Bronys Raila, né le 23 mars 1909 à Poneveshky Uyezd, comté de Panevėžys, et mort le 13 avril 1997 à Los Angeles, est un écrivain, poète, journaliste, critique littéraire et homme politique lituanien.

Biographie

Jeunesse et formation (1919-1930) Bronys Raila étudie d'abord à l'école secondaire de Rozalimas de 1919 à 1923, puis obtient son diplôme au lycée de Panevėžys en 1927. De 1927 à 1932, il étudie l'art dramatique, ainsi que la langue et la littérature lituaniennes, russes et anglaises à la Faculté des sciences humaines de l'Université de Lituanie. Parallèlement, de 1932 à 1934, il se forme à la musique et au chant au Conservatoire de Kaunas. En 1939, il obtient le diplôme de l'Institut des hautes études internationales de l'Université de Paris.

Durant ses années d'études, il s'engage activement dans les mouvements étudiants. Membre de l'organisation « Žiežirba », il fait partie des comités de rédaction des journaux Studentsas et Žaizdras entre 1928 et 1930. Il est arrêté en février 1929 pour avoir organisé une manifestation étudiante.

Engagements politiques et activités journalistiques (1930-1940) En 1930–1931, Bronys Raila figure parmi les principaux idéologues et rédacteurs de l'almanach des écrivains de gauche Trečias frontas (Le Troisième Front), où il collabore notamment avec Kazys Boruta, Petras Cvirka et Salomėja Nėris.

Après la fermeture de Trečias frontas, il change ensuite d'orientation politique et devient membre de l'Union des nationalistes lituaniens de 1932 à 1937, puis de 1939 à 1940. Durant cette période, il exerce diverses fonctions dans les médias : rédacteur et présentateur de la revue de presse à la radio d'État de Kaunas (1936-1937), collaborateur de l'hebdomadaire Mūsų kraštas (1937-1939) et correspondant du journal Lietuvos aidas à Paris et en Europe occidentale (1939). Il devient également responsable de la politique étrangère pour Lietuvos aidas et secrétaire de rédaction de la revue nationaliste Vairas (1939-1940), publication qui regroupait des nationalistes mécontents de la modération du président lituanien Antanas Smetona.

Après l'occupation de la Lituanie par l'armée soviétique le 15 juin 1940, le nouveau rédacteur en chef de Lietuvos aidas, Jonas Šimkus, lui conseille de quitter le pays. Raila s'enfuit en Allemagne le 21 juin 1940. Des poèmes pro-communistes écrits par Raila à cette période sont retrouvés plus tard à la bibliothèque de l'Académie des sciences ; selon l'historien Mindaugas Tamošaitis, ces écrits visaient probablement à s'attirer la bienveillance des autorités d'occupation.

Rôle au sein du Front des activistes lituaniens (1941-1944) En exil en Allemagne, il participe à la fondation de l'organisation nationaliste Front des activistes lituaniens, dont il dirige la commission de propagande aux côtés de Kazys Škirpa.

Le 25 janvier 1941, le commandant des Forces armées lituaniennes (FAL) , Kazys Škirpa, soumit aux services de renseignement militaire nazis le plan « Proposition de libération de la Lituanie », dont la deuxième des trois étapes préparatoires consistait à « Préparer une action qui déterminera l’opinion publique et la détermination de la nation lituanienne ». À la demande de Kazys Škirpa, Bronys Raila rédigea la brochure « Ce pour quoi se battent les activistes ». Ce texte accusait les Juifs de participer activement à la destruction de l’État lituanien : « Conformément à l'esprit aryen de l'Europe renaissante, ils devront être séparés de l'État et du corps national lituanien ».Dans l’appel « Libérons à jamais la Lituanie du joug du judaïsme », les Juifs sont considérés comme les propagateurs de l’idéologie destructrice du communisme, accusés d’avoir pris le contrôle de l’économie lituanienne et d’avoir inondé les villes :« Le droit d'asile accordé aux Juifs en Lituanie à l'époque de Vytautas le Grand est complètement et définitivement abrogé ».Les Juifs reçoivent l'ordre de quitter immédiatement la Lituanie. Il est prévu de transférer à la nation lituanienne tous les biens meubles et immeubles leur appartenant. Bronys Raila imaginait une « nouvelle Lituanie » sous la forme d'une dictature nationale à parti unique, purement lituanienne, sans Juifs ni autres minorités, dirigée par son chef et sous l'égide de la Grande Allemagne. L'historien Valentinas Brandišauskas a soutenu que la rhétorique antisémite du Front des activistes lituaniens avait eu un impact minime sur la conscience collective lituanienne et que les pogroms et les fusillades survenus pendant le soulèvement étaient dus à des causes locales. Cependant, la Commission internationale d'évaluation des crimes des régimes d'occupation nazi et soviétique en Lituanie a confirmé les conclusions selon lesquelles les pogroms étaient tentés d'être justifiés par une propagande antisémite assimilant les Juifs au bolchevisme, et que les opinions antisémites du gouvernement provisoire lituanien et du Front des activistes lituaniens étaient bien documentées.

En 1942, Raila retourne en Lituanie et travaille jusqu'en 1944 comme critique de théâtre pour l'hebdomadaire Tėviškė (La Patrie) à Šiauliai.

Exil aux États-Unis et fin de vie Fuyant l'avancée des troupes soviétiques, il s'exile par la suite aux États-Unis et, à partir de 1949, devient rédacteur en chef de la publication Vienybės à Brooklyn. Il collabore également aux revues de la diaspora Nemunas et Santarvė, dont il est le représentant en Amérique de 1951 à 1958. À partir de 1975, il intervient comme commentateur culturel et politique pour les stations Radio Laisvė et Radio Free Europe.

Membre de l'Union des journalistes lituaniens, il écrit principalement sur la politique, la linguistique, le journalisme ainsi que la critique d'art et de théâtre. Pour signer ses textes, il utilise le pseudonyme Bronius R. et plusieurs autres faux noms dont A. Daumantas, A. Valkiniškis, Jurgis Lengvenis, Algis Daujotas et J. Pajauta. Durant sa vie aux États-Unis, il publie 14 recueils regroupant ses essais, chroniques et commentaires.

Bronys Raila meurt en exil en 1997. En 2015, ses restes et ceux de son épouse Daneta sont rapatriés et réinhumés au cimetière Petrašiūnai de Kaunas.

En 2015, Bronys Raila et son épouse Daneta ont été inhumés de nouveau au cimetière Petrašiūnai de Kaunas.

Bibliographie

Barbaras rėkia, eilėraščiai, 1930 m. Tamsiausia prieš aušrą, publicistika, 1960 m. Iš paskendusio pasaulio, publicistika, 1962 m. Laumių juosta, publicistika, 1966 m. Dialogas su Lietuviais, 1970 m. Versmės ir verpetai, 1970 m. Paguoda, 1974 m. Bastūno maištas, 1977 m. Vaivos Rykštė: Šimtas prakalbų į Lietuvą, (1975–1979 m.), 1980 m. Kitokios Lietuvos ilgesys: Šimtas prakalbų į Lietuvą, (1980–1982 m.), 1983 m. Raibos agavos, 1983 m. Tave mylėti tegalima iš tolo, publicistika, 1986 m. Kryžkelės: radijo prakalbos į Lietuva (1986–1988 m.), publicistika, 1989 m. Kodėl antraip?, publicistika, 1991 m. Kitokios Lietuvos ilgesys, publicistika, 1993 m. Kuo alsavom, publicistika, 1994 m. Rašalo ašaros, publicistika, 1995 m. Nuo vakarykštės iki rytdienos: tautos laisvėjimo vaivorykštė, publicistika, 1996 m. Liudininko poringės: Minčių ir išgyvenimų pėdsakais (1944–1996 m.), publicistika, 1997 m.

Prix

Prix Vincas Kudirka 1996 pour le livre « Larmes d'encre » Croix de Commandeur de l'Ordre du Grand-Duc de Lituanie Gediminas

Bibliographie

Leonas Peleckis-Kaktavičius. BALTAS LAPAS – LYG ALTORIUS: Esė. – KLaipėda: Rytas (almanacho „Varpai“ biblioteka; Nr. 1), 1995, p. 105–117. Leonas Peleckis-Kaktavičius. ŽODŽIŲ ŽMONĖS: Esė, pokalbiai, studijos. – Šiauliai: Varpai, 2002, p. 233–242.

Liens externes

Vaidas Linauskas. Les opinions et les activités politiques de Bronis Raila dans les années 1930. Mindaugas Tamošaitis. Bronys Raila et juin 1940 en Lituanie.

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