Pour la seconde fois de son histoire, l'équipe d'Allemagne de football accueille la Coupe du monde de football 2006. Elle avait déjà organisé l'édition de 1974 en Allemagne de l'Ouest. L'équipe est dirigée par Jürgen Klinsmann depuis 2004.
L'Allemagne avait connu deux échecs à l'Euro 2000 et 2004. Elle avait aussi atteint la finale de la Coupe du monde 2002.
Avant cette Coupe du monde, l'équipe nationale allemande a accueilli et participé à la Coupe des confédérations 2005. Elle avait terminé à la troisième place de la compétition.
Parce qu'elle était pays hôte de la compétition, l'équipe nationale allemande est dispensée des éliminatoires. Lors de ses matchs de préparation, elle bat les États-Unis et la Colombie, mais perd face à l'Italie, et fait un match nul face au Japon.
Durant la phase de poules, l'Allemagne est dans le groupe A. Lors du match d'ouverture, les Allemands battent l'équipe du Costa Rica avec un but de Philipp Lahm qui ouvre le score du tournoi. Qualifié pour la phase éliminatoire après leur seconde rencontre, ils gagnent leurs trois matches.
En huitièmes de finale, l'Allemagne rencontre la Suède et l'emporte 2-0 (avec un doublé de Lukas Podolski dans les quinze premières minutes). En quarts de finale, l'Allemagne gagne contre l'Argentine pour atteindre la demi-finale perdue face à l'Italie. La Mannschaft termine à la troisième place en battant le Portugal (3-1). Le gardien de but Oliver Kahn joue son dernier match en sélection nationale.
Après la Coupe du monde, le parcours de l'équipe allemande est analysé comme positif. Jürgen Klinsmann ne prolongera pas son contrat, et Joachim Löw prendra la relève. L'aventure de l'équipe allemande lors de cette Coupe du monde 2006 est nommée en allemand « Ein Sommermärchen », un conte d'été.
Contexte Finaliste à la Coupe du Monde de 2002, l'Allemagne décide de réformer la formation de ses jeunes joueurs. Elle s'inspire des méthodes en vigueur en France, en Espagne et aux Pays-Bas. La Ligue de football allemande (DFL) admet dans un document officiel de 2011 que . Helmut Sandrock, ancien secrétaire général de la Fédération allemande de football (DFB), rapporte : « Au tournant du siècle, le football allemand était K.O. [...] Ce qui a suivi a été une révolution dans la formation des jeunes. Nous avons envoyé tous les entraîneurs de la fédération à l'étranger pour observer ce qui fonctionnait bien et dont nous pourrions nous inspirer »DFB Stützpunkt Baccum, Talentförderung, Nachwuchskonzept.
En Allemagne, il n'y a ni système de détection systématisé, ni centres de formations pour les jeunes élites, ni championnats national juniors. La DFB sélectionne des entraîneurs qui prônent une nouvelle philosophie de jeu et une nouvelle vision du football, influencée par celle des autres championnats.
Après l'échec de l'Euro 2004, la fédération confie l'équipe nationale à Jürgen Klinsmann, avec comme adjoint Joachim Löw. Sous leur impulsion, la DFB met en place un plan visant à harmoniser le style de jeu et la tactique de toutes les équipes nationales allemandes, des moins de aux équipes réserves. Ceci est adopté et après des années de travail, les résultats sont l'éclosion de jeunes joueurs talentueux et des performances convaincantes des équipes de jeunesLes équipes jeunes allemandes, espoirs, U20, U19 et U17, se distinguent par leurs performances après 2006, atteignant fréquemment les phases finales, voire le dernier carré des compétitions internationales.. Ainsi, l'équipe allemande de 2006 marque le début d'une nouvelle ère..
Projet d'organisation du Mondial 2006
thumb|right|Logo de la candidature allemande
Après avoir organisé la Coupe du monde 1974, et à la suite de la réunification allemande (1990), la fédération allemande de football veut organiser une Coupe du monde pour la deuxième fois. La fédération et son président Egidius Braun entament la promotion de leur candidature. Fin 1996, Franz Beckenbauer devient ambassadeur de la candidature allemande. Il prend la présidence du comité de candidature en 1998. En cette qualité, il transmet au président de la FIFA Sepp Blatter, le 26 novembre 1998, la déclaration d'intention officielle de la fédération allemande pour l'organisation de la Coupe du monde 2006Xavier Barret, Franck Simon, « L'espoir de toute l'Afrique », France Football, 4 juillet 2000, , ..
Si cette candidature ravit les autorités allemandes, ce n'est pas le cas de la presse allemande et étrangère : elles se posent des questions sur cette candidature. En juin 2015, l'hebdomadaire allemand Die Zeit révèle : l'Allemagne aurait acheté l'organisation du Mondial 2006. Pour obtenir le soutien des responsables asiatiques de la FIFA, elle aurait fait une série d'investissements en Asie. Le groupe pharmaceutique Bayer et le fabricant automobile Volkswagen auraient investi en Thaïlande et en Corée du Sud. Daimler aurait injecté de l'argent dans Hyundai, car le fils de son fondateur siège au conseil d'administration de la FIFA. Toujours selon Die Zeit, le gouvernement de Gerhard Schröder aurait acheté le vote de l'Arabie saoudite en échange de lance-roquettes.
Coupe des confédérations 2005
L'Allemagne remporte la candidature du Mondial 2006, et organise dans la foulée la Coupe des confédérations 2005. Depuis lors, cette Coupe sert de répétition générale aux organisateurs de la Coupe du monde.
La Mannschaft se situe naturellement dans le groupe A en tant qu'équipe hôte. Elle affronte la Tunisie, championne d'Afrique en 2004, l'Australie, vainqueur de la Coupe d'Océanie de 2004 et l'Argentine, finaliste de la Copa América 2004.
Pour son premier match dans le groupe, les Allemands battent l'Australie (4-3). Lors du deuxième match, l'équipe de Jürgen Klinsmann bat la Tunisie (3-0). Avec deux matchs pour deux victoires, l'Allemagne se qualifie pour les demi-finales avant d'affronter l'Argentine. Face à l'Albiceleste, les Allemands font match nul (2-2). L'Allemagne conserve sa première place grâce à une meilleure différence de buts. En demi-finale, elle affronte le Brésil, champions du monde en titre. Le match est tendu. Les Allemands cherchent une revanche de la finale de la Coupe du monde 2002. Ils perdent (2-3). Ils remportent la troisième place contre le Mexique (4-3).
C'est la deuxième participation de l'Allemagne à la Coupe des confédérations. En 1999, au Mexique, l'Allemagne est éliminée au tour. Cette équipe, sorte de pré-équipe du Mondial 2006, gagne le podium et laisse espérer une bonne performance au Mondial.
Groupe A pour l'Allemagne
L'Allemagne est automatiquement qualifiée dès le , en tant que pays hôte de la Coupe du Monde. Elle est placée en tête du groupe A lors du tirage au sort..
Auparavant, le pays organisateur n'était pas systématiquement assigné au groupe A. Aucune règle spécifique n'existait à ce sujet. Lors de l'Euro de 1984 en France, le pays hôte a joué le match d'ouverture. Lors des Coupes du Monde 1998 en France, et 2002 en Corée du Sud et au Japon, les champions en titre ont été placés dans le groupe A ( le Brésil en 1998 et la France en 2002). Cette règle va devenir systématique à la Coupe du Monde de 2006 en Allemagne. Elle sera supprimée ensuite.
L'importance de cette règle est aussi symbolique que sportive. Dans le groupe A et premier du groupe avant le tirage, l'Allemagne commence par conséquent le match d'ouverture. Le tirage au sort de la phase finale est fait le à Leipzig. L'Allemagne et le Brésil sont respectivement dans les groupes A et F.
Le tirage au sort veut éviter que des équipes de deux continents, (trois provenant d'Europe), se rencontrent lors du premier tour. Pour son premier match, l'Allemagne affronte le Costa Rica. Cette équipe du pot 4 a participé à la Coupe du Monde 2002 et s'est classée troisième lors des qualifications en Amérique du Nord. Pour son deuxième match, les Allemands joueront contre la Pologne. Cette équipe du pot 3 est considérée comme la plus redoutable sur le papier. Les Orły ont terminé deuxièmes du groupe 6 des éliminatoires européens, juste derrière l'Angleterre, avec d'écart. Enfin, l'équipe de Jürgen Klinsmann affrontera l'Équateur dans son dernier match de groupe. Les Équatoriens, dans le pot 2, ont également participé à la Coupe du Monde 2002. Ils ont fini quatrième de leur groupe en Amérique du Sud et ont battu le Brésil et l'Argentine lors de matchs officiels.
ÉquipeChapeauMéthode de qualificationDate de qualificationParticipationsDernière participationMeilleure performance passéeClassement FIFA Allemagne1 (Pays hôte) Qualification d'office 2002 (Finaliste) Vainqueur en 1954, 1974 et 199019 Équateur2Troisième du Amérique du Sud 2002 (Premier tour)Premier tour en 2002 39 Pologne3Deuxième du Groupe 6 Europe 2002 (Premier tour) Troisième en 1974 et 1982 29 Costa Rica4Troisième du Amérique du Nord, centrale et Caraïbes 2002 (Premier tour)Huitième de finale en 1990 26
Après le tirage, les équipes du groupe A réagissent. Les entraîneurs du Costa Rica, de la Pologne et de l'Équateur se réjouissent de leur rencontre contre le pays hôte. La presse allemande reste modeste. Dans l'ensemble, les supporter allemands considèrent ce groupe comme plutôt abordable. Les personnalités du football allemand sont optimistes et restent mesurées. Beckenbauer, surnommé "der Kaiser" (l'empereur), et Jürgen Klinsmann mettent en garde : ne pas sous-estimer les adversaires.
vignette|Franz Beckenbauer, président du comité d'organisation du tournoi
Au Costa Rica, la joie est double : ils rencontrent l'Allemagne pays hôte et grande nation du football mondial, et, en plus, lors du match d’ouverture. L’entraîneur Alexandre Guimarães, brésilien (puis naturalisé costaricain) déclare :
Les Polonais sont redoutés par la presse allemande et la vox populi allemande en général.. Paweł Janas, entraîneur de la Pologne, déclare :
En Équateur, dernier adversaire du groupe A pour la Mannschaft, Luis Fernando Suárez exprime la même joie que ses homologues costariciens et polonais :
Dans l'ensemble, les organisateurs sont satisfaits du tirage au sort et des adversaires. L'Allemagne évite des adversaires redoutables du chapeau 3, (Pays-Bas, demi-finalistes de l'Euro 2004 et troisièmes au classement FIFA, Portugal, finaliste malheureux de ce même Euro, République tchèque, classée deuxième au classement FIFA en mai 2006.
Matchs de préparation
Après la Coupe des Confédérations 2005, l'Allemagne organise quelques matchs amicaux : l'équipe des Pays-Bas, demi-finaliste de l'Euro 2004, mène (2-0, doublé d'Arjen Robben), les Allemands reviennent à égalité, (2-2); la Slovaquie gagne (2-0), l'attaque allemande fait une bonne deuxième mi-temps, la défense reste perfectible. Lors de ce match, Jürgen Klinsmann décide de remplacer Oliver Kahn par Jens Lehmann dans les butsJens Lehmann occupait déjà le poste de titulaire au sein de l'équipe A d'Allemagne, mais lors de compétitions moins prestigieuses telles que la Coupe des Confédérations de 1999 ou celle organisée en Allemagne en 2005, il jouait un match sur deux en compétition avec Oliver Kahn.. Dans le troisième match contre l'Afrique du Sud, les Allemands renouent avec la victoire (4-2). L'Allemagne encaisse deux buts en trois matchs consécutifs, sa défense est critiquée par la presse allemande. Le quatrième match contre la Turquie à l’extérieur confirme sa faiblesse défensive, (2-1). Les critiques pointent la responsabilité de Jürgen Klinsmann. La victoire (1-0) contre la Chine n'atténue pas les critiques. Pour le dernier match de l'année, les Allemands font match nul contre la France au Stade de France.
Jürgen Klinsmann et son adjoint, Joachim Löw, en tirent des enseignements : les matchs amicaux ont mis en lumière la fragilité défensive de l'Allemagne. En 2006, des ajustements tactiques sont apportés. Les matchs préparatoires avant la Coupe du Monde sont scrutés de près par les spécialistes et la presse allemande. La plupart des joueurs de ces matchs amicaux feront partie du tournoi mondial.