifia le traité. Le président des États-Unis, Woodrow Wilson, le ratifia le 16 janvier 1917. Les ratifications furent formellement échangées à Washington le 17 janvier 1917. Le 25 janvier, le président Wilson publia une proclamation relative au traité, et le 9 mars, le roi de Danemark, Christian X, publia également une proclamation.

Le 31 mars 1917, à Washington, un mandat d'une valeur de vingt-cinq millions de dollars en or fut présenté à Constantin Brun par Robert Lansing. La vente suscita peu de réactions parmi les Danois, qui considéraient les Indes occidentales comme un investissement malgré plus de deux siècles de possession.