Le maquis Vauban (FTP) est l'un des 27 maquis actifs dans le Morvan au cours de l'été 1944 et il est le plus ancien des trois maquis de l'Yonne. Constitué sous l'impulsion d'Armand Simonnot, dit Théo, dès 1943, il connaît une augmentation rapide de ses effectifs et il prend part à la libération d'Auxerre.

Les origines Le maquis Vauban, dont l’embryon est composé de deux groupes sédentaires, est le plus ancien maquis de l’Yonne. Le 2ème groupe sédentaire est constitué dans le Bas-Morvan par Armand Simonnot qui habite la Provenchère, hameau de Saint-Léger-Vauban. Sont à ses côtés Jean Couhault, Luc Poupée, Charles Ravereau, René Rimbert, Lorano Santiago.

Différentes actions sont entreprises : transports d’armes, distribution de tracts, inscriptions patriotiques, affichage contre les réquisitions. Des éléments de la Côte d’Or et de la Nièvre entrent en contact avec ce groupe, notamment Marcel Maugé qui devient l’adjoint de Simonnot. Paul Bernard dit "Camille" et Jean Longhi "Grandjean" sont également en liaison avec ce groupe FTPF à qui le commandant départemental, François Grillot dit "Germain", donne les premiers matricules, les premières consignes, nommant Armand Simonnot chef de groupe sous le pseudo de Théo. Et "Germain" fait cadeau à "Théo" d’un pistolet 7-65.

Le 15 mars 1943, un coup terrible est porté au groupe : Marcel Maugé est arrêté. Malgré les tortures il ne dira rien, est interné puis déporté.

Après cette arrestation, "Germain" décide de relier le groupe de Saint Léger au maquis de Ravières. Sur proposition de "Théo", la nouvelle formation ainsi constituée portera le nom de Vauban qui, né à Saint Léger, fut non seulement le constructeur de places fortes imprenables mais aussi le défenseur des pauvres gens.

En réalité, en 1943, chacun des groupes, tout en assurant des liaisons utiles, poursuivit son action séparément. L’unité de "Théo" était formée de plusieurs paysans qui rendaient d’énormes services par le ravitaillement fourni et l’hébergement des clandestins et il n’était pas question qu’ils passent dans l’illégalité sauf danger immédiat. "Théo", lui-même était plus utile comme sédentaire ayant plus de liberté d’action et ce n’est qu’au début de 1944 sur le point d’être arrêté qu’il rejoindra le maquis Vauban.

Répression et attaques Le maquis est attaqué le 19 octobre 1943 par les Allemands à la ferme des Essarts et à la Grange aux Moines, près d’Asnières en Montagne, et il subit des pertes importantes. Bernard Alix devient commandant par intérim du "Vauban" chargé de diriger son unité en direction de Quarré les Tombes.

Composé alors de dix membres, il part finalement en camion pour Saint Léger-Vauban, le village où naquit Sébastien Leprestre de Vauban. A Noël, 12 maquisards sont réunis à la Provenchère autour d’Armand Simonnot et fêtent la Nativité avec un grand drapeau tricolore installé à la porte de la maison.

Mais les patrouilles allemandes se faisaient plus nombreuses et la région devenait dangereuse. Le maquis se replie d’abord à Saint-Martin, hameau abandonné de la commune de Saint-Germain de Modéon (Côte d’Or).

Entre-temps, le "Père Robert" a contacté Henri Guéniffet, maire de Saint-Agnan, village qui est une de ses planques. Celui-ci lui indique un endroit "La Chapelle Saint Pierre" comme refuge possible pour le maquis.

Mais les rafles de février 1944 à St-Léger-Vauban menées par les allemands et miliciens qui recherchaient Armand Simonnot amènent ce dernier à quitter la chapelle Saint Pierre et effectuer le retour du maquis Vauban près de Ravières. Armand Simonnot organise en trois étapes pédestres le retour à la ferme des Essarts.

Effectifs Les effectifs augmentent : 22 maquisards à la veille du 6 juin 1944, 60 à la fin du mois, 80 un mois plus tard. Le maquis Camille accepte d’armer le maquis Vauban, mais il n’y a plus de véhicules pour les acheminer, suite à une nouvelle attaque. Il leur faudra attendre août pour être à nouveau armés correctement, ce qui peut expliquer qu’il y eut moins d’actions résistantes sur cette période. A son apogée, le maquis atteindra 182 membres. En plus de ces effectifs, il faut souligner une mention spéciale à Suzanne Fontaine, infirmière dans l'Yonne, à qui le maquis faisait appel quand il y avait des blessés.

Élection du chef Suite à une nouvelle attaque de l’ennemi le 1er août 1944, le maquis est sur le point de se disloquer mais plusieurs maquisards se refusent à le voir disparaître alors que la Libération du sol français progresse. Le 13 août 1944, “les FTP du Vauban décident d’élire leur chef pour tenter de remédier à la situation dans laquelle ils se trouvent” et ce, sans l’accord du CNR. Cette élection de chef maquisard reste un événement exceptionnel. Une très grosse majorité se sont déclarés en faveur d’Armand Simonnot, partisan de la première heure. Quelques jours plus tard, une unité du maquis a participé à la libération d’Auxerre et repoussé l’armée ennemie jusqu’en Allemagne où Armand Simonnot a été démobilisé le 11 octobre 1945.

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Maquis (Résistance) Catégorie:Résistance dans le Morvan