Beni Ilmane (en arabe : بني يلمان), également orthographié Bani Yelman, est une tribu et une confédération d'origine officiellement chérifienne idrisside, principalement établie en Algérie avec des racines historiques au Maroc et des composantes zénètes.

Origines et fondation La tribu tire son nom de son fondateur éponyme, Yelman ben Mohammed al-Sharif. La tradition généalogique fait remonter son ascendance à l'Imam Idriss II (Idris le Jeune) et, par conséquent, à Ali ibn Abi Talib et Fatima Zahra, la fille du prophète. La lignée complète mentionnée dans les archives rattache Yelman à la dynastie fondatrice de Fès.

Historiquement, le territoire des Beni Ilmane était habité de zénètes. Les descendant de Béni Ilmane se réclament de la ville de Fès. Au fil des migrations, plusieurs groupes se sont déplacés vers l'est, s'installant notamment dans la région de Wanougha (Nouga) et fondant la forteresse (Kalâa) de Beni Ilmane.

Rayonnement et composantes Réputés pour leur courage et parfois assimilés ou alliés aux populations Berbères locales au fil de leur intégration, les descendants de Yelman se sont disséminés dans de nombreuses régions d'Algérie et au-delà. La confédération tribale s'est ainsi scindée en plusieurs grandes fractions (Aarch), parmi lesquelles on compte : Les Ouled Sidi Mohamed El Moubarak Les Ouled Azzouz Les Azzala Les Ouled Daoud Les El Madamz

La tribu s'est également distinguée par son fort attachement à l'érudition religieuse. De nombreuses figures savantes, ayant étudié ou enseigné dans des institutions prestigieuses comme la Zaouïa Siddiqiyya, sont issues de cette lignée. Parmi ces personnalités notables figurent le grand savant Abu Ras, l'Imam voyageur al-Dawudi (connu pour son opposition aux Fatimides), ainsi que le saint patron de la ville d'Oran, Sidi Mohammed al-Hawari.

Guerre d'Algérie et le massacre de Melouza

Durant la guerre d'Algérie, les populations rattachées aux Beni Ilmane ont été tragiquement touchées par les luttes intestines entre factions indépendantistes algériennes. Dans la région de Melouza, les habitants refusaient la domination du Front de libération nationale (FLN) et avaient majoritairement fait allégeance au mouvement rival, le Mouvement national algérien (MNA), dont les troupes locales étaient dirigées par Mohammed Bellounis. En représailles contre cette dissidence, le FLN (sous les ordres de la Wilaya III) décide de faire un exemple sanglant. Le 28 mai 1957, plusieurs bataillons de l'Armée de libération nationale (ALN) encerclent le village de Melouza, au niveau du hameau de Mechta-Kasbah. Lors de cet événement tragique, connu sous le nom de Massacre de Melouza, plus de 300 hommes et jeunes garçons du village sont assassinés. Ce crime de masse a profondément meurtri les Beni Ilmane et a eu un retentissement retentissant à l'échelle internationale durant le conflit, marquant au fer rouge l'histoire contemporaine de la région.

Voir aussi Idrissides Wilaya de M'Sila

Références

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