Le Comité de lutte des handicapés (CLH) est un ancien collectif français créé en 1973 de lutte contre le validisme.
Histoire
Fondation Début mai 1973, Aisha, infirmière au chômage depuis qu'elle est devenue malvoyante des suites d'une sclérose en plaque, est en grève de la faim afin d'obtenir un travail dans l'administration. Le groupe militant de la cité d'Antony la soutient ; ensemble, ils occupent l'ANPE le 14 mai et réussissent à obtenir un travail. Le groupe fonde alors le Comité des luttes handicapés. À l'annonce de sa création dans Libération, plusieurs autres groupes du même nom se déclarent à Toulouse, Grenoble, Berck, Limoges et Dijon. Si ceux-ci sont en correspondance via le journal Handicapés méchants, ils ne parviennent pas à se rencontrer physiquement.
Organisation Le groupe parisien se réunit rue des Vignoles, dans les locaux de l'organisation révolutionnaire anarchiste. Le groupe est homogène en âge, avec majoritairement des personnes de 18 à 25 ans, mais divers en terme de handicaps et de parcours scolaires.
Le CLH fait partie de la constellation des organisations d'extrême-gauche, en particulier le groupe information asiles et le comité d'action des prisonniers. Pour Jérôme Bas, cette convergence s'explique par une triple convergence de lutte : contre les lieux de privation de libertés (asiles, hôpitaux, prisons), contre la surexploitation en institution (ateliers de travail en prison ou d'ergothérapie) et contre la ségrégation affective et sexuelle.
Le groupe est aussi proche d'autres organisations féministes, immigrées et écologistes.
En décembre 1974, le Centre des paralysés étudiants (« CPE ») affilié à l'UNEF et l'Organisation communiste internationaliste (OCI) organisent une manifestation contre la loi Dienesch. Le CLH, présent, tente d'y imposer ses slogans, non-aprouvés en amont par le CPE et l'OCI. Le CLH se fait alors violemment exclure de la manifestation par le service d'ordre de l'OCI. Selon Jérôme Bas, cette opposition s'explique par les différences d'ambition des deux groupes : là ou le CPE cherche à être reconnu comme interlocuteur syndical et pratique une politique de respectabilité en se distinguant des « malades mentaux », le CLH n'a pas cette optique et est ainsi ouvert à toutes les formes de handicap. Il souligne aussi une différence de classe, les membres du CPE ayant de meilleures positions professionnelles que ceux du CLH.
Actions Le CLH participe aux manifestations et favorise un militantisme fait d'actions spectaculaires : prise de parole spontanée à la télévision, lâcher de tracts à l'assemblée nationale ou occupation des locaux de l'APF.
Handicapés méchants Le Comité de lutte des handicapés crée en 1973 le journal Handicapés Méchants, actif jusqu'en 1979. Le magazine aborde des questions d'accessibilité et d'autonomie, de droit à l'éducation et au travail et de sexualité.
Références
Bibliographie
Liens externes
Archives de Handicapés Méchants, Fragments d'Histoire de la gauche radicale
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