Les valeurs canadiennes sont les valeurs éthiques et humaines perçues comme étant partagées par tous les Canadiens. La majorité des Canadiens estiment partager des valeurs spécifiques et une pluralité d'entre eux identifie les droits de la personne, le respect de la loi et l'égalité des sexes comme des principes collectifs. Les Canadiens affichent généralement une fierté à l'égard de l'égalité devant la loi, de l'équité, de la justice sociale, de la liberté et du respect d'autrui; tout en prenant souvent des décisions personnelles en fonction de leurs intérêts personnels plutôt que d'une identité canadienne collective. La tolérance et la sensibilité revêtent une importance considérable dans la société multiculturelle canadienne, tout comme la politesse.

Les Canadiens ont généralement tendance à adopter des positions libérales sur les questions sociales et politiques. Au Canada, l’idée d’une « société juste » est protégée par la Constitution et les politiques gouvernementales – telles que les soins de santé financés par l’État, une fiscalité plus élevée et plus progressive, l’abolition de la peine capitale, des efforts importants pour éliminer la pauvreté, l’accent mis sur la diversité culturelle, la légalisation du mariage entre personnes de même sexe, de l’interruption de grossesse et de l’euthanasie – sont des indicateurs sociaux des valeurs politiques et culturelles du pays.

Le politologue Denis Stairs établit un lien entre les valeurs canadiennes et le nationalisme canadien, soulignant que les Canadiens estiment défendre des valeurs vertueuses et particulières. L’historien Ian MacKay associe les valeurs canadiennes à l’égalitarisme et au pacifisme. Le Canada promeut ses valeurs, partagées au niveau national, de solutions multilatérales et internationales par le biais de ses relations extérieures et de sa participation à de nombreuses organisations internationales. La majorité des Canadiens estiment qu’il est important pour le Canada d’aider les pays dans le besoin. Les Canadiens expriment leur fierté à l’égard des opérations de maintien de la paix menées par l’armée canadienne, du réseau des parcs nationaux et de la Charte canadienne des droits et libertés.

Malgré les opinions progressistes des Canadiens, des défis sociétaux persistent, notamment ce qui a été décrit de diverses manières comme de la négligence, de l'indifférence et des violations des droits de la personne à l'égard des groupes marginalisés; comme le traitement des peuples autochtones, le profilage des minorités visibles, la pauvreté que vivent les personnes handicapées, les préoccupations concernant le traitement des migrants et des réfugiés et la liberté de religion et d'expression linguistique dans la société québécoise.

Enquêtes

Statistique Canada droite|sans_cadre D'après l’Enquête sociale générale de 2020 sur l’identité sociale de Statistique Canada, la majorité des Canadiens partagent largement des valeurs sociales et démocratiques communes, telles que les droits de la personne (86%), le respect du droit (80%) et l’égalité des genres (81%). Près de sept Canadiens sur dix sont tout à fait d’accord avec le respect de la culture autochtone (68%) et de la diversité ethnique et culturelle (67%). En revanche, le pourcentage de Canadiens qui appuient fortement le fait que le français et l’anglais soient les deux langues officielles du Canada, est plus faible, soit à 55 %. Les femmes et les jeunes ont tendances à soutenir davantage les principes de diversité et d’égalité entre les genres. En effet, 92% de la population canadienne âgée de 15 ans et plus considère la diversité ethnique ou culturelle comme une valeur nationale.

À l'exception de la dualité linguistique, où aucune différence de genre n'a été observée, les femmes ont plus largement adhéré aux valeurs sociales et démocratiques comparativement aux hommes. Parmi les valeurs présentant les plus grandes différences entre les genres, le respect des cultures autochtones est soutenu par 73% des femmes contre 63% des hommes. La diversité ethnique et culturelle est soutenu par 71% des femmes contre 62 % des hommes. Ainsi, l'égalité des genres est soutenu par 84% des femmes contre 77% des hommes.

Les jeunes Canadiens étaient également plus enclins à valoriser le respect des cultures autochtones et la diversité ethnique et culturelle, tandis que les Canadiens plus âgés accordaient une grande importance au respect de la loi. Plus précisément, près de 8 personnes sur 10 âgées de 15 à 24 ans (78%) étaient tout à fait d’accord avec l’importance accordée à la diversité ethnique et culturelle, et au respect des cultures autochtones (77%). En comparaison, ces chiffres étaient de 57% et 62% chez les personnes âgées de 55 ans et plus. En revanche, près de 9 Canadiens sur 10 âgés de 55 ans et plus étaient tout à fait d’accord avec l’importance accordée au respect de la loi (88%), comparativement à près de 7 Canadiens sur 10 âgés de 15 à 24 ans (67%).

Les individus ayant poursuivis des études supérieures, avaient un appui nettement plus fort envers les valeurs sociales et démocratiques. En effet, 87% des personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur, étaient tout à fait favorables à l’égalité des sexes, et 76% étaient tout à fait favorables à la diversité ethnique et culturelle. Ces chiffres étaient respectivement de 78% et 62% pour les personnes ayant un niveau d’études inférieur au baccalauréat. Les Québécois sont les plus favorables à l’égalité des sexes et à la dualité linguistique.

Sur le plan géographique, des différences importantes existent quant aux valeurs d’égalité des sexes et à la reconnaissance du français et de l’anglais comme langues officielles du Canada. Le Québec comptait la plus forte proportion de résidents très favorables à l’égalité des sexes (87%), tandis que les Prairies affichaient la plus faible proportion (76%). De même, la proportion de Québécois très favorables au bilinguisme (79%) était beaucoup plus élevée que dans les Prairies (43%). La Colombie-Britannique (39%) présentait la plus faible proportion de résidents très favorables à la reconnaissance du français et de l’anglais comme langues officielles du Canada. droite|sans_cadre Les données de 2020 montrent que, parmi les immigrants arrivés au Canada à l’âge de 13 ans et plus, ont en majorité déclaré partager des valeurs communes dans plusieurs domaines. Notamment dit, 70,1% soutiennent les droits de la personne et 67,3% soutiennent le respect de la loi. En revanche, les immigrants arrivés plus jeunes (de 0 à 12 ans), ont déclaré des pourcentages plus faibles. Soit, 56,5% soutiennent les droits de la personne et 43,6 % soutiennent le respect de la loi. Chez les citoyens canadiens de naissance, les chiffres sont généralement plus bas pour ces valeurs, ce qui indique une différence de perception entre les immigrants et les Canadiens de naissance.

L’analyse des valeurs partagées par province révèle des opinions divergentes. Par exemple, à l’échelle du Canada, 67,1% des immigrants estiment que les droits de la personne sont respectés, comparativement à 54,9% des personnes nées au Canada. Dans les provinces de l’Atlantique, ces chiffres s’établissent à 60,0% pour les immigrants et à 54,4% pour les personnes nées au Canada; au Québec, ils sont respectivement de 65,0% et 56,6%; en Ontario, de 67,9% et 55,3%; et au Manitoba, de 71,3% pour les immigrants et de 48,1% pour les personnes nées au Canada.

La perception des valeurs partagées varie selon la durée de séjour des immigrants au Canada. Parmi ceux qui y résident depuis 0 à 5 ans, une forte proportion (76,7%) estime que les droits de la personne sont fortement respectés. Après 20 ans ou plus, cette perception chute à 61,9%. Au fil des années depuis leur arrivée, la perception du respect de la loi, de l’égalité des sexes, de la dualité linguistique, de la diversité ethnique et culturelle et du respect de la culture autochtone a également connu un déclin progressif.

L’enquête de Statistique Canada de 2013 a révélé que les Canadiens plus âgés avaient tendance à être moins confiants quant au respect collectif des valeurs partagées, notamment en ce qui concerne la diversité ethnique et culturelle. Les jeunes se montraient plus enclins à croire en ces valeurs partagées, et cette confiance diminuait considérablement avec l’âge. De plus, les femmes étaient généralement moins enclines que les hommes à croire que les Canadiens partageaient des valeurs spécifiques.

Institut Angus Reid Selon le sondage de l’Institut Angus Reid de 2020, les Canadiens affichent une diversité de points de vue sur les enjeux sociaux, révélant à la fois un consensus et des divergences sur de nombreux sujets. Une large majorité appuie l’accès à l’aide médicale à mourir, 80% des répondants préconisant actuellement un allègement de la réglementation, contre 73% en 2016. À l’inverse, le débat sur le droit à l’avortement demeure controversé, notamment en ce qui concerne les interruptions de grossesse au troisième trimestre, où les opinions sont partagées quant à la nécessité d’une législation.

L’intersection entre religion et vie publique suscite des réactions mitigées ; si une part importante de la population préfère un cadre laïque, une minorité substantielle souhaite une reconnaissance plus explicite de l’influence de la foi. La plupart des Canadiens (71%) sont opposés aux prières publiques lors des réunions gouvernementales, mais 58% sont favorables à ce que les employés du secteur public soient autorisés à porter des symboles religieux. vignette|Défilé de la fierté de Vancouver 2014 La diversité culturelle représente un autre défi complexe. Bien que le Canada ait une longue tradition de multiculturalisme, les tendances récentes indiquent un soutien accru à l’intégration des nouveaux arrivants à la société dominante, puisque 68% des répondants avaient précédemment approuvé cette perspective. Néanmoins, les jeunes Canadiens manifestent généralement une préférence pour la diversité culturelle.

Les opinions économiques sont tout aussi fragmentées : la moitié des Canadiens se disent favorables aux idéologies du libre marché, tandis que l’autre moitié réclame un renforcement de la réglementation gouvernementale. Des divisions comparables apparaissent dans le débat sur l’augmentation de la représentation des femmes aux postes de direction, où les réponses sont très partagées.

Les opinions sur l’équilibre entre sécurité et libertés civiles mettent en lumière un clivage générationnel : les Canadiens plus âgés se montrent plus disposés à faire des compromis sur les libertés civiles au nom de la sécurité, tandis que les jeunes Canadiens s’opposent majoritairement à de telles atteintes. La confiance envers l’information médiatique demeure faible, environ la moitié des Canadiens estimant que les médias transmettent l’information avec exactitude.

Les Canadiens partagent certaines opinions sur des sujets comme l’aide médicale à mourir et les droits des personnes LGBTQ+, mais restent divisés sur l’avortement, les politiques économiques et l’influence de la religion dans la vie publique.

D'après un sondage réalisé en 2016 par l’Institut Angus Reid et la Société Radio-Canada, les valeurs, les croyances et l’identité des Canadiens évoluent selon les régions et les caractéristiques démographiques. Sur plusieurs questions sociales et économiques, les Canadiens partagent des points de vue communs. Cependant, des divergences d’opinions apparaissent lorsqu'il est question d’immigration et de multiculturalisme. Environ les deux tiers des répondant se disent satisfaits du processus d’intégration des nouveaux arrivants dans les communautés. Toutefois, plusieurs d'entre eux insistent sur le fait que les minorités devraient davantage se conformer aux pratiques culturelles dominantes au lieu de préserver leurs propres traditions et langues.