Le Service de renseignement extérieur (en , Hayastani Hanrapetut’yan Artak’in Hetakhuzut’yan Tsarrayut’yunp ; en , FIS) est la principale agence de renseignement extérieur de la république d'Arménie, placée sous l'autorité du Premier ministre.
Elle est créée le pour remplacer progressivement le Service national de sécurité (SNS), après que celui-ci a perdu la confiance du gouvernement Pachinian du fait de ses liens allégués avec la Russie, dans un contexte d'éloignement entre l'Arménie et son ancien allié. Cette réforme vise également à rompre avec le passé, le SNS étant le successeur direct du KGB de la RSS d'Arménie. Plusieurs services occidentaux, notamment la CIA et le SIS britannique, apportent leur soutien à l'établissement et au développement de l'agence.
Missions et activités Les missions assignées au Service de renseignement extérieur sont de à travers la collecte et l'analyse de renseignement extérieur pour fournir aux instances de décision politique des données fiables sur lesquelles fonder leurs décisions. Le service de renseignement est aussi chargé de contrer les menaces venant de l'extérieur.
L'agence réaffirme son impartialité politique et son engagement à défendre l'ordre démocratique, ainsi que la coopération avec les services de renseignement des pays étrangers considérés comme des .
Historique Le , l'Assemblée nationale arménienne approuve le projet gouvernemental de création d'une nouvelle agence de renseignement civile, le Service de renseignement extérieur, qui doit remplacer dans un délai de trois ans le Service national de sécurité (SNS), délai qui pourrait selon le Premier ministre Nikol Pachinian être rallongé .
Armen Grigorian, le secrétaire du , précise que ce nouvel organe ne sera pas chargé des opérations physiques, qui seront effectuées par un autre service, mais uniquement de la collecte de renseignements. L'opposition critique la subordination de ce nouvel organe au Premier ministre ainsi que la volonté alléguée du gouvernement d'affaiblir le SNS. Elle juge irréaliste l'idée de créer de toutes pièces un nouveau service de renseignement dans un pays aussi peu peuplé que l'Arménie.
Cette décision s'inscrit dans un contexte de méfiance du gouvernement de Nikol Pachinian envers le SNS, soupçonné d'avoir des liens avec la Russie, notamment après l'arrestation de son ancien directeur Artur Vanetsian, accusé de préparer un coup d'État contre lui. Plus largement, elle traduit l'éloignement géopolitique et stratégique croissant de l'Arménie vis-à-vis de la Russie. Selon Intelligence Online, le FIS . En parallèle, l'Arménie se rapproche stratégiquement des pays occidentaux, qui contribuent à la constitution et au développement du Service de renseignement extérieur. Peu avant son lancement, Richard Moore, chef du Secret Intelligence Service, et des officiers supérieurs de la CIA se sont rendus dans le pays.
Le , le FIS est officiellement créé. Kristinne Grigorian en devient la première directrice. Ancienne Ombudsman d'Arménie ayant démissionné en janvier 2023, elle a reçu un entraînement auprès des services secrets occidentaux après avoir quitté son poste d'origine.
En août 2024, le Service de renseignement extérieur propose une loi renforçant ses prérogatives et l'autorisant à avoir accès directement à des données confidentielles, sans demander l'accord du SNS.
Le premier rapport stratégique de l'agence est publié le via Armenpress. Il fait le point sur les défis sécuritaires pour l'Arménie dans le Caucase du Sud dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et des tensions au Moyen-Orient, dont le conflit Iran-Israël. Le document présente comme peu probable une escalade militaire directe avec l'Azerbaïdjan et met l'accent sur les menaces informationnelles, critiquant implicitement Moscou, ainsi que l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), jugée inefficace.
En avril 2026, à l'approche des élections législatives arméniennes, le FIS conclut un partenariat avec VIGINUM, l'agence française de lutte contre les ingérences numériques étrangères. Le renseignement arménien bénéficie plus généralement du soutien de l'État français, qui cherche des partenaires à proximité de la Russie, notamment dans le Caucase. Les coopérations sécuritaires avec les États-Unis sont également renforcées.
Kristinne Grigoryan est reconduite à la tête du Service de renseignement extérieur le par décision du Premier ministre.
Références
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