Le Parti socialiste lausannois ou Parti socialiste national est un parti politique socialiste suisse fondé en 1909 par Jules Tarin et Arnold Merminod comme scission du Parti socialiste vaudois.

Histoire

Origines : la scission de 1909 Scission droitière et réformiste du Parti socialiste vaudois datant de mars 1909, le Parti socialiste lausannois (PSL) est fondé en juillet de la même année à l'initiative de Jules Tarin, l'instituteur Arnold Merminod et six députés : Adolphe Gavillet, R. Beyeler, A. Pauly, P. Pochon et Oscar Rapin.

Disposant du journal Le Grutili, dirigé par Gavillet, comme organe, le PSL se montre vite virulent à l'égard des membres du Parti ouvrier socialiste lausannois (POSL) traités d'« anarcho-confusionnistes » et d'« intrigants » et reste opposé au communisme et germanophobe.

La politique cantonale Le PSL concentre vite ses efforts sur les élections au Grand Conseil et au Conseil communal de Lausanne, en abandonnant dans le même temps toute ambition en ce qui concerne les élections du Conseil national. En novembre 1909, le PSL arrive à faire élire 16 de ses 34 candidats au Conseil Communal de Lausanne. En 1913, afin de barrer la route au POSL, les candidats du PSL figurent sur une liste radicale mais aucun candidat n'est élu.

Dans l'immédiate après-guerre Dès 1917, le PSL publie synthétiquement les grandes lignes idéologiques du parti : « 1. le socialisme ne doit pas seulement être matériel mais intellectuel et mortal ; 2. le socialisme doit être national avant d'être international ; 3. la collaboration loyale des classes doit remplacer la lutte de classe ; 4. les ouvriers socialistes doivent apprendre leurs devoirs aussi bien que leurs droits ».

Le Grutli continue de paraître, hebdomadaire « toujours plus terne et hargneux, vivant des annonces qui couvraient ses pages et n’ayant plus de socialiste que le nom ». Le groupe conservera jusqu’en 1945 quelques représentants au Grand Conseil et au Conseil communal de Lausanne, mais reste est politiquement insignifiant.

Le groupe semble témoigner de sympathies envers le fascisme, tout en refusant son bellicisme : « Sans être en rien fascistes, nous avons admiré Mussolini rétablissant et restaurant l’Italie dans l’ordre, au moment où elle sombrait dans le communisme abject et dans l’anarchie. Mais lorsque Mussolini prépare une guerre de conquête de l’Éthiopie nous ne saurions être à ses côtés ».

1939-1945 : dernière dérive Dès la mort d’Adolphe Gavillet en novembre 1939 et la disparition d'Oscar Rapin en 1941, Le Grutli est racheté par la Ligue vaudoise et devient un « organe syndicaliste et national ». Dès son numéro du 21 septembre 1940, s'enclenche une dernière dérive vers le corporatisme, l’opposition à la démocratie, l’anticommunisme, l'antisémitisme et le philofascisme (sous ses formes vichyste et salazariste).

Notes et références

Sources

Ulrich Gailland, Deux partis socialistes à Lausanne : lettre ouverte à Jules Tarin, député, président des socialistes dissidents, impr. cosmopolite, 1909

Bibliographie

Claude Cantini, « Les socialistes-nationaux vaudois (1909-1945) », Cahier AEHMO, 1/1984, pp. 7-23. Pierre Jeanneret, Oscar Rapin, l’un des pères du socialisme vaudois et élève de Pareto ?, Revue européenne des sciences sociales, XLVIII-146, 2010.

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