Le vol SmartLynx Airlines Estonia 9001 (MYX9001) est un vol d'entraînement, assuré par un Airbus A320, qui est sorti de la piste lors d'un atterrissage d'urgence le , à l'aéroport international de Tallinn, en Estonie, en raison de graves problèmes de contrôle, survenus peu de temps auparavantThe Aviation Herald. L'appareil a été retiré du service vue la gravité des dégâts, mais on ne compte aucun décès et seulement deux blessés parmi les sept membres d'équipage, les seules personnes présentes à bord.
Avion et équipage thumb|left|L'appareil impliqué (ES-SAN), photographié quelques heures avant l'incident. L'appareil concerné était un Airbus A320-214 âgé de 18 ans et immatriculé ES-SAN (numéro de série 1213). Il cumule 44 997 heures de vol et a effectué 21 839 cycles (décollage/atterrissage) au moment de l'incident.
Cet avion de ligne moyen-courrier, propulsé par deux moteurs CFM International CFM56-5B4/P, a été acquis par , alors filiale de SmartLynx Airlines, au début du mois de février 2018, après avoir servi au sein de plusieurs compagnies aérienne, dont Air Jamaica, et Vladivostok Avia.
À son bord se trouvaient, en tant que commandant de bord, un pilote instructeur âgé de 63 ans et ayant plus de 24 000 heures de vol, ainsi qu'un copilote de sécurité, qualifié pour piloter l'A320 en cas d'urgence. Quatre élèves pilotes, qui devaient chacun décoller, effectuer une remise de gaz, réaliser cinq posés-décollés (touch-and-go), puis effectuer un dernier atterrissage, sous le contrôle d'un inspecteur de l', du programme de formation de la compagnie aérienne.
Déroulement des faits À 12 h 03, heure locale, le vol 9001 a décollé de Tallinn dans le cadre d'un vol d'entraînement d'environ trois heures, ayant pour but de permettre aux élèves pilotes suivant le programme de formation interne de la compagnie sur l'A320 de s'entraîner aux décollages, atterrissages et remises de gaz.
Lors des trois premiers vols, un message d'avertissement relatif à l'un des deux Elevator Aileron Computers (ELAC), qui fait partie des commandes de vol électriques de l'A320 et qui transmettent les commandes effectuées par les pilotes et le pilote automatique aux gouvernes de profondeur, aux ailerons et au stabilisateur horizontal, est apparu à plusieurs reprises sur l'écran électronique centralisé (ECAM) de l'appareil, et l'équipage n'a pas réussi à réinitialiser ce système lors du dernier vol.
thumb|left|Séquence photo montrant l'A320 rebondissant sur la piste 08. À 17 h 04, lors de l'approche finale vers la piste 08, avec le quatrième élève pilote aux commandes, le deuxième ELAC est tombé en panne simultanément avec les deux Spoiler Elevator Computers (SEC), qui contrôlent normalement la position des spoilers de l'avion et qui peuvent prendre le relais des ELAC pour gérer également les gouvernes de profondeur. En conséquence, lors de l'atterrissage, l'appareil a cessé de répondre aux commandes de tangage et, lors de la remise des gaz, il a rapidement perdu de l'altitude et, comme le train d'atterrissage étant partiellement rentré, les deux moteurs ont violemment heurté la piste, en brisant les portes du train d'atterrissage principal.
L'appareil a ensuite réussi à reprendre de l'altitude, avec une vitesse ascensionnelle de 6 000 pieds (1 830 m)/min, et les pilotes ont pu le stabiliser à une altitude de 1 200 pieds (365 m) et faire demi-tour. Cependant, les deux moteurs ont perdu successivement de la puissance peu avant l'atterrissage à l'aéroport international de Tallinn. L'équipage a alors utilisé la poussée fournie par les moteurs endommagés et le compensateur pour effectuer un atterrissage d'urgence après la panne des deux moteurs.
Le vol 9001 a atterri brutalement dans la neige à 17 h 11, à environ 150 m de la piste 08, et il a dérapé sur le tarmac, en roulant sur le côté gauche de la piste, s'immobilisant finalement dans la neige, à 15 m au sud de la piste. L'équipage a ensuite évacué l'appareil par les toboggans d'évacuation d'urgence de la porte L1. L'impact au sol fut si violent que l'inspecteur de la sécurité aérienne et un des élèves pilotes furent légèrement blessés, mais personne ne fut grièvement blessé. L'A320 a subi des dommages si importants, principalement au niveau du fuselage, des deux moteurs et du train d'atterrissage, que la compagnie aérienne a décider de le retirer du service.
Enquête thumb|Représentation de la trajectoire de vol finale du vol 9001. L'enquête, menée par le (ESIB), a déterminé que les défaillances répétées des deux ELAC sont dues à un dysfonctionnement du système de compensation du stabilisateur horizontal (THSA), qui compare la position demandée par les pilotes et la position réelle du stabilisateur. Lorsque le pilote instructeur a utilisé la molette de compensation pour l'atterrissage, un piston de commande manuelle, qui sert de dispositif de sécurité, n'a pas désactivé le THSA, en raison d'une huile de lubrification inadaptée.
La défaillance des deux SEC, lors du quatrième atterrissage, a été causée par un décalage temporel dans les données transmises par deux ordinateurs, appelés Landing Gear Control Interface Units (LGCIU), qui surveille la position du train d'atterrissage (au sol ou en l'air). Ces deux ordinateurs ont envoyé des indications différentes aux deux SEC, ce qui a entraîné leur défaillance afin d'éviter le déploiement des spoilers en vol.
Cette action a provoqué une perte totale de contrôle des gouvernes de profondeur, les SEC prenant alors en charge le contrôle du tangage.. Lors de la remise des gaz, les manettes des gaz ont été brièvement ramenées au ralenti et les volets rentrés, provoquant une diminution rapide du tangage, l'impact de l'avion avec la piste et des dommages importants au niveau des moteurs.
Références
Voir aussi Liens externes
Rapport final Article sur l'accident
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