Virginio Galbiati, né le 8 décembre 1890 à Novate Milanese, est un syndicaliste et homme politique fasciste italien.
Biographie
Le combattantisme et Fiume Combattant de la Première Guerre mondiale, Virginio Galbiati participe, le 17 avril 1917 à Milan, à la fondation de l'Associazione dei Combattenti e Reduci (Association des combattants et des vétérans), lors d'un rassemblement de mutilés de guerre dans les locaux de la Lega Antitedesca (Ligue anti-allemande). Président de l'assemblée avec Ettore Ferrari, Galbiati plaide pour la nécessité de créer une association visant à protéger les droits des anciens combattants blessés lors des affrontements. L'assemblée reçoit immédiatement le soutien des officiers revenant du front.
Syndicaliste révolutionnaire, il est secrétaire de la Chambre du Travail de Fiume lors de l'occupation de la ville par Gabriele D'Annunzio et ses légionnaires. Il collabora durant cette période avec Clemente Marassi et Edoardo Malusardi.
Syndicalisme fasciste à Milan Ayant rejoint les rangs du syndicalisme fasciste à Milan, Galbiati est décrit par l'historien Enrico Serventi Longhi comme l'un des « hommes de confiance » de Curzio Suckert.
Secrétaire de la Corporation nationale de l'art blanc [boulangerie] (Corporazione nazionale dell’arte bianca), Galbiati doit vite se confronter à la réalité du terrain, réalité se révélant être, à raison des affirmations de l'organe syndical fasciste Battaglie sindacali que les « les anciennes organisations » avaient été « désormais vidées de leurs masses », que les syndicats fascistes, « de l'aveu des fascistes eux-mêmes », « n'ont aucune base solide, le nombre de leurs adhérents est dérisoire, les masses prolétariennes qui apportent leur travail aux usines et aux transports restent fidèles à leur ancienne, glorieuse et solide organisation ». Pour soutenir ces affirmations, Galbiati publie une analyse dans les colonnes de Il Popolo di Lombardia, organe de la Fédération provinciale fasciste : « À Milan, on ne peut pas dire que rien ait été fait, et rien n'a pu être fait. À l'exception de la Corporation du théâtre et de l'organisation de la boulangerie-pâtisserie (Arte bianca), qui est vraiment solide et compacte et qui embrasse la totalité des travailleurs des catégories qui en dépendent ; à l'exception de quelques noyaux, fussent-ils forts, de cheminots et de postiers-télégraphistes, c'est le désert et les syndicats fascistes sont tout à fait nominaux. Rien n'existe pour les métallurgistes, qui représentent à eux seuls la grande majorité de la classe ouvrière milanaise ; rien pour les textiles, pour les chimistes, pour les travailleurs du bâtiment, bien que pour ces catégories il ait été possible de glaner quelques milliers d'individus. Rien n'a été fait pour les employés. Même là où les syndicats socialistes sont réduits par rapport à leur ancienne puissance, ils conservent pour eux une tradition, une force survivante qui, lors des échéances politiques, détermine la conduite des travailleurs et les entraîne dans l'orbite des partis auxquels appartiennent leurs dirigeants ».
La fronde révisionniste de septembre 1924 Début septembre 1924, Galbiati, Malusardi et d'autres dirigeants syndicaux milanais (Ezio Cornelli, Franco Boneria Ferrario, Oreste Careggio) organisent une fronde interne, « venue de la gauche », avec la création d'un « Comité d’action pour régénérer les Corporations » (Comitato d’azione per rigenerare le Corporazioni) rossoniennes décrites comme « faible, bureaucratique, autoritaire, sans ligne programmatique ».
La fronde révisionniste demandait la recherche d'une entente « avec les masses et les organisations qui se mouvaient sur le terrain national » et « la convocation d’un Congrès des confédérations pour revoir le programme et les statuts, donner une orientation fédéraliste et déconcentrée, consacrer l’autonomie des nominations des organisateurs et prétendre à l’éloignement des dirigeants actuels, pour proposer « une révision totale, nouvelle méthode, nouvelle direction et nouvelles personnes qui puissent mériter la confiance de la classe productive » ». Quant aux relations avec le Parti national fasciste (PNF), elles devaient être fixées « sous la forme d'une alliance libre et consciente ». Le 13 septembre, le Comité, avec le soutient de Suckert, lance son propre journal, L'Idea sindacalista (dont Galbiati signe la plupart des articles).
Soutenue en sous-main par Mussolini pour affaiblir Edmondo Rossoni dans l’espoir de provoquer une scission interne qui réduirait son pouvoir, la fronde de Galbiati et Malusardi reçoit l'adhésion d'Angelo Oliviero Olivetti et l’approbation du Popolo d’Italia mais est rapidement conclue quand « le conseil fédéral milanais confirma la confiance aux dirigeants, prit position contre les révisionnistes et non « sécessionnistes » et mit fin à la tentative ». Le 18 septembre, le Directoire national des Corporations sanctionna l'éloignement « du mouvement syndical fasciste » de Galbiati et de Malusardi. En conséquence, Galbiati fut expulsé de la Confédération mais resta à la tête de son organisation autonome, tout en restant protégé par les autorités et le parti.
Activités et publications sous le régime En 1933, Galbiati publie l'ouvrage Le corporazioni di categoria nelle aspirazioni dei lavoratori, un texte dans lequel il retrace les « précédents doctrinaux des Corporations », notamment au Moyen-Âge, en détail les bases juridiques et promeut la « fin du dualisme de classe » ainsi qu'une « extension du contrôle sur la production ». Ainsi, pour Galbiati, selon la revue Comercio, « les travailleurs verraient dans la corporation — conçue non pas comme la célèbre institution médiévale, mais comme un organe destiné au développement de l'économie nationale — le renforcement du syndicat. Ce dernier, en entrant dans la Corporation, dépasserait l'étroitesse de la manifestation de classe pour participer de manière active au contrôle de la vie économique ».
Il écrit dans la revue Ottobre d'Asvero Gravelli. Il est élu conseiller à la Chambre des faisceaux et des corporations en 1939 où il y représente la Corporation de l’horticulture, floriculture et fruiticulture.
En 1943, Galbiati publie Imprese accentrate o razionalizzate ? Il pensiero dei lavoratori, ouvrage dans lequel il jette un « regard sur ce qui a été fait au cours du Venntenio », discute des questions de rationalisation et de concentration dans les entreprises agricoles, des « forces saines de l'économie corporative fasciste », et traite dans un chapitre « de la formule « les chemins de fer aux cheminots » à l'autogouvernement de la production ».
Publications
Le corporazioni di categoria nelle aspirazioni dei lavoratori, F.lli Pallotta, 1933. Prezzi e salari nella disciplina legislativa, nei controlli corporativi, nell' osservanza, Società Tipografica Editoriale, 1941. Imprese accentrate o razionalizzate? Il pensiero dei lavoratori, Istituto Editoriale Cisalpino, 1943.
Notes et références
Bibliographie
Enrico Serventi Longhi, Alceste De Ambris l’anti-Mussolini. L’utopie concrète d’un révolutionnaire syndicaliste, Presses universitaires de Rennes, 2025. Ferdinando Cordova, Le origini dei sindacati fascisti, Roma-Bari, Laterza, 1974. Ivano Granata, Crisi della democrazia. La Camera del lavoro di Milano dal biennio rosso al regime fascista, FrancoAngeli, 2006. Alessandro Luparini, Anarchici di Mussolini. Dalla sinistra al fascismo tra rivoluzione e revisionismo, Montespertoli, M.I.R., 2001. Giuseppe Parlato, Luigi Razza. Tra sindacato e corporazione, Rivista calabrese di storia del '900, n°2, 2022. Fondo Angelo Oliviero Olivetti : Dal sindacalismo rivoluzionario al sindacalismo integrale, Milano, Cooperativa archivistica e bibliotecaria, 2009
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