The Lost Treasure of King Juba: The Evidence of Africans in America before Columbus (en français : Le Trésor perdu du Roi Juba: Preuve de la présence d’Africains en Amérique avant Colomb) est un ouvrage pseudo-historique de l’écrivain américain Frank Joseph, publié en 2003 par Bear & Company. Le livre défend l’hypothèse selon laquelle des populations nord-africaines liées au royaume de Maurétanie auraient traversé l’Atlantique et atteint l’Amérique du Nord bien avant les voyages de Christophe Colomb.
L’ouvrage s’appuie principalement sur les controverses entourant la supposée « Grotte de Burrows », un site archéologique non reconnu qui aurait été découvert dans l’Illinois en 1982.
Les thèses développées par Frank Joseph sont largement rejetées par les historiens et archéologues, qui considèrent l’affaire de la Burrows Cave comme un exemple de pseudoarchéologie moderne.
Contenu Selon Frank Joseph, les événements ayant conduit à la présence supposée de Maurétaniens en Amérique commenceraient après l’exécution de Ptolémée de Maurétanie par l’empereur Caligula en 40 apr. J.-C. L’auteur affirme qu’une partie des populations maurétaniennes se serait révoltée contre la domination romaine avant de gagner l’Afrique de l’Ouest, dans une région correspondant à l’actuel Ghana, où elle aurait construit une flotte destinée à une traversée transatlantique.
Le livre soutient que ces exilés auraient cherché à recréer en Amérique un royaume maurétanien à l’abri de l’autorité romaine. Ils auraient transporté avec eux le trésor de Cléopâtre Séléné II, épouse de Juba II, ainsi qu’une partie de la bibliothèque royale maurétanienne, présentée comme un vaste dépôt de savoirs antiques.
Frank Joseph affirme également que ces voyageurs auraient atteint l’Amérique du Nord en suivant une route comparable à celle empruntée plus tard par Christophe Colomb via les îles Canaries, ce qui placerait leur arrivée sur le continent près de quinze siècles avant les expéditions européennes de l’époque moderne.
L’ouvrage accorde une place centrale à la théorie de la « Grotte de Burrows », une prétendue grotte archéologique découverte par Russell E. Burrows dans le sud de l’Illinois en 1982.
Selon les récits relayés par Frank Joseph, la grotte aurait contenu plus de artefacts, parmi lesquels des armes, des bijoux, des sarcophages, des tablettes gravées et des pierres sculptées représentant des soldats romains, des Hébreux antiques, des chrétiens primitifs et des marins ouest-africains. Afin d'étayer son interprétation, l'auteur a reproduit dans son ouvrage plus d'une centaine de photographies des objets qu'il présente comme provenant de cette découverte.
L’auteur associe également ces découvertes à l’hypothèse d’une influence africaine ancienne sur certains peuples autochtones d’Amérique du Nord, notamment les Washitaw, qu’il présente comme descendants de migrants africains précolombiens.
Frank Joseph présente ces objets comme des preuves d’une présence africaine et méditerranéenne en Amérique avant l’époque moderne.
La localisation exacte de la grotte n’a toutefois jamais été révélée publiquement et aucun examen scientifique indépendant du site n’a été réalisé.
Réception Les hypothèses développées dans l’ouvrage sont considérées comme spéculatives par la majorité des spécialistes de l’archéologie précolombienne. Les chercheurs soulignent notamment l’absence de contexte archéologique fiable pour les objets attribués à la Burrows Cave ainsi que de nombreuses incohérences stylistiques et épigraphiques.
L’affaire de la Burrows Cave est fréquemment citée dans les études consacrées à la pseudo-archéologie contemporaine.
Malgré les critiques académiques, le livre a connu une certaine diffusion dans les milieux intéressés par les théories alternatives sur les contacts transocéaniques précolombiens.
Selon Joseph A P Wilson, la grotte de Burrows s'inscrit dans le courant de l'« archéologie hyperdiffusionniste », un champ situé en marge de la recherche académique traditionnelle. Il estime que le manque d'intérêt des archéologues professionnels pour ce type d'affirmations a contribué à renforcer leur diffusion auprès d'un public attiré par les découvertes archéologiques non conventionnelles et souvent méfiant à l'égard des institutions universitaires. Il présente ainsi la controverse autour de la grotte de Burrows comme un exemple des difficultés de dialogue entre les spécialistes et certains publics intéressés par l'archéologie.
Références
Voir aussi Articles connexes Juba II Cléopâtre Séléné II Ptolémée de Maurétanie Contacts transocéaniques précolombiens Pseudohistoire Pseudoarchéologie Fraude archéologique Grotte de Burrows
Bibliographie
Liens externes
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