Après la signature du traité de Paris de 1763, la Nouvelle-France, dont faisait partie la colonie du Canada, devint officiellement une province de l'Empire britannique. La Proclamation royale de 1763 agrandit la colonie du Canada sous le nom de Province de Québec qui, avec l'Acte constitutionnel de 1791, prit le nom des Canadas. C'est donc à la suite de l'Acte d'Union de 1840 que le Haut-Canada et le Bas-Canada furent réunis pour former la Province du Canada.

Durant les années 1860, un intérêt pour la formation d'une nouvelle fédération entre les Canadas et les autres colonies d'Amérique du Nord britannique a émergé, ce qui a mené à la Confédération en 1867. Cependant, un certain nombre d'autres colonies britanniques qui font aujourd'hui partie du Canada, comme Terre-Neuve et la Colombie-Britannique, et de vastes territoires, comme la Terre de Rupert, n'ont pas initialement fait partie de la fédération nouvellement créée.

La Nouvelle-France sous domination britannique vignette|Carte montrant les gains territoriaux britanniques après le traité de Paris en rose, et les gains territoriaux espagnols après le traité de Fontainebleau en jaune. En Amérique du Nord, la guerre de Sept Ans vit la Grande-Bretagne conquérir l'ensemble de la colonie française du Canada. La guerre prit officiellement fin le 10 février 1763 avec la signature du Traité de Paris. En vertu de ce traité, la France renonça officiellement à ses prétentions sur l'ensemble ses terres nord-américaines, au profit de la Grande-Bretagne (dont faisait partie la colonie française du Canada), à l'exception de la Louisiane (qui fut cédée à l'Espagne) et de deux îles près de Terre-Neuve (Saint-Pierre-et-Miquelon).

Vallée du Saint-Laurent Suite à l'annexion du Canada à l'Empire britannique, la Grande-Bretagne prit le contrôle d'un vaste territoire bordant le fleuve Saint-Laurent, peuplée d'environ 70 000 catholiques francophones. Ce territoire fut agrandit et renommé Province de Québec grâce à l'Acte de Québec de 1774. Bien que de nombreux Britanniques (y compris les colonies américaines du sud) espéraient l'assimilation des Canadiens français, il n'en fut rien. LActe de Québec établissait des règles de gouvernance distinctes pour la province de Québec, permettant aux Canadiens français de préserver leur religion catholique et leur système de droit civil français. Cet acte devint l'une des lois intolérables qui exaspérèrent les treize colonies britanniques de ce qui allait devenir les États-Unis d'Amérique.

Côte atlantique Pendant de nombreuses années, la colonie insulaire de Terre-Neuve fut dominée par les Britanniques avant que les Français ont renoncé à renoncé à toute revendication sur la région. Une société anglophone s'y était déjà développée avant 1763, bien que deux îles fussent initialement réservées aux pêcheurs français.

Dans la région des Maritimes, les Britanniques avaient déjà expulsé une grande partie des colons français d'Acadie en 1755 vers la Louisiane. Cependant, une telle expulsion ne se reproduisit pas en 1763. Les Mi'kmaq et les Wabanaki, les peuples autochtones restants, avaient déposé leurs armes et prêté allégeance à la Couronne britannique. En 1790, la conquête britannique de l'Acadie eu lieu, (qui comprenait la péninsule de Nouvelle-Écosse, mais pas le Nouveau-Brunswick actuel), établissant ainsi des colonies, notamment Halifax. La fondation d'Halifax déclencha la guerre du Père Le Loutre, qui, à son tour, mena à l'expulsion des Acadiens de la région par les Britanniques durant la guerre de Sept Ans (ou guerre de la Conquête). Plus tard, lorsqu'ils s'emparèrent de l'île du Cap-Breton et de l'Île-du-Prince-Édouard, ils appliquèrent également une politique d'expulsion dans ces régions. Les quelques Acadiens qui parvinrent à revenir ont fondé la société acadienne contemporaine. Suite à l'expulsion des Acadiens, d'autres colonies furent établies par les colons de la Nouvelle-Angleterre.

Révolution américaine En 1775, les révolutionnaires américains (les Patriotes) tentèrent d'étendre leur insurrection au nord-est du Québec. Le soutien à leur cause était mitigé : le clergé et les propriétaires terriens s'y opposaient généralement, tandis que les marchands anglophones et les migrants des Treize Colonies y étaient généralement favorables. La population était divisée ; dans certaines régions, notamment entre Montréal et Saint-Jean, le soutien était significatif, et James Livingston leva des milices pour appuyer les Patriotes. droite|vignette|293x293px|Attaque des Patriotes dans le nord-est du Québec : itinéraires des expéditions d’Arnold et de Montgomery En novembre 1775, les Patriotes assiégèrent le Fort Saint-Jean et s'emparèrent de ce dernier ainsi que de Montréal. Ils poursuivirent leur route vers Québec, où une tentative de prise de la ville eu lieu et échoua le 31 décembre 1775. Après un siège infructueux, l'arrivée des troupes britanniques en mai 1776 força les Patriotes à battre en retraite vers Montréal. Une tentative contre les troupes britanniques à Trois-Rivières échoua également, et les Patriotes furent chassés de la province en juin. Environ 250 Québécois, répartis en deux régiments, quittèrent la province avec l'armée rebelle : le 1er Régiment canadien de James Livingston et le 2e Régiment canadien de Moses Hazen.

Les Québécois résidant dans les forts de la région des Grands Lacs se rangèrent massivement du côté des Patriotes et jouèrent un rôle déterminant dans la prise du fort par ces derniers. On compte parmi eux le major Clément Gosselin, Pierre Ayotte, Antoine Paulin, Louis Gosselin, Germain Dionne, Pierre Douville, Edward Antill et Moses Hazen, ainsi que 747 miliciens québécois. Ils se trouvaient tous au Québec lorsqu'ils rejoignirent les Patriotes et vainquirent les Britanniques à Yorktown en 1781. Dans un acte crucial qui a précédé le siège de Yorktown, Louis-Philippe de Vaudreuil, le neveu du dernier gouverneur français du Canada français, le marquis de Vaudreuil, apporta son aide à Bougainville et à de Grasse pour empêcher la marine britannique de ravitailler ou de secourir l'armée de Cornwallis lors de la bataille de la baie de Chesapeake.

En Nouvelle-Écosse, une certaine agitation s'éleva contre la domination britannique. Elle était principalement alimentée par Jonathan Eddy et John Allan, des migrants du Massachusetts installés dans la région de l'isthme de Chignecto, près de Fort Cumberland (anciennement Fort Beauséjour). Le seul événement majeur de leur résistance fut la bataille de Fort Cumberland, au cours de laquelle Eddy et une force combinée de patriotes du Massachusetts, d'Acadiens et d'Autochtones assiégèrent le fort en novembre 1776. Le siège fut levé et les troupes d'Eddy se dispersèrent à l'arrivée des renforts britanniques. Eddy et Allan continuèrent de semer le trouble à la frontière entre ce qui est aujourd'hui le Maine et le Nouveau-Brunswick, depuis leur base de Machias, pendant plusieurs années.

Les provinces maritimes furent également touchées par la course et les raids menés contre les colonies par des corsaires en violation de leurs lettres de marque. Charlottetown à Île-du-Prince-Édouard et Lunenburg en Nouvelle-Écosse furent notamment victimes de ces raids.

Au sud-ouest du Québec, les forces américaines remportèrent ont connu un grand succès grâce au commandement du milicien virginien George Rogers Clark. En 1778, Clark, à la tête de 200 hommes, principalement approvisionnés et soutenus par la Virginie, descendirent la rivière Ohio près de Louisville au Kentucky. Ils traversèrent le sud de l'Illinois, avant de s'emparer de Kaskaskia sans subir de pertes humaines. C'est ainsi qu'une partie de ses hommes prit Vincennes. Cependant, la ville tomba rapidement aux mains du lieutenant-colonel britannique Henry Hamilton, qui était le commandant du fort Détroit. Elle fut de nouveau conquise par Clark lors du siège de Fort Vincennes en février 1779. Environ la moitié des miliciens de Clark engagés dans cette campagne étaient des volontaires canadiens favorables à la cause américaine.

Finalement, l'Empire britannique fut vaincu lors de la guerre d'Indépendance américaine et céda officiellement des portions du sud-ouest du Canada aux nouveaux États-Unis, conformément au traité de Paris. Pendant et après la Révolution, environ 70 000 loyalistes de l'Empire-Uni, soit 15 % de la population, quittèrent les États-Unis, tandis que les 85 % restants décidèrent de demeurer dans la nouvelle nation. Parmi eux, environ 50 000 loyalistes s'installèrent dans les colonies britanniques d'Amérique du Nord, qui comprenaient alors Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard (créée en 1769). Les loyalistes installés dans l'ouest de la Nouvelle-Écosse désiraient l'indépendance politique vis-à-vis par rapport à Halifax. Par conséquent, la Grande-Bretagne créa donc la colonie du Nouveau-Brunswick en 1784. L'Acte constitutionnel de 1791, divisa également le Québec en deux provinces : le Bas-Canada et le Haut-Canada. Cela a ainsi permis aux 8 000 loyalistes établis dans le sud-ouest du Québec (devenu le Haut-Canada) de disposer d'une province où les lois et les institutions britanniques pourraient être appliquées.

Après la Révolution américaine, de nombreux loyalistes d'origine africaine, notamment d'anciens esclaves affranchis pour leurs services rendus aux Britanniques et plus de 2 000 esclaves africains, se sont installés au nord. En 1793, le Haut-Canada devint la première juridiction britannique à adopter une loi visant à abolir l'esclavage, avec l'adoption de la Loi contre l'esclavage qui permit son abolition progressive.

L'indépendance post-américaine Après la guerre, les Britanniques étendirent leurs intérêts commerciaux dans le nord du pacifique. L'Espagne et la Grande-Bretagne étaient devenues des rivales dans la région. Cette rivalité s'est accentuée par la crise de Nootka en 1789. Les deux camps se sont mobilisés pour la guerre, et l'Espagne comptait sur le soutien de la France ; face au refus de cette dernière, l'Espagne dut céder et capituler aux conditions britanniques, ce qui mena à la Convention de Nootka. L'issue de la crise fut une humiliation pour l'Espagne et un triomphe pour la Grande-Bretagne, car la première avait presque abandonné toute souveraineté sur la côte nord du Pacifique. Cela ouvrit la voie à l'expansion britannique dans cette région, et plusieurs expéditions furent organisées. La première fut une expédition navale menée par George Vancouver, qui explora les détroits du nord-ouest du Pacifique, en particulier autour de l'île de Vancouver. Sur terre, des expéditions ont été entreprises dans l'espoir de trouver un passage navigable vers l'océan Pacifique pour étendre le commerce des fourrures en Amérique du Nord, notamment par la Compagnie du Nord-Ouest. Cela fut mené par Sir Alexander Mackenzie entreprit la première expédition terrestre en 1792, partant du lac Athabasca par les rivières Peace et Fraser et atteignant l'océan Pacifique près de l'actuelle Bella Coola le 20 juillet 1793. Mackenzie devint le premier Européen à atteindre le Pacifique par voie terrestre au nord du Rio Grande, précédant de douze ans l'expédition de Lewis et Clark. Peu après, son compagnon, John Finlay, fonda le premier établissement européen permanent en Colombie-Britannique, Fort Saint-Jean. La Compagnie du Nord-Ouest entreprit de nouvelles explorations, d'abord avec David Thompson à partir de 1797, puis avec Simon Fraser. Ces hommes s'enfoncèrent dans les territoires sauvages des montagnes Rocheuses et du plateau intérieur, jusqu'au détroit de Georgia sur la côte Pacifique, étendant ainsi l'Amérique du Nord britannique vers l'ouest.