L'Antijuif est un ancien hebdomadaire français antisémite fondé à Paris le par l'anti-dreyfusard Jules Guérin, président de l'association « Grand Occident de France » (d'abord nommée « Ligue antisémitique de France ») dont le périodique se veut l'organe officiel.
Son tirage fut de exemplaires dont la moitié fut distribuée gratuitement au titre de la propagande George R. Whyte, The Dreyfus Affair: A Chronological History, Springer, 2005, — lire en ligne..
Description Ce périodique advient en pleine Affaire Dreyfus. Vendu 10 centimes, sous-titré « Défendre tous les travailleurs », le journal dispose d'une rédaction située d'abord au 56 rue Rochechouart. Au bout de quelques numéros, des illustrations apparaissent, dont des doubles pages en couleurs. Le , la mention « Grand Occident de France (rite antijuif) » est libellée en une, remplaçant celle de « Ligue antisémitique de France ». Le journal était notamment financé par le duc d'Orléans.
Le , le siège du journal et de l'association migrent au de la rue de Chabrol. Il fut assiégé par la police le , Guérin ayant voulu fomenter un coup d'État aux côtés notamment de Paul Déroulède« Le Sénat, Haute Cour de Justice sous la IIIème République : l'affaire Déroulède (1899) », sur Senat.fr.. Sa citadelle tint pendant cinq semaines avec douze hommes. La presse de l'époque créa alors le terme « Fort Chabrol ».
Guérin est alors emprisonné, mais la publication du périodique avait cessé dès après le .
Elle reprend sous la direction de son frère Louis GuérinSur l'existence de ce frère, lire Th. Tourneux, Jules Guérin, délégué général de la Ligue antisémitique - notice biographique, Paris, Imprimerie Tourneux, 1898 — lire en ligne, le à la même adresse mais pour un seul numéro, tandis que le , paraît une publication, sous le titre Le Petit antijuif de l'Est à NancyPremière livraison, sur Gallica., qui se définit comme organe régional du Grand Occident de France, et qui cesse de paraître en 1909 Robert Tombs, Nationhood and Nationalism in France: From Boulangism to the Great War 1889–1918, Routledge, 2003, — lire en ligne.. En , fut lancé Le Petit Antijuif de Lyon, qui cessa en . Cette année-là, le , fut publié Le Petit Antijuif de Paris qui n'eut que deux éditions..
L'Antijuif de la rue de Chabrol reprend sa parution le , passe à 5 centimes, et cesse de nouveau sa parution le , avant de reprendre les et , ses derniers numéros.
Un supplément, L'Antijuif français illustré, parut du au , durant les premiers mois de cette publication, contenant de nombreuses caricatures.
Guérin lance après , La Tribune française : journal quotidien : défendre tous les travailleurs, combattre tous les spéculateurs.
En , fut créée une Association Mémoire Jules GuérinAssociation fondée en 1994 à Boulogne-Billancourt, JOAFE, en ligne, qui entretient sa tombe au cimetière de Montmartre.
Contributeurs Jean DraultL Affaire Dreyfus 135 livres, affiches, journaux, éphéméras et manuscrits, catalogue 10, Paris: Jean-Baptiste de Proyart, février 2018 — sur DocPlayer. Émile Gravelle Daniel Kimon A. Lambot (dessins)
Léon Roze (dessins) Raphaël Viau
Dans la fiction La série française Paris Police 1900 évoque indirectement une partie de l'histoire du journal, en décrivant la vie des frères Jules et Louis Guérin et leurs liens avec le député nationaliste et antisémite Édouard Drumont.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Antisémitisme sous la Troisième République Publications antisémites en France
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