Le camp de César est un éperon barré inscrit entre la Seine et le "Grand Val d'Aconville" à Port-Villez (commune de Notre-Dame-de-la-Mer) dans les Yvelines. Le site, occupé du Néolithique au haut Moyen Âge, est principalement connu comme oppidum gaulois de La Tène. Il a été réoccupé à l'époque gallo-romaine puis pendant le haut Moyen Âge. Il est probablement identifié à Augustudunas, mentionné au IXe siècle comme camp d'hivernage viking. Le site est protégé au titre de la loi de 1930 et inclus dans le périmètre Natura 2000 des "Coteaux et Boucles de la Seine". Situation géographique Le Camp de César se trouve à Port-Villez commune de Notre-Dame-de-la-Mer dans les Yvelines. Le site est un éperon orienté vers le nord et formé entre la Seine à l'est et le vallon du Grand Val d'Aconville à l'ouest. Aujourd'hui encore, un ruisseau coule toujours dans le vallon. Le sommet de l'éperon atteint environ 100m reposant sur une corniche calcaire. L'ensemble du site est boisé depuis plusieurs siècles. Un chemin de randonnée permet d'accéder au plateau par la pointe de l'éperon depuis le chemin de halage du bord de Seine. L'accès est également possible par "le Chêne Godon" commune de Blaru (Yvelines).
Description du site Rempart de barrage principal Le site est fermé sur sa face sud par un arc léger délimitant une surface d'environ 6,5 ha. L'ouvrage est constitué d'une importante levée de terre, précédée d'un large fossé à fond plat. Cette morphologie correspond à la typologie des oppida à talus et fossé plat.Une seule ouverture dans le barrage est observable à l'endroit où passe aujourd'hui le chemin de randonnée. vignette|Le fossé du rempart de barrage du Camp de César, encore profondément marqué dans le terrain. centré|vignette|Raccordement à l'éperon naturel du rempart de barrage à l'est du Camp de César de Port-Villez (Notre-Dame-de-la-Mer, Yvelines)
Levée secondaire (versant ouest) Une levée de terre moins importante a également été reconnue sur la face de l'éperon bordée par le Grand Val d'Aconville, complétant le dispositif défensif sur le flanc ouest.
Les autres côtés du promontoire, particulièrement abrupts, sont défendus par la topologie naturelle sans aménagement humain perceptible. vignette|Levée de terre secondaire bordant le versant ouest du Camp de César, dominant le vallon du Grand Val d'Aconville. vignette|LiDAR HD - Camp de César - vue zénithale du rempart de barrage - Port-Villez|centré
Historique des occupations
Néolithique Le site a livré un mobilier lithique abondant attribué au Néolithique, témoignant d'une fréquentation ancienne du promontoire.
Âge du Fer - oppidum gaulois A l'âge du Fer, le site devient un oppidum gaulois à la frontière de trois peuples gaulois (Aulerques Eburovices, Carnutes et Véliocasses) sans que les découvertes permettent de trancher son attribution. Le rempart de barrage est classé par la Carte archéologique de la Gaule dans la typologie des oppida à talus et fossé, qui correspond à La Tène finale. centré|vignette|Position du Camp de César à la frontière des Aulerques Éburovices, des Carnutes et des Véliocasses.
Epoque gallo-romaine Le site connaît une réoccupation gallo-romaine, attestée par un mobilier varié découvert dès la fin du XIXe siècle : céramiques diverses, lampe hellénistique du type d'Ephèse, vase en terre blanche et bague en ivoire. Un sesterce de l'empereur Antonin le Pieux a notamment été retrouvé dans le fossé, à proximité de l'entrée, témoignant d'une fréquentation pendant le Haut-Empire.
Haut Moyen Âge Au haut Moyen Âge, entre 845 et 865, les Vikings remontent la Seine pour attaquer Paris et établissent des bases fortifiées le long du fleuve, dont à Jeufosse, à quelques kilomètres en amont de Port-Villez. En 857, Charles le Chauve mène, à Jeufosse, un assaut infructueux et manque d'y perdre la vie. Le site du camp de César est probablement à identifier au lieu nommé Augustudunas comme camp d'hivernage d'une bande normande.
Contexte régional
Réseau des oppida et vis-à-vis avec Vernon Le site appartient au réseau des sites fortifiés de la vallée de la Seine. Il fait face, sur la rive opposée du fleuve, à l'oppidum de Vernon (dit "Camp de Mortagne") dans l'Eure.
Nœud routier antique Le site est situé au pied d'un nœud routier antique. La voie reliant Gisors à Evreux franchit la Seine au pied de l'oppidum, après avoir croisé la voie Vernonnet-Bonnières-sur-Seine au lieu-dit "Le Carrouge" de Limetz-Villez, toponyme dérivé du latin quadruvium ("carrefour à quatre voies"). Le tracé de la voie Gisors-Evreux a été confirmé côté Eure lors des travaux du chemin de fer de Gasny en 1867, qui ont permis d'observer en coupe une chaussée empierrée d'environ quatre mètres de large. centré|vignette|Composition cartographique montrant la persistance du toponyme "Le Carrouge" à Limetz-Villez, héritier du latin quadruvium ("carrefour à quatre voies") à l'emplacement du carrefour des voies romaines.
Bases vikings de la Seine Au IXe siècle, le site s'inscrit dans le dispositif des bases d'hivernage normandes installées le long de la Seine par les Vikings remontant le fleuve. En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte fixe le cours de l'Epte, dont l'embouchure se trouve à proximité immédiate de Port-Villez sur l'autre rive de la Seine, comme la frontière entre le royaume de France et le futur duché de Normandie. Cette limite demeure aujourd'hui celle entre les départements des Yvelines et de l'Eure.
Protection Le site bénéficie d'une protection au titre de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Le Camp de César est inclus dans le site classé "Giverny-Claude-Monet, confluent de la Seine et de l'Epte", d'une superficie de 14577,44 hectares, classé par décret du 9 septembre 1985 au titre de son caractère pittoresque. Il est en outre inclus dans le périmètre du site Natura 2000 "Coteaux et Boucles de la Seine" (code FR1100797), qui couvre une centaine d'hectares de coteaux et boisements entre Jeufosse et Port-Villez (commune de Notre-Dame-de-la-Mer). Le site figure également dans la Carte archéologique nationale, recensé par le Service régional de l'archéologie de la direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France.
Bibliographie
Yvan BARAT, Carte archéologique de la Gaule. Les Yvelines (78), Académie des Inscriptions et Belles-Lettres / Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 2007.
Luc BOURGEOIS, Le sanctuaire rural de Bennecourt (Yvelines). Du temple celtique au temple gallo-romain, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1999.
Luc BOURGEOIS, « Autour de l'oppidum de Port-Villez », Bulletin archéologique du Vexin français, n° 25, 1992, p. 61-67.
Patrick PERIN, « Les objets vikings du Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, Rouen », dans Cahier des Annales de Normandie, n° 23, 1990, Recueil d'études en hommage à Lucien Musset.
Élisabeth DENIAUX, Pierre BAUDUIN, Thomas JARRY, Claude LORREN, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, Ouest-France, 2002.
Liens externes
Site officiel de la commune de Notre-Dame-de-la-Mer
Le sanctuaire rural de Bennecourt sur OpenEdition Books
Recueil d'études en hommage à Lucien Musset
Carte Géoportail centrée sur les coordonnées du Camp de César
Fiche Natura 2000 FR1100797 "Coteaux et Boucles de la Seine"
Notes et références
Catégorie:Ville ou oppidum celtique en France Catégorie:Éperon barré en France Catégorie:Notre-Dame-de-la-Mer Catégorie:Site archéologique dans les Yvelines Catégorie:Âge des Vikings en France