La route de BethléemEn hébreu, Derekh Beit Lehem signifie littéralement « route de Bethléem ». On rencontre aussi la translittération Derech Beit Lehem., en hébreu דרך בית לחם (Derekh Beit Lehem), est une rue de Jérusalem, en Israël. Elle traverse principalement le quartier de Baka, également appelé Geoulîm, ainsi que des secteurs proches de la colonie allemande et de Talpiot. Elle constitue l’un des axes historiques et commerciaux du sud de Jérusalem, à proximité de la route d'Hébron, de la rue Emek Refaïm et du parc de la voie ferrée de Jérusalem. vignette|Route de Bethléem La rue tire son nom de l’ancienne route menant de Jérusalem à Bethléem, comme d’autres voies historiques de la ville nommées d’après leur destination, telles que la route d'Hébron, la rue de Jaffa, la route de Jéricho, la route de Naplouse et la rue de Gaza. Dans l’espace urbain contemporain, la route de Bethléem conserve un caractère résidentiel, commercial et patrimonial. La municipalité de Jérusalem l’identifie notamment comme l’un des axes commerciaux importants du quartier de Baka, aux côtés de la rue Rivka et de la rue Pierre Koenig.
Histoire La route de Bethléem s’inscrit dans l’histoire des routes sortant de Jérusalem vers les localités environnantes. Son nom rappelle l’ancien axe menant vers Bethléem, au sud de Jérusalem. Cette fonction historique explique sa place dans la géographie urbaine de la ville, où plusieurs rues anciennes ont conservé le nom de leur destination.
Durant la période du Mandat britannique sur la Palestine, le secteur de la route de Bethléem se développe avec les quartiers de Baka et de la colonie allemande. Baka devient alors un quartier résidentiel comprenant des maisons de pierre, des villas et des immeubles construits notamment pour des familles arabes aisées, principalement chrétiennes. Le plan directeur municipal du quartier de Baka souligne aujourd’hui l’importance de ce tissu urbain historique et vise à distinguer les zones à préserver des secteurs pouvant faire l’objet de renouvellement urbain.
La rue et ses abords présentent donc un patrimoine architectural varié, comprenant des maisons de la période mandataire, des bâtiments liés à la colonie allemande et des constructions plus récentes. L’annexe de conservation du plan directeur de Baka mentionne plusieurs rues et ensembles bâtis présentant une valeur patrimoniale dans ce secteur, dont la route de Bethléem.
Pendant la Première Guerre mondiale, le secteur au sud de Jérusalem joue un rôle dans les combats et mouvements militaires précédant la prise de Jérusalem par les Britanniques en décembre 1917. Les forces britanniques progressent alors dans la région de Bethléem et de Jérusalem dans le cadre de leur offensive contre les forces ottomanes.
Après la guerre israélo-arabe de 1948-1949 et la division de Jérusalem, la route de Bethléem reste dans la partie occidentale de la ville, tandis que Bethléem passe sous contrôle jordanien. La rue conserve cependant son nom historique, même si la continuité directe vers Bethléem est modifiée par la nouvelle situation politique et urbaine.
Bâtiments et patrimoine architectural vignette|La route de Bethléem vue du ciel La route de Bethléem est liée au patrimoine bâti de Baka et de la colonie allemande. Plusieurs maisons et bâtiments du secteur reflètent les différentes phases de développement de Jérusalem aux et siècles : construction templière, architecture arabe de la période mandataire, bâtiments publics et immeubles résidentiels plus récents.
Parmi les bâtiments notables du secteur figure la maison Friedrich Ahmann, située au 22 route de Bethléem, dans la colonie allemande. Le Conseil pour la conservation des sites
du patrimoine en Israël signale ce bâtiment comme un site patrimonial identifié par une plaque commémorative. Le bâtiment témoigne de la présence des Templiers allemands dans la colonie allemande de Jérusalem.
Le secteur de la jonction entre la route de Bethléem et la rue Emek Refaïm comprend aussi des bâtiments associés à l’ancienne colonie allemande. Des sources touristiques et patrimoniales mentionnent notamment l’ancien bâtiment communautaire templier et les anciennes écoles templières, intégrés dans le développement hôtelier et urbain du secteur.
Des fouilles et relevés archéologiques réalisés dans le secteur de la route de Bethléem ont également mis au jour différents vestiges, notamment des terrasses agricoles, des restes de constructions, des citernes, des grottes funéraires et des traces d’extraction dans le rocher.
Commerce et vie urbaine vignette|258x258px|« Kiosque à jus de framboise », l'ancien poste de contrôle ferroviaire, Bethlehem Road, à l'angle du parc ferroviaire Au siècle, la route de Bethléem est aussi connue comme un axe de commerces, de cafés et de restaurants. La municipalité de Jérusalem la classe parmi les rues à façade commerciale dans le cadre du plan directeur de Baka. Ce rôle commercial s’explique notamment par sa situation entre Baka, la colonie allemande, Talpiot et le parc de la voie ferrée.
La rue accueille des commerces de proximité, des cafés, des restaurants et des services destinés aux habitants des quartiers voisins. Avec la rue Emek Refaïm, elle participe à l’activité commerciale du sud-ouest de Jérusalem et constitue un espace de promenade urbaine dans un secteur marqué par la présence de bâtiments historiques, de logements et d’institutions.
Le développement commercial de la rue accompagne aussi les transformations sociales du quartier de Baka. La municipalité souligne que le plan directeur du quartier cherche à concilier conservation patrimoniale, renouvellement urbain et maintien d’axes commerciaux actifs.
La proximité du parc de la voie ferrée de Jérusalem renforce également le rôle piétonnier de la route de Bethléem. Le parc, aménagé sur le tracé de l’ancienne voie ferrée, relie plusieurs quartiers du sud de Jérusalem et attire des promeneurs, cyclistes et familles. Cette continuité urbaine contribue à faire de la rue un axe de passage quotidien, mais aussi un espace de loisirs et de rencontre pour les habitants du secteur.
Dans la littérature La route de Bethléem donne son nom au roman policier Meurtre sur la route de Bethléem de l’écrivaine israélienne Batya Gour. Le livre, publié en 2001, fait partie de la série consacrée au commissaire Michael Ohayon.
L’intrigue s’ouvre sur la découverte d’un corps dans une maison située route de Bethléem, dans le quartier de Baka à Jérusalem. La description du livre par la Bibliothèque nationale d’Israël situe explicitement la scène dans une maison de la route de Bethléem, à Baka. Une critique publiée par Ynet souligne que le roman utilise l’enquête policière pour explorer l’histoire sociale du quartier, ses tensions, sa diversité et les transformations urbaines liées aux rénovations et aux changements de population.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Jérusalem Baka (quartier) Talpiot Route d'Hébron Rue de Jaffa Bethléem Batya Gour
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