vignette|330x330px|Militants d'ANV-COP21 ayant décrochés 100 tableaux d'Emmanuel Macron dans les mairies parisienne pour dénoncer l'inaction climatique de la France en 2019.

Le mouvement écologiste est un mouvement social apparaissant en France dans les années 1970 se caractérisant par la lutte pour la défense de l'environnement et la remise en cause des effets de la croissance économique sur les écosystèmes. Il se structure en luttes locales ou nationales contre des lois, des projets d'aménagements du territoire et en ONG, associations et collectifs.

Il prend différentes formes : manifestations, actions de désobéissance civile, sabotages d'infrastructures, et se divise sur le fond en plusieurs courants politiques et philosophiques.

Il englobe plusieurs mouvements sociaux importants en France, dont la ZAD de Notre Dame des Landes dans les années 2010, le mouvement climat en 2019, et les Soulèvements de la Terre en 2023. Il est incarné par plusieurs collectifs et ONG comme Youth For Climate, Exctinction Rebellion, Greanpeece, Dernière Rénovation ou encore Alternatiba.

Plusieurs événements nationaux et internationaux survenus dans les années 2020 comme la COP21, l'activisme de Greta Thunberg, la démission du ministre de l'écologie Nicolas Hulot, l'été 2022 ou le Sixième Rapport du GIEC ont participé à l’irrigation de ce mouvement en France.

Histoire

Lutte anti-nucléaire Dans les années 70, la lutte anti-nucléaire donne naissance à plusieurs actions et luttes locales, dans un contexte de tensions en Europe sur le sujet de la construction de centrales nucléaires. La lutte conduit en France, à l'abandon de plusieurs projets de centrales.

Le 12 avril 1971, la première marche antinucléaire française se déroule à Fessenheim et rassemble 1 500 personnes. En 1975, plusieurs manifestations ont lieu, à l'initiative du CRIN, contre un autre projet de centrale nucléaire à Erdeven, rassemblant près de 15 000 manifestants.

En juillet 1976, à Creys-Malville, plusieurs manifestations contre le projet de centrale nucléaire de Superphénix réunissent entre 15 et 20 000 personnes, parmi elles, des agriculteurs et des associations écologistes comme Greenpeace et Les Amis de la Terre, prenant une forme d'action "non violente". En juillet 1977, près de 90 000 manifestants marchent vers le site, plusieurs affrontements avec les forces de l'ordre se produisent, des militants lancent des cocktails molotov, la répression policière est forte, le bilan est de 5 policiers blessés, une centaines de manifestants blessés dont deux mutilés et un manifestant, Vital Michalon, tué par le jet d'une grenade offensive. Il s'agît du premier mort dans le mouvement écologiste français.

Lutte du Larzac Entre 1971 et 1981, sur les causses du Larzac, un projet de camp militaire sera au cœur d'une importante lutte paysanne, se soldant par l'abandon du projet sur décision présidentielle. vignette|380x380px|Affiche de la lutte du Larzac Une centaine de paysans locaux se liguent contre l'expropriation de leurs terres pour le projet du ministre de la Défense, Michel Debré, d'agrandir le camp militaire du Larzac. En 1972, la lutte est propulsée au rang national par la grève de la faim de l'écrivain et militant de la paix Lanza del Vasto. En 1973 et 1974, près de 100 000 personnes se rassemblent au Larzac pour soutenir les paysans et forment un mouvement hétéroclite médiatisé. L'occupation est mêlée à la danse, à la musique, le Larzac devient un lieu de vie alternatif et expérimental de protestation.

Irriguée par le mouvement hippie et mai 68, cette lutte verra converger différents courants politiques, notamment féministe . De nombreux étudiants rejoindront le Larzac, l'une des premières ZAD sera créée, mêlant les préoccupations de sauvegarde de la paysannerie et des terres agricoles à celles de la préservation des écosystèmes et de la "nature", plus généralement. vignette|265x265px|Intervention policière sur le Larzac En 1978, les manifestants convergent vers Paris, 40 000 personnes manifestent à l’entrée de la ville, bloquées par un important dispositif policer, obtenant finalement un rendez-vous avec François Mitterrand, qui se révélera décisif pour la suite de la lutte.

Les militants ont recours à la désobéissance civile, un paysan décide par exemple de construire une bergerie malgré son expropriation, avec l'aide de nombreux manifestants. En juin 1976, 22 militants pénètrent illégalement dans le camp militaire pour y détruire les dossiers relatifs à l'enquête parcellaire avant l'expropriation. Durant le procès de 1977 visant des paysans pour insoumission, renvoi de livrets militaires, entrave à la circulation, un troupeau de brebis est introduit dans le tribunal. En 1978, 150 tracteurs et près de 5000 personnes labourent illégalement les terrains militaires en réponse à la signature des arrêtés d'expropriation par la préfecture.

Un des modes de lutte fût également administratif. De nombreux militants et sympathisants achetèrent sous forme de parts non rémunérées, de petites parcelles de terres visées par les expropriations, compliquant nettement le processus d'expropriation.

Lutte contres les OGM vignette|363x363px|Faucheurs volontaires en 2004 Au début des années 2000, un mouvement de paysans militants "les faucheurs volontaires" dégradera de nombreux sites d'expérimentation de cultures OGM. Les militants dénoncent un "manque de transparence", un " caractère non-maîtrisable de la recherche sur les OGM", et un "danger des OGM pour la sécurité et l'indépendance alimentaires".

En juin 1999, un groupe, mené par le paysan militant originaire du Larzac José Bové, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement près de Montpellier et détruisent une serre de confinement dans laquelle étaient conduits un projet européen de recherche sur les gènes du riz.

A la suite de cette action, en avril 2000, 400 manifestants fauchent à la main un champ de colza transgénique en Ariège. En 2004, 2005, 2006, ce mouvement de désobéissance civile a conduit au fauchage illégal de plusieurs parcelles d'essais de plantes transgéniques, ils annoncent, en juin 2005, avoir neutralisé « 70 % des essais commerciaux en France qui existaient en 2004 ».

En juillet 2007, 200 faucheurs bloquent le terminal agro-alimentaire du Port de Saint-Nazaire, dénonçant l'importation de colza OGM, 8 d'entre eux sont reçus par la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie et demandent un moratoire immédiat sur les OGM en France, José Bové entamera une grève de la faim.

D'autres actions plus rares seront menées dans les années 2010 contre des plantations transgéniques.

ZAD de Notre-Dame-des-Landes vignette|268x268px|Zad de Notre-Dame-des-Landes vignette|266x266px|Blocage de la route De 2009 à 2018, un projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique prend une ampleur nationale en étant au cœur d’une lutte écologiste et paysanne introduisant l'expression de «grand projet inutile et imposé ».

En 2009, un collectif d'habitants appelle à occuper le bocage concerné par le projet, créant le début d'une ZAD en occupant une vingtaine de maisons jusqu'au 13 janvier 2012 où l’État déclare l'expulsion des terrains occupés illégalement. La préfecture, soutenue par le gouvernement de François Hollande, lance le 16 octobre 2012 l'opération César, détruisant la majeure partie de la ZAD.

Le 17 novembre, un appel à occuper les lieux donne suite à une action massive de désobéissance civile, réunissant plus de 40 000 personnes et propulsant la lutte au niveau national. La ZAD prend des grandes proportions, se construit en une organisation complexe faite de groupes de parole, de démocratie directe et créer un lieu de vie alternatif protestataire en s'inspirant notamment, de la lutte du Larzac.

Une militante de la ZAD déclarera à France Culture : "Nous voulons un véritable pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Être constamment dans la discussion et tout remettre en cause dès qu’un groupe ou un individu prend trop de pouvoir. Nous menons depuis le printemps dernier une expérimentation politique qui devrait déboucher sur la création d’une ou plusieurs assemblées.".

La lutte rassemble des paysans, des écologistes, des étudiants, s'installant dans les fermes existantes, construisant des cabanes, et remettant plusieurs champs en culture.

Le site est durant ces années sous tensions et de nombreux affrontements avec la police auront lieu. La police se retire des lieux en 2013, une partie des zadistes reste sur les lieux.

Le gouvernement d'Edouard Philippe annonce en 2018, l'abandon du projet, l'expulsion des zadistes et la destruction des constructions non régularisées. La tension revient sur la ZAD et donne lieu à d'importants affrontements en avril et en mai, durant lequel des milliers de grenades seront tirées sur les militants. Plusieurs personnes seront blessées, militants et policiers. Une grande partie des constructions resteront finalement debout.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été lieu de rencontres de nombreux courants politiques et philosophiques dans un contexte de prise de conscience générale des années 2010 sur le changement climatique et l'extinction de la biodiversité. La rencontre de naturalistes, paysans, étudiants, a donné lieu à la création de plusieurs mouvements militants par la suite.

Lutte contre le barrage de Sivens En 2014, le projet de barrage destiné à irriguer les cultures en été est dénoncé par Mediapart comme relevant d'un "agrobusiness, conflit d'intérêts et mauvaise gestion".

Suite à un appel lancé par un collectif local, une ZAD se créer, sur laquelle se dérouleront plusieurs affrontements avec la police jusqu'en octobre 2014, où une intervention policière massive visant à expulser la ZAD installée depuis un an, mènera dans la nuit du 25 octobre, à la mort de Rémi Fraisse, un jeune militant, tué par une grenade. Sa mort suscitera de nombreuses réactions et marquera durablement le mouvement écologiste.

Le projet, finalement abandonné en 2016.

Prise de conscience sur le changement climatique Les années 2020 voient le mouvement écologiste prendre une grande ampleur en France. Les jeunes générations appelées "générations climat" se mobilisent massivement à la suite de plusieurs évènements.

Suite à la COP 21 de Paris où la France prend, parmi de nombreux pays, des engagements inédits pour lutter contre le changement climatique, les COP sont particulièrement médiatisées. Les premières manifestations contre l'inaction climatique ont lieu aux COP 22, 23, 24.

Les premiers camps climats sont organisés, camps durant lesquels des jeunes se sensibilisent au changement climatique et au militantisme.

En 2017, le think-tank The Shift Project publie "Manifeste pour décarboner l'Europe". L'appel est soutenu par plus de 3 000 citoyens et une quarantaine de scientifiques. Il publiera par la suite, d'autres textes très médiatisés. L'un de ses fondateurs, Jean-Marc Jancovici, fera partie des figures du mouvement contre le dérèglement climatique en France, en introduisant les notions de croissance limitée et de bilan carbone.

Le GIEC publiera son sixième rapport d'évaluation, largement médiatisé et sensibilisera une grande partie des nouvelles générations alors en études, aux enjeux du changement climatique.

Plusieurs scientifiques prennent dans les années 2020, la parole publiquement pour dénoncer une « inaction climatique » des gouvernements. Ces prises de parole inédites - en France entre autres, de Valérie Masson Delmotte, François Gemene et Magali Regazza-Zitt – participeront à la naissance du mouvement climat.

Le 8 septembre 2018, 700 scientifiques français publient une tribune dans Libération, demandant aux dirigeants politiques de passer à l’acte en matière d’environnement .