L'Union Militaire Républicaine Antifasciste (UMRA) est une association espagnole clandestine militaire de gauche née vers 1934 à l'époque de la Seconde République Espagnole. Elle a été créée en réponse à l'activité de l'Union Militaire Espagnole (UME), association clandestine réactionnaire et conservatrice créée en décembre 1933 contre la république. Beaucoup de militaires qui sont restés fidèles à la République pendant la guerre civile espagnole avaient appartenu ou participé à l'UMRA avant le conflit. L'un des principaux fondateurs de l'UMRA fut le lieutenant colonel Ernesto Carratalá.

Histoire

Le prélude au soulèvement L'Union Militaire Républicaine Antifasciste (UMRA) a fait suite à l'Union Militaire Antifasciste (UMA), qui est née avec les objectifs suivants: contrecarrer l'activité de l'UME; apporter de l'aide aux collègues détenus; rassembler les militaires républicains pour fournir aux gouvernants un instrument contre la réaction.

Par ailleurs, l'UMA a publié un manifeste, rédigé par le lieutenant colonel Ernesto Carratalá, adressé "à tous les collègues antifascistes, sans distinction d'idées politiques", se basant sur le postulat que "chaque militaire, quel que soit le parti auquel il appartienne, doit travailler au sein d'une organisation militaire pour défendre la République en danger, contre le fascisme menaçant". Ainsi, allaient ensuite fusionner l'Union Militaire Antifasciste, d'initiative communiste, et l'Union Militaire Républicaine, d'initiative socialiste, répondant à l'impulsion unitaire qui se développait dans tout le pays, ce qui a donné naissance à l'Union Militaire Républicaine Antifasciste (UMRA).

L'UMRA a été créée en 1934 et a vite obtenu une grande adhésion de la part de certains secteurs militaires républicains, en particulier des lieutenants Urbano Orad de la Torre ou Vicente Guarner Vivancos, qui allaient devenir ses principaux promoteurs. L'association naît avec des objectifs clairs, parmi lesquels celui de contrecarrer au sein de l'armée l'influence de la droite la plus réactionnaire et conservatrice représentée par l'Union Militaire Espagnole. L'officier Eleuterio Díaz-Tendero Merchán aura une grande activité dans l'organisation dès les débuts et se chargera très spécialement de confectionner un fichier des données personnelles et des qualités militaires non seulement des militaires membres de l'UMRA mais aussi d'un grand nombre de militaires suspects ou reconnus de droite. Antonio Cordón, un autre militaire qui a adhéré à cette époque, reconnaît dans ses mémoires que la base de cet énorme fichier a été constituée par une autre archive de fichiers personnels confectionnés par l'UME pour le cas d'un soulèvement militaire, tout en admettant qu'il ignore comment ces fichiers sont tombés aux mains de Díaz-Tendero. vignette|188x188px|José del Castillo Sáenz de Tejada Après la victoire du Front Populaire aux Élections de février 1936, les conspirations de la part des secteurs les plus conservateurs de l'Armée, qui cherchaient à renverser définitivement la République, ont augmenté. L'activité de secteurs de l'extrême-droite contre des militaires républicains reconnus, comme le capitaine Carlos Faraudo (déjà affilié à l'UMRA) a été mise en évidence quand celui-ci a été assassiné le 9 mai. Sa mort a poussé les membres de l'UMRA à organiser des escortes pour les membres les plus en vue et les cadres de commandement, mais cela n'a pas pu éviter que deux mois plus tard fût assassiné un autre de ses membres, le lieutenant Castillo. À cette période, les dirigeants de l'UMRA recevaient déjà constamment des rapports et avis sur la conspiration que tramaient de nombreux membres de l'Armée, pour la plupart connus pour leur conservatisme, dont certains avaient participé à la Sanjurjada de 1932.

Guerre civile espagnole vignette|230x230px|Santiago Casares Quiroga Le 16 juillet une commission de militaires menée par Díaz-Tendero a rendu visite au Président du conseil des ministres, Casares Quiroga, pour l'informer des conspirations en cours. Qu'ils aillent le voir ce jour-là n'était pas un hasard, puisqu'ils prévenaient que dans les jours suivants (et très vraisemblablement deux jours après, le 18 juillet) se produirait une révolte militaire. Ils ont remis au président une liste où ils recommandaient de mettre en disponibilité forcée (ce qui équivalait à les assujettir à une autorité) ou de destituer les généraux Goded, Franco, Fanjul, Mola, Varela ou Aranda, ainsi que beaucoup d'autres militaires (spécialement des africanistes comme Yagüe). Ils proposaient une autre série de mesures, la plus importante étant la proposition de dissolution de l'Armée comme mesure extrême pour contrôler un possible coup d'État dans le cas où la situation échapperait au gouvernement. Le résultat de l'entretien a été vain, puisque Casares Quiroga n'a absolument rien fait et lorsque la révolte militaire s'est produite il a été incapable de réagir, ce qui allait contribuer à donner lieu à la guerre civile espagnole. La seule mesure qui a été appliquée pleinement — la dissolution de l'Armée — l'a été tard et mal, et a en fait été plus nuisible que favorable pour la République.

Une fois commencé le conflit, les militaires membres de l'UMRA, dans leur totalité, sont restés fidèles à la Seconde République et ont intégré ultérieurement la nouvelle Armée Populaire, où ils occuperaient des postes importants et de commandement. Les archives toujours complètes et exhaustives de l'UMRA ont été très utilisées pendant les premières semaines de la guerre pour épurer les militaires républicains sur la base des informations recueillies avant la guerre.

Début 1939, avec la défaite militaire de la Seconde République, Díaz-Tendero est passé en France avec une partie significative des membres de l'association et aussi avec les archives controversées de l'UMRA. Les fichiers de personnel militaire, cependant, ont été détruits par Díaz-Tendero à Toulouse. Après la guerre l'UMRA n'a plus eu aucune activité. Une partie de ses membres étaient morts pendant la guerre, et d'autres étaient prisonniers dans l'Espagne franquiste ou, dans le meilleur des cas, avaient réussi à partir en exil.

Organisation Le fondateur de l'UMRA a été le capitaine Eleuterio Díaz-Tendero, militaire républicain de gauche reconnu, qui mourrait en 1945 dans le camp de concentration nazi de Dachau. D'autres membres fondateurs (aussi parmi les plus actifs et remarqués) étaient les officiers Luis Barceló Jover, Antonio Cordón García, Urbano Orad de la Torre ou Ricardo Burillo Stholle. En 1935 l'organisation avait déjà considérablement grandi et un autre membre éminent, Vicente Guarner Vivancos, a été envoyé à Barcelone pour se charger de la ramification de l'UMRA en Catalogne, où il fut responsable de l'organisation en territoire catalan et devint l'un des principaux membres de l'UMRA.

Outre les fichiers de personnel, l'association a utilisé des informations offertes par les membres de l'UMRA, en particulier celles envoyées par des brigadiers et des soldats qui réussissaient à s'infiltrer dans l'UME et à transmettre des rapports sur des conspirations dans certains secteurs de l'Armée.

Principaux membres Ont été membres de l'UMRA aussi les généraux Miguel Núñez de Prado et Juan Hernández Saravia, et d'autres comme le colonel José Asensio Torrado plus sympathisants que véritables membres actifs. D'autres membres importants furent le lieutenant colonel Ernesto Carratalá, les capitaines Carlos Faraudo (assassiné en mai 1936 par des éléments de l'extrême-droite), et Fernando Condés, ou le lieutenant de la Garde d'assaut José del Castillo, officier qui a été assassiné le 12 juillet 1936, ce qui motivera plus tard l'assassinat du leader de droite José Calvo Sotelo.

Voir aussi

Union Militaire Espagnole Soulèvement nationaliste de juillet 1936 Guerre Civile Espagnole Armée Populaire de la République Luis Casado Escudero

Références

Catégorie:1939 en Espagne Catégorie:Organisme fondé en 1934 Catégorie:1934 en Espagne Catégorie:Histoire militaire de l'Espagne Catégorie:Organisme disparu en 1939